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Revi Kiltir Kreol, Morne fierté
Un mois. Jour pour jour. Avant que ne débute la 32e session du World Heritage Committee. A Quebec au Canada. Un sacro-saint comité inter-gouvernemental qui décidera du sort du Morne. Qui dira si la « montagne sacrée », a valeur d?héritage universel, au point de l?inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l?Unesco.
C?est dans ce contexte qu?à été lancée, la semaine dernière, l?édition spéciale de mai 2008 de la Revi Kiltir Kreol. Une publication annuelle du centre culturel Nelson Mandela qui regroupe, pour la plupart, les communications d?historiens locaux.
Des papiers qui analysent divers aspects de l?esclavage. Que ce soit la résistance entre 1598 et 1710, c?est-à-dire durant la période hollandaise, vue par Jocelyn Chan Low. Que ce soit le «concept de la liberté», sous la loupe de Sadasivam Reddi. Le «Port-Louis construit par les esclaves» signé Amédée Nagapen. Ou encore «L?abolition de l?esclavage à la Réunion vue par la presse à Maurice), contribution de Mayila Paroomal, senior lecturer en communication à l?université de Maurice.
En ouverture de la «revi», la « complainte» ? le mot est de Serge Maury, officer in charge du centre Nelson Mandela ? de Stéphanie Anquetil. Elle y reprend les grandes lignes du dossier de demande d?inscription du Le Morne Cultural Landscape.
Faire parler les pierres
Entre les faits d?ordre général : «jutting out into the Indian ocean, the peninsula is surrounded by placid emerald lagoons lined with coral reefs??, les chiffres d?ordre general : ?by the beginning of the 16th century, a truly global trade in slaves began to take shape?, elle donne un très bref aperçu des travaux de recherches du Marron Slave Investigation Project, financé par le National Heritage Fund en 2003. Un projet conduit par l?université de Maurice pour « identifié les sites liés au marronage à Maurice ». Des recherches qui se sont poursuivies en 2005 et 2007.
Après le ton somme toute déroutant de l?introduction signée Serge Maury. Ses tournures ironiques qui ne sont pas de circonstance et sa manière d?écrire qui à force de sonner comme le parler perturbent la lecture, nous suivons Amédée Nagapen dans le «Port-Louis construit par les esclaves ».
Faisant littéralement parler les pierres, l?historien initie un «inventaire qui devra se poursuivre district après district (?) multitude de trésors ? soit rescapés du pic des démolisseurs, soit encore épargnés du moderne développement en béton ». sa capitale à lui : «le périmètre entouré de la montagne et s?étendant de la ceinture fortifiée de Trou Fanfaron à l?embouchure de la Grande-Rivière». Nagapen y propose une excursion en trois étapes qui passe notamment par une série de batteries, celle de de Conti à Sable-Noir, la Batterie des saluts du côté de la Place d?Armes. Mais aussi le donjon de Saint-Louis, le Canal Bathurst, «ainsi nommé en l?honneur de Lord Bathurst, secrétaire d?Etat aux colonies, le Fort William, ce que l?on peut imaginer du cimetière de l?Enfoncement?enfoncé sous la Garden Tower, à côté du Jardin de la Compagnie. En sus des lieux plus connus, tels La Citadelle, l?ex prison centrale, la cathédrale Saint-Louis, le Tombeau Malartic, l?Hôtel du gouvernement, les casernes centrales, le théâtre de Port-Louis?
Ce qui immanquablement amène le lecteur a se souvenir que l?état de conservation de nombre de ces constructions laisse à désirer. Ne parlons pas des batteries laissées à l?abandon, ni du théâtre de Port-Louis qui se meurt au soleil, rongé chaque jour un peu plus par les termites, l?humidité et le manque d?entretien.
Moins prosaïque, relevant plus des croyances et des rites de possession, Joyce Fortuné-Pope, qui complète doctorante à l?université de Californie, reprend un thème qui lui est cher, celui des «zenfan bainye». ces rituels d?enfants baptisés dans «dilo entre de», pour les protéger du mal. Elle s?intéresse également au culte des «sain madras »par les Créoles. Fusion de doctrines différentes qui participent au processus de créolisation.
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