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Nos étoiles scintillent à nouveau?

6 mai 2008, 00:00

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Addis Abeba restera comme archivé dans la mémoire de l?athlétisme mauricien comme une belle aventure. Cela n?a pas été qu?une aventure sportive pour l?athlétisme mauricien. Ça a été, avant tout, une formidable aventure humaine. Au-delà des médailles obtenues, des performances réalisées, cette aventure éthiopienne a permis à nos étoiles, qui avaient perdu de leur éclat, à cause de blessures et des caprices de la vie, de se retrouver, de retrouver cette confiance, et surtout de prouver qu?avec du temps, de la patience, de la persévérance, de l?abnégation on peut déplacer des montagnes.

On comprend ainsi toute l?émotion de Stéphan Buckland après cette finale africaine du 200m, qui marque son vrai retour au plus haut niveau. Lui qui, il y a encore quelques mois, pouvait à peine faire un footing. Sans doute, a-t-il ressassé toute cette pénible période de sa vie où tout s?est écroulé autour de lui en un rien de temps. La perte de sa mère, la blessure au dos, l?arrêt subit de sa saison en 2007 et la diminution drastique de sa bourse. Rien n?allait plus? Mais, en vrai champion, il a nagé à contre-courant pendant cette longue période pour finalement renouer avec le succès.

Il a su trouver la force et le courage de poursuivre son chemin, hélas sans le soutien de ceux que l?on espérait à ses côtés, pour réussir l?exploit. Vingt-et-un mois après sa médaille d?argent sur le demi-tour de piste, il est en effet arrivé à Addis Abeba avec le statut de favori du demi-tour de piste et a décroché une médaille d?argent qui vaut de l?or quand on connaît le parcours entamer depuis sa blessure.

Autre image forte qui restera à jamais gravée : celle d?Eric Milazar, à l?issue du premier tour du 400m. Dominateur et en parfaite maîtrise de son sujet, le Rodriguais renaît de ses cendres après tant de péripéties. Ici, on ne donnait pas cher de sa peau. Et voilà, toute la beauté du sport, au moment où le doute est le plus présent, il y a toujours cette magie, qui sort de l?on ne sait où, et qui vient donner une toute autre dimension à l?histoire.

Eric Milazar, meurtrie dans sa chair depuis sa maladie, le Chikungunya, avait eu bien du mal à revenir à son meilleur niveau. Son corps ne réagissait plus de la même manière, son moral en avait pris un sacré coup, mais au lieu de baisser les armes, il sa su se battre et Addis Abeba a fait mentir l?adage selon lequel ?l?espoir fait vivre les imbéciles?. L?espoir peut donc relancer une carrière, encore faut-il que la persévérance soit aussi présente.

Stéphan Buckland et Eric Milazar sont des exemples à suivre, à comprendre et à émuler? Ils suscitent une extraordinaire admiration, car ils sont peu nombreux ceux qui ont pu revenir à ce niveau après des périodes sombres d?une carrière sportive.

Aujourd?hui, il est très important de ne pas s?arrêter uniquement à une médaille gagnée ou une place de finaliste, il faut voir les choses dans leur juste perspective afin de mieux comprendre ce qu?ont réalisé ces deux athlètes. Car ce n?est pas qu?un exploit sportif, c?est aussi et surtout un exploit humain. Leur exploit est certes unique, mais leur histoire intemporelle?

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