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Le port franc souhaite plus d?opérateurs internationaux pour rester compétitif

7 mai 2008, 00:00

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«Il est clair qu?il faut que le développement du port franc passe à un palier supérieur et, pour cela, il faut un plus grand nombre d?opérateurs internationaux et régionaux, de l?Extrême-Orient, du Moyen- Orient, de l?Inde et de l?océan Indien», estime Dominique de Froberville. ? chief executive officer de la Mauritius Freeport Development Co. Ltd (MFD). Après les développements intéressants dans ce secteur ces dernières années, des «décisions audacieuses» sont essentielles pour lui donner un nouveau dynamisme et pour prendre de l?avance sur des compétiteurs en devenir dans la région d?Afrique. Mais il y a le problème de productivité portuaire et de mesures incitatives à régler.

En 1992, l'objectif de la création d'un port franc à Port-Louis était de développer un nouvel axe de l'économie mauricienne en s'engageant dans le secteur des services. Pour réaliser cet objectif, il fallait attirer des opérateurs internationaux qui investiraient dans le port franc en y positionnant leur centre de distribution et de création de valeur ajoutée pour la région.

La concrétisation de cette stratégie a débuté vers la fin des années 90 avec la mise en place des premières zones de port franc. Le décollage du secteur a été dur car il fallait faire connaître le port franc de Maurice aux opérateurs internationaux. «La possibilité d'offrir les facilités disponibles dans le port franc aux opérateurs locaux a permis de commencer à rentabiliser les gros investissements faits par les développeurs et permettre à ces derniers d'accentuer leurs campagnes de marketing sur les marchés internationaux», explique Dominique de Froberville.

À partir de 2002, la plate-forme s?est fait connaître, surtout avec l?entrée en opération du Mauritius Container Terminal à Mer-Rouge, qui a permis d?attirer des opérateurs internationaux. Entre 2001 et 2006, le port franc devait connaître des développements intéressants avec l?accroissement du nombre de permis d?opération accordés, tant à des entreprises mauriciennes qu?étrangères, dans les zones de port franc.

Mais, le CEO de MFD estime que trois facteurs sont essentiels à une nouvelle étape de développement d?activités du port franc, surtout en ce qu?il s?agit de ce que Port-Louis offre par rapport à ses principaux concurrents ? Hong Kong, Singapour et Dubayy. Les trois composantes indispensables au développement du port franc sont un port efficace, des mesures incitatives attrayantes et des infrastructures modernes et efficaces qui répondent aux besoins des clients.

«Aucune zone de port franc ne peut se développer sans un port efficace», souligne Dominique de Froberville. Or, Port-Louis a, à son avis, encore des efforts à fournir pour se positionner comme le port de transbordement de la région. «C?est tout à fait possible. Les éléments sont là, mais il faut la volonté de tous les partenaires pour faire avancer le port dans cette nouvelle direction.»

<B>Proximité avec les marchés</B>

Dominique de Froberville fait ressortir que la communauté des opérateurs et des développeurs sont «inquiets». Car à partir du juillet 2009, toutes les sociétés du port franc seront frappées d?une corporate tax de 15 %. Ce qui, selon lui, pourrait affecter la compétitivité du port franc.

«Quant aux infrastructures, elles sont là, mises en place par les développeurs, mais deux autres conditions doivent être réunies pour attirer des opérateurs internationaux.» Il considère que Port-Louis a une position stratégique fort intéressante et probablement le meilleur potentiel dans la région.

Le port franc de Port-Louis a les moyens d?être la plate-forme d?éclatement et de création de valeur ajoutée au niveau de marchandises destinées aux îles de la région de l?océan Indien et de l?Afrique sub-saharienne, notamment l?Afrique de l?Est dans un premier temps, et, l?Afrique de l?Ouest dans un deuxième temps. Le flux de marchandises surtout l?électronique et l?électroménager (en général fabriqués en Asie et exportés vers l?Afrique par de gros distributeurs internationaux) ne cesse d?augmenter.

Pour des raisons économiques évidentes, les distributeurs se positionnent dans des hubs qui sont proches de leurs marchés pour mieux les approvisionner. Le coût des opérations, le coût du fret et les mesures incitatives occupent une place de choix dans leur décision. «Plus un port est efficace, plus la taille des bateaux est importante et plus le taux du fret est compétitif. Il faut que Port-Louis rehausse son image de port compétitif, ce qui n?est pas le cas aujourd?hui. Car Dubayy développe d?autres ports et zones de port franc en Afrique, au Sénégal et au Mozambique. Il faut des décisions courageuses de la part des autorités pour que nous puissions prendre de l?avance sur ces nouveaux développements», insiste Dominique de Froberville.

Et quand un port devient un hub, il est évident que les grosses lignes maritimes vont se positionner pour leurs activités de transbordement. Ce qui va favoriser la mise en place de système de cabotage (feedering) et améliorer la desserte d'une région. Pour cette raison, le CEO de MFD estime nécessaire le choix dans les meilleurs délais d?un partenaire stratégique «qui donnera au port de Port-Louis une dimension internationale et la place qui lui revient comme hub de transbordement de la région».

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