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Les métiers de la nuit

3 mai 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Alors que certains dorment la nuit, d?autres évoluent dans cet univers obscur, mais ô combien fascinant. Océane et sa folle équipe assurent un spectacle de charme au Pallagames jusqu?aux petites heures du matin. Rencontre.

On se croirait presque au Crazy Horse à Paris. Sauf qu?au Pallagames de Trianon, travestis, transsexuels et de véritables femmes évoluent dans le même cercle et sont maîtresses des lieux. Le spectacle chic débute à 22 h. Les danseuses investissent la salle. Les regards se figent sur leur silhouette et les formes sensuelles.

Les filles s?avancent. Les jupes sont courtes. Les décolletés vertigineux. Les garçons ont les yeux qui brillent. Elles duperaient facilement les hommes.

Sensuelle, Pascaline Hack dans une longue robe blanche, interprète en play-back une chanson du spectacle Moulin Rouge. Le spectacle composé de plusieurs numéros dont les plus attendus sont le «pole dancing», dure en moyenne quatre heures.

Lorna et Dorothy s?agrippent au «pole», cet objet tant désiré. Point de vulgarité tout en sensualité. Légère comme une plume, Lorna enlace de ses jambes longilignes, le morceau de métal froid. Elle a la tête à l?envers. Elle fait tourner les têtes.

Danse synchronisée avec sa partenaire. Captivantes. Puis elles avancent à quatre pattes sur la scène. Félines, elles éveillent les sens. De quoi faire transpirer la clientèle masculine?

«On voulait proposer un spectacle de qualité. On compte sur les compétences d?Océane mais on fera appel à d?autres professionnels pour diversifier le show,» explique Paul Moutou de Pallagames.

Pour que le show soit encore plus chaud, il a pensé à des chippendales mauriciens mais peine à les trouver.

Pour assurer ce spectacle quasi quotidien de quatre heures environ, l?équipe de 10 danseurs composée de Dorothy, Pascaline, Mary-Jane, Katriona, Lorna, Joanna, Kelly, Tia, Emmanuel et Océane, répète de 13 h à 17 heures tous les jours. Ce n?est point de tout repos surtout quand elles restent éveillées jusqu?aux aurores.

Pour contrer la fatigue, elles prennent des fortifiants mais pour garder la ligne, rien de mieux que les exercices. Océane partage son expérience de chorégraphe avec cette jeune équipe.

«A Maurice, les gens ont tendance à mélanger beaucoup de choses. Certains, parce qu?ils verront des « pole » penseront qu?il s?agit d?un spectacle de strip-tease. Ce qui n?est pas le cas. Nous faisons de la danse acrobatique et nous proposons un spectacle qui n?a à rougir de rien,» clame Océane Nanoo.

«C?est un métier que j?ai choisi. J?ai commencé comme serveuse de bar. Mais j?ai choisi le monde du spectacle comme carrière. J?ai toujours voulu faire cela. Monter des shows avec des danseurs pour exprimer plein de choses. Ce métier est tout pour moi. Le travail, c?est la liberté?» déclare Océane.

«Pourquoi des gens comme Madonna, Kylie Minogue ou même Rekha continuent à danser malgré leur âge. Je ferais du spectacle jusqu?à mon dernier souffle,» explique cette belle jeune femme de 29 ans.

Avoir un tel look, ne relève pas du miracle. Les cheveux ondulés, lâchés, hyper maquillée, la demoiselle cultive son apparence. Un look soigné et perfectionniste pour une femme de spectacle.

Mais comment vivent-elles le fait d?être des danseuses de charme ? «Il n?y a point de tabou. Les familles des danseuses savent très bien ce qu?elles font la nuit. Les parents acceptent facilement cela. Nous ne faisons rien de mal, nous n?avons rien à cacher,» affirme Océane.

Ces filles dominent leur monde. Elles sont les reines de la nuit. La magie opère jusqu?à ce que le jour commence à poindre.

<B>Joanna Seenayen</B>

Déshabillez-moi !

Aujourd?hui les choses ont changé et Pascal est un professionnel et travaille pour un célèbre club privé du Nord où il est l?unique strip-teaseur.

«Le strip-tease m?a toujours fasciné. La beauté des corps en mouvement a quelque chose d?hypnotique. Mais derrière tout cela, il y a des heures de boulot et de préparation physique. Mon premier coach en strip-tease a été la télévision,» raconte Pascal. Après avoir pratiqué pendant de nombreuses heures devant son miroir, il décide de se lancer dans l?aventure du strip.

«Mes premiers spectacles ont été très éprouvants. J?avais peur du regard des gens qui ont une mauvaise image de ce métier. Même si j?avais eu la bénédiction de mes parents, le jugement des autres, m?a perturbé,» confie Pascal. Mais le doute s?estompe au fil des spectacles et l?appréciation du public procure la motivation au jeune homme pour continuer dans ce métier.

«Avec le temps, j?ai réalisé que les gens qui viennent voir mes spectacles ne font pas partie de ceux qui diabolisent le métier de strip-teaseur. Ils viennent au club pour voir le show et parce qu?ils aiment cela. Je me sens très à l?aise face à un public de connaisseurs qui est majoritairement composé de touristes,» explique Pascal. Cette alchimie avec le public lui procure une certaine excitation. Le trac de se mettre à nu devant des étrangers est désormais de l?histoire ancienne.

«Le trac a vraiment disparu. Je suis concentré sur scène et je peux maintenant dire que le métier de strip-teaseur n?est pas à la portée de tout le monde. Il faut avoir du courage et réfléchir en tant que professionnel sur scène,» ajoute-t-il. Il confie aussi s?entendre très bien avec ses consoeurs. «Il y a une très bonne ambiance en coulisse. Elles sont de très bonnes conseillères, comme des grandes s?urs,» déclare-t-il.

«Ce n?est pas juste une question d?argent. C?est vrai que je me fais Rs 1 000 de l?heure (NDLR : durée d?un spectacle), mais la passion pour ce métier est ma vraie motivation.» En effet le strip-tease est un secteur qui paie bien. Une strip-teaseuse peut facilement se faire Rs 5 000 par soirée, excluant les pourboires offerts par des spectateurs charmés. Le monde de la nuit fascine et il est très lucratif. «Je gagne le salaire mensuel de mes amies en trois soirées,» confie Jasmine, strip-teaseuse de 24 ans.

A côté de son activité d?effeuillage, le quotidien de télé-opérateur de Pascal ne devient-il pas trop morose et routinier ? «Non, pas du tout. Je ne mélange pas mes deux activités. Travailler dans un centre d?appels le jour ne m?empêche pas de pratiquer le strip-tease la nuit,» explique Pascal. Le jeune homme essaie de cloisonner au mieux ses deux activités. Il confie ne rien cacher à ses collègues de ses activités nocturnes. «Ça ne sert à rien de le crier sur tous les toits, c'est sûr. Mais je ne cache pas à mon entourage que je suis strip-teaseur. J?ai beaucoup de collègues télé-opérateurs qui sont au courant et qui respectent ma profession,» raconte-t-il.

La plongée de Pascal dans le monde de la nuit s'est faite sans encombre et il est ravi de sa nouvelle double vie. Ce n?est pas demain la veille qu?il arrêtera le strip-tease et encourage les autres hommes «qui ont du courage» à emboîter ses pas.

<B>Julien Tuyau</B>

<B>Chat Sexuel</B>

Il est usuel aujourd?hui de vivre des expériences sexuelles virtuelles via la toile. Cette quête de plaisir grandissante, trouvant des accros aux quatre coins du globe, est devenue un business lucratif. Le plaisir, même virtuel, a un prix. L?argent n?atténue pas l?ardeur de ceux qui veulent à tout prix s?allumer devant leurs écrans.

A Maurice, il existe des boîtes de télécommunication qui offrent ce genre de service aux amateurs de sensations chaudes... un peu de semblant d?amour tropical pour les excités des pays froids.

«On vise exclusivement une clientèle étrangère, surtout européenne, les Mauriciens ne sont pas autorisés sur nos réseaux,» explique Sophie, «allumeuse virtuelle» depuis huit mois dans une entreprise locale.

«Notre objectif est d?allumer la personne en ligne au point où elle oublie le temps et se consacre uniquement à ce moment de plaisir. Le plus longtemps qu?elle reste en ligne, le plus elle paie, c?est évident. Et c?est cela notre mission quotidienne,» ajoute Sophie.

Il faut ainsi dans ce genre de travail jouer la comédie et rendre vrai ce monde virtuel. On joue un rôle à chaque connexion. Il a fallu un moment d?adaptation à Sophie avant de pouvoir jouer le jeu.

<I>«Ce n?est pas évident de parler de sexe, de son intimité à quelqu?un qu?on ne connaît pas. Mais il le faut. Avec ce métier tu dois être une allumeuse à la carte.»</I>

«Ce n?est pas évident de parler de sexe, de son intimité à quelqu?un qu?on ne connaît pas. Mais il le faut. Avec ce métier tu dois être une allumeuse à la carte. Tu t?offres comme le client le veut : câlin, sado... Et tu seras étonné des choses qu?on te dit des fois...»

Aux dires de notre interlocutrice ce secteur est très rentable et connaît une expansion non négligeable. Le sexe est aujourd?hui un loisir public, pour lequel bon nombre n?hésitent plus à exposer leurs fantasmes les plus intimes au grand jour.

Le net est un moyen pour d?autres, plus timides, d?extérioriser leurs pulsions la tête dans l?écran, la main sous la table. «C?est un moyen d?aider les gens à soulager leurs frustrations sexuelles, le net et notre service oeuvrent dans ce sens,» souligne Sophie, sans vraiment y croire.

Pour les services liés à la sexualité, on fait la queue pour soulager son sac de plaisir. «Et les gens qui sont accros aux plaisirs virtuels ne sont pas avares et vident leurs comptes sans sourciller. Avec ce service, beaucoup d?internautes ont abandonné des sites pornographiques pour se tourner vers le chat sexuel, qui est plus stimulant. L?interaction est plus excitante que des images ou des vidéo.» L?avenir du sexe virtuel n?est pas près de s?essouffler...

Stephan JAUFFRET-REZANNAH</B>

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