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Les éleveurs se réinventent
Une délégation d?une vingtaine de personnes dont une douzaine d?éleveurs de porcs met le cap mardi sur l?île de la Réunion. L?objectif : se familiariser avec une autre façon de faire de l?élevage de porcs.
Ce déplacement fait partie d?un plan de relance de ce secteur, avec pour objectif de le moderniser. Une telle initiative a été rendue possible grâce à un fonds de Rs 100 millions du gouvernement.
« Nous voulons donner un nouveau souffle à ce secteur, et notre objectif est aussi de le mettre à l?abri de risques tels que les maladies et autres épidémies. Nous voulons également donner un coup de neuf à cette activité », expli-que Amédée Darga, président du comité technique sur l?élevage de porcs.
Et les choses vont changer. Par exem-ple, fini la pratique artisanale dans une arrière-cour. Pour commencer, et après un travail assidu, le comité technique est parvenu à répertorier 501 éleveurs. Par ailleurs, le nombre de bêtes recensées après l?éclatement de la fièvre porcine, survenue en 2007, est de 4 450. Chaque bête recensée a désormais un numéro d?immatriculation. Cela permettra de connaître l?identité de son propriétaire, de même que l?état de santé de l?animal après la dernière inspection.
Les leçons des faiblesses
De même, chaque porcelet qui entre sur une ferme devra être déclaré, et on lui attribuera un numéro. Et toute bête qui est présentée à l?abattoir de Roche-Bois doit être munie de son numéro d?immatriculation. Autrement, la carcasse de la bête est confisquée.
Toutes ces mesures n?ont pas été prises par hasard. Le pays a tiré des le-çons des faiblesses de notre capacité à réagir en cas d?épidémie. L?élevage était fait de telle manière qu?il était pratiquement impossible de remonter jusqu?à la source de l?épidémie de fièvre porcine dans un délai raisonnable.
Chaque éleveur doit maintenant convaincre les autorités compétentes que sa ferme est saine et qu?elle opère selon les normes établies.
Dans la foulée, la production de porcelets ne sera pas autorisée sur une ferme qui fait de l?engraissement. « Nous accueil-lons favorablement cette mesure. Cela nous permettra de limiter les risques de propagation de maladie ou d?épidémie dans un périmètre précis. Donc de mieux lutter contre ces fléaux », témoigne Paul Raya, président de la Fédération des éleveurs de porcs.
Des travaux d?amélioration seront également apportés aux infrastructures des fermes de Bassin-Requin, à l?Est.
« Nous avons présenté un projet de modernisation de nos infrastructures à l?Union européenne. Nous attendons une réponse. En ce qui concerne les travaux promis par l?État, nous attendons avec impatience qu?ils démarrent », soutient Margaret Govindah, présidente de la Poste-de-Flacq Pig Credit & Market Cooperative Society Ltd, basée à Bassin-Requin. Les éleveurs ne feront que de l?engraissement de porcelets. La reproduction sera, réalisée sur un terrain près de Queen Victoria, à Fuel.
Des éleveurs de la région de Roche-Bois seront conseillés de s?installer à Saint-Martin, où des travaux d?amélioration des infrastructures seront lancés prochainement. La superficie de l?élevage qui est actuellement de 10 arpents sera étendue à 35. Les éleveurs qui veulent changer de filière d?activités seront installés à Mont-Bois et à la Brasserie.
S?il y a un aspect de ce plan de relance qui fait tiquer certains, c?est le fait que le remboursement pour les bêtes éliminées par les services vétérinaires s?effectue uniquement dans le cadre d?une demande de financement d?un projet auprès de la Banque de développement. Il n?y a pas de compensation en tant que telle. Seules les bêtes éliminées sur la recommandation des services vétérinaires sont prises en compte. Rajakrishna Pachamootoo, un éleveur de Saint-Martin, s?élève contre cette mesure. Margaret Govindah soutient, quant à elle, qu?une compensation sans conditions s?impose. Des revendications qui attendent une réponse?
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