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« Rien ne remplace la prévention »

4 mai 2008, 00:00

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Quels sont les risques connus et ceux, insoupçonnés, auxquels Mau-rice est exposée ?

Les risques naturels, de même que ceux associés aux activités des hommes doivent être pris en compte. La beauté et la singularité de la destination Maurice ne mettent pas le pays à l?abri de menaces conséquentes. Nous en avons eu la preuve, il n?y a pas longtemps, avec le chikungunya, les cyclo-nes, ou encore les pluies torrentielles.

De plus, la préoccupation des touristes ne se limite plus au coût d?un séjour à l?étranger, comme pour Mau-rice par exemple. Le touriste est con-cerné par la sécurité dans le pays où il veut se rendre.

Comment ces risques peuvent-ils être gérés efficacement ?

Rien ne remplace la prévention. C?est le rôle tant des pouvoirs publics que celui des organismes privés engagés dans le tourisme. Le rôle du gouvernement est de montrer sa détermination à prévenir les risques susceptibles de mettre cette industrie en péril. Il doit élaborer un plan d?intervention en temps de crise.

La tâche des organismes privés est de mettre en place des plans similaires au niveau de leurs entreprises. Être toujours prêt à faire face à l?inattendu devrait devenir une posture naturelle. Cependant, il faut que cette prise de conscience soit l?expression d?une dé-marche commune.

Quelles sont les conséquences provoquées par un système de gestion insuffisant ?

Cela mettra non seulement en danger les biens et les personnes, mais surtout cela portera un coup irréversible à la réputation et à l?image de Maurice en tant que destination touristique.

Qu?en est-il des améliorations à être apportées à notre système d?alerte ?

Je ne peux aborder cette question que du point de vue touristique. Le recours à un plan national pour une intervention efficace en période de crise dans l?industrie du tourisme est primordial. Ce plan devrait être l?illustration de la volonté des autorités à faire de Maurice une destination où la sécurité des touristes prime. Un tel plan devrait s?appliquer au monde des affaires et aux centres de loisirs. La vigilance des parties concernées doit être maintenue grâce à une formation continue.

Qu?est-ce qui n?a pas bien fonctionné, en Asie, dans le système d?aler-te aux tsunamis, par exemple ?

En fait, pas un seul pays touché par ce phénomène ne disposait d?un système de gestion de crise d?une telle ampleur, et ce, en dépit des sollicitations des météorologues. Cela résulte d?un argument selon lequel l?élaboration d?un tel plan allait mettre en danger la croissance du tourisme.

La recherche de profits confortait aussi ceux pour qui une telle catastrophe était inimaginable. Ainsi, en dépit du système dont disposaient la Thaïlande et l?Indonésie, les effets ont été désastreux. Le laps de temps où le tremblement de terre s?est produit, et celui où les vagues associées au tsunami ont atteint les côtes de ces pays était restreint. C?est ce qui a largement réduit la marge de man?uvre. En revanche, un système capable d?avertir les pays bien à l?avance aurait pu éviter les pertes en vies humaines.

Quel est le principal message de votre séminaire ?

C?est un plaidoyer pour prévenir les dangers susceptibles de tuer l?industrie du tourisme. On pourrait arriver à la conclusion que le meilleur moyen d?agir, c?est de sensibiliser en permanence toutes les parties concernées et les médias. On aura gagné notre pari si on parvient à inculquer dans l?esprit des participants l?importance d?un contrôle et d?une révision sans relâche du plan d?intervention.

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