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La difficile vie des jeunes rodriguais

9 mai 2008, 00:00

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Jimmy Samoisy, Waro Cupidon, Bruno Momus, Ricarlino Parmasse, Roméo Meunier et John Perrine sont parmi les 14 Rodriguais qui travaillent comme agents de sécurité au Caudan. Ces jeunes, qui croyaient que l?herbe serait plus verte à Maurice, ont appris à leur dépens que tel n?est pas le cas.

Certains déplorent les disparités qui existent entre eux et leurs collègues mauriciens. Ils travaillent sous contrat pour deux ans alors que les Mauriciens sont mieux lotis parce qu?ils ont des conditions de travail moins contraignantes. Arrivés à Maurice en septembre, les garçons ont habité à Pailles. Là-bas, ils ont souffert du préjugé «ban rodriguais ça» des gens de cette localité. Les agents recruteurs les ont alors «transférés» à Cité-La Ferme, à Bambous.

Arrivé devant le local où habitent les Rodriguais à Cité-La Ferme, Bambous, le chauffeur a beau klaxonner mais aucun des agents ne nous entend. Nous décidons alors de pousser le portail, qui n?était d?ailleurs pas bien fermé. En pénétrant dans la cour, il faut faire attention aux crottes des chiens avant d?arriver au dortoir des jeunes gens. Ils faisaient leur lessive.

«Li bon ou vine get nu situation. Ban cochons rodrig plis propre ki nou», lance Jimmy Samoisy. On est invité à faire un tour dans la maison. Une mauvaise odeur vient des toilettes. La salle de bain est inondée par une eau sale sortie de la machine à laver, qui, d?ailleurs, ne marche plus. «Prend tou photo ki ou kapav. Ici ou gagn machin lave ki en panne. Nou pas encor gagn letemp pou souille delo», s?excuse Waro.

Ensuite c?est la cuisine. C?est l?horreur. De vieux récipients noircis et sales encombrent la table. Le mur du bâtiment, les fenêtres sans rideaux et les lits sans couvertures démontrent clairement que cette maison est restée inhabitée depuis longtemps. Des moments de détente ?

«Pa cosé. Nou pa ena droit integrer ban lekip dan la region. Mem pou enn simp distraction. Ban chefla dir tension nou gagn move freqentation», explique Ricarlino Parmasse. Pourtant, il est venu plusieurs fois à Maurice pour participer à des compétitions sportives.

«Mod de vie rodrig mank nou. Ici mank gentillesse», déclare Waro Cupidon.

Une seule chose retient encore ces jeunes à Maurice. «Nou gagn enn ti cash ici. Nou ti narien fer dan rodrig», ajoute Waro Cupidon.

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