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Droit au logement

7 mai 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Il n?y a pas de crise du logement à Maurice. Les indicateurs rassemblés par le Bureau des statistiques (CSO) le démontrent. Toutefois, en cette semaine où la maison tient salon, il est utile de réfléchir sur les moyens à mettre en ?uvre pour mieux loger la frange la plus démunie de la population. Il y a une pénurie de logements accessibles à cette classe.

Les plus récentes données sur le logement remontent à l?an 2000 mais elles demeurent pertinentes. Le CSO avait alors rapporté que 87 % des ménages étaient propriétaires de leur résidence. Dix ans plus tôt ils n?étaient que 76 % . La prochaine enquête sur le logement devrait confirmer cette tendance. Donc, pour la très grande majorité des Mauriciens, il n?y a pas de problème d?accession à la propriété.

Mieux encore, les statistiques officielles permettent de décrire des conditions de logement plutôt confortables pour la plupart des ménages. Non seulement les matériaux utilisés sont plus sophistiqués, mais la taille des ménages diminue, avec en moyenne 3,9 personnes par ménage. Davantage d?unités de logement sont occupées aujourd?hui par des familles nucléaires qui ne regroupent que les parents et leurs enfants non mariés. La quasi disparition des familles élargies est confirmée.

Ces avancées significatives ne devraient pas pour autant occulter le fait que des ménages pauvres se trouvent toujours en difficulté pour se loger. Même si leur nombre est relativement faible, nous ne pouvons rester insensibles au sort de ces familles qui sont condamnées à vivre dans des situations précaires ou insalubres.

La demande sociale dépasse largement l?offre. Le déficit accumulé au moment où le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir représentait environ 20 000 logements. C?est un progrès si on le compare aux 40 000 familles qui étaient en attente d?un logement au moment de la création de la NHDC, mais ce n?est pas négligeable. Or, aucun nouveau projet de construction de logements sociaux n?a été entamé depuis ces trois dernières années. Le ministre Asraf Dulull a bien annoncé un projet de construction de logements à Plaine-Verte, mais au coût de plus de Rs 900 000, ces nouvelles maisons n?intéressent pas les plus démunis. Ils ne peuvent, eux, profiter de la grande variété de prêts-logement disponibles aux classes moyennes.

Le véritable problème, c?est que la NHDC qui, théoriquement, a vocation de proposer des logements aux familles modestes, ne peut plus réaliser l?objectif qu?elle s?était fixé. Cet organisme est devenu si inefficient que le ministre du Logement a opté pour un partenariat avec le privé pour les logements de Plaine-Verte car chaque unité aurait coûté Rs 2 millions si la construction avait été confiée à la NHDC.

Face aux coûts exorbitants de l?immobilier, les ménages aux faibles revenus se tourneront de plus en plus vers l?Etat pour accéder au logement. Celui-ci doit trouver des solutions innovantes car les formules classiques ont fait leur temps.

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