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Pour dormir du sommeil du juste

9 mai 2008, 20:00

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Les gens se pressent dans le stand de Soft Dreams au Salon de la Maison pour admirer une de leurs dernières nouveautés, à savoir le sommier à lattes, électrique et ajustable sur lequel sont posés deux matelas simples. Il permet à un conjoint de dormir à plat sur un matelas et à l?autre de lire avec le matelas surélevé.

Bien qu?elle soit enrhumée et qu?elle souffre de la gorge, Poonam est fidèle au poste, prête à fournir le moindre renseignement sur ses matelas montés à Maurice à partir de matières premières importés de Soft Dreams d?Europe. «Quand je suis avec la clientèle, je suis dans mon élément et j?oublie mes douleurs et mon rhume. C?est seulement à la maison que je m?en souviens», confie cette jeune femme de 29 ans.

Poonam est la cadette des trois enfants Bussy. Son père, assistant recteur, a de grandes ambitions pour ses enfants. Il voit bien Poonam médecin ou faisant de la recherche scientifique du fait qu?elle est studieuse et qu?elle a d?excellentes notes en sciences au Collège Lorette de Curepipe. Lorsqu?elle termine son Higher School Certificate, elle décide de faire un long stage dans le laboratoire d?une clinique, histoire de voir si ce métier lui conviendra. Elle réalise alors qu?elle n?est pas faite pour ça. «J?étais enfermée une journée avec des petits microbes alors que j?aime le grand air et les grands espaces. C?était moche.»

Elle décide alors de changer son fusil d?épaule et effectue un stage de deux semaines en tant que guest relations officer à l?hôtel Belle Mare Plage. C?est pour elle une révélation. Elle veut être dans les relations publiques et le marketing. Ses parents lui payent ses études supérieures à l?étranger et Poonam s?envole pour le Canada rejoindre deux amies qui y étudient. Elle s?inscrit à l?université en vue d?obtenir un diplôme en marketing.

Une rencontre lors de vacances à Maurice, va bouleverser sa vie. C?est le Nouvel An et Poonam est en discothèque. Elle rencontre Roopesh Kalachand, un des fils de Lutchman Kalachand, pionnier dans la fabrication des matelas orthopédiques à Maurice, qui a fondé La Maison des Matelas. C?est le coup de foudre. À tel point que Poonam décide de ne pas repartir. Ils se marient et elle épaule Roopesh dans l?entreprise familiale.

À la mort de son père, Roopesh, qui voyage beaucoup pour voir tout ce qui se fait comme innovation en matière de matelas, décide de faire cavalier seul et d?ouvrir sa propre entreprise. On est en 2003. Il achète la franchise de Soft Dreams et, outre une usine, il ouvre deux magasins, un à Beau-Bassin, qui appartient à Poonam, et l?autre à Terre-Rouge. En sus de la nommer secrétaire de la compagnie, il la charge aussi du marketing des matelas Soft Dreams, de l?administration de la compagnie et du service après-vente. La particularité de ces matelas est d?être en tissu capitonné «antiallergique», d?avoir 312 ressorts sur supports au lieu de 242, «ce qui les rend plus fermes, indéformables et plus durables».

Ils ont aussi des trous d?air pour respirer et des manchettes pour être maniables. «Nous avons des matelas pour tous les goûts et toutes les bourses. De plus, si un client a commandé un matelas orthopédique et qu?il le trouve, disons, trop ferme, nous sommes disposés à le lui échanger et à lui proposer autre chose. Pour nous, la satisfaction du client compte avant tout.»

Aux matelas, Poonam et Roopesh ont ajouté des oreillers, certains en latex et d?autres en plumes d?oie.

En semaine, Poonam fait la navette entre les magasins pour être à la disposition des clients et se rend aussi dans les hôtels pour faire le marketing des produits Soft Dreams. Elle déclare n?avoir aucune difficulté à les commercialiser car «les matelas et les oreillers sont de qualité et aux normes internationales. Je n?ai donc pas de gros travail à faire pour convaincre».

«Les matelas et les oreillers sont de qualité et aux normes internationales. Je n?ai donc pas de gros travail à faire pour convaincre.»</I>

Après son mariage, Poonam accompagnait son mari dans ses déplacements outre-mer et le conseillait sur le choix des matières premières à importer puisqu?elle cerne mieux les goûts de la clientèle. Mais depuis qu?elle est mère de Hans, trois ans et Deep, deux ans, elle préfère rester à la maison avec les petits.

Mais ses responsabilités professionnelles s?en trouvent alors accrues car la gestion de l?usine et des magasins repose sur ses épaules. «Cela fait du travail en plus mais je suis habituée. Mon booster est Roopesh. Je l?admire car il a beaucoup travaillé pour que son business marche. De plus, c?est lui qui m?a poussée à être ce que je suis aujourd?hui.» Bien qu?elle dispose d?un comptable, elle fait elle-même ses comptes. «Comme c?est notre business, je trouve normal que nous ayons un droit de regard sur tout.»

Poonam et son mari emploient au total 25 personnes qu?elle qualifie «d?équipe formidable qui ne rechigne jamais à faire des heures supplémentaires». Ce qui a l?air peu. «C?est en grande partie parce que nos opérations sont automatisées. J?ai tellement vu faire que je peux moi aussi monter un matelas aujourd?hui.»

Si en période de grosses commandes, elle est capable de rester aux côtés de l?équipe jusqu?à 23 heures et plus, ses week-ends sont essentiellement destinés à sa famille. Tout comme au mois de janvier, lorsque le calme revient dans l?entreprise, elle s?accorde une vingtaine de jours de congé avec les siens.

Poonam n?a pas d?autre projet que de continuer à faire progresser Soft Dreams et d?y ajouter de nouvelles lignes. «Vous aurez des surprises dans quelques mois? »

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