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Ils attendent toujours une compensation

30 avril 2008, 00:00

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En 1963, Idana Casimir, 18 ans à peine, accompagne son jeune concubin, Benjamin Spéville, 22 ans à l?époque, aux Chagos. Le jeune homme vient d?être recruté par une compagnie privée mauricienne comme sauveteur plongeur pour l?archipel. C?est à la Pointe-Marianne qu?ils déposent leurs valises.

A l?époque, le gouvernement de Seewoosagur Ramgoolam, Premier, leur avait promis une compensation pour leur déplacement. Depuis, 45 ans ont passé. Le couple a vieilli et il attend toujours.

Les échos des sauvetages en mer de Benjamin gagnent les côtes de Maurice. De bouche à oreille ses exploits arrivent à la compagnie qui l?emploie et qui propose alors à Benjamin d?aller aux Chagos, auprès des autres personnes qui travaillent pour la même compagnie aux Chagos. Elles ramassent les cocos dans les différentes îles.

Le jeune couple passe plusieurs années dans cette partie des Mascareignes. Leur premier enfant, Michelin, âgé aujourd?hui de 45 ans, y est né.

A Rodrigues, seul le commissaire de l?Agriculture, Louis-Ange Perrine et le député Robert Spéville, sont au courant de leur histoire. Tous deux sont en train de faire des démarches pour que le couple qui a respectivement, 65 et 62 ans, obtienne réparation.

La vie dans l?archipel

Lorsque benjamin était en mer, Idana travaillait avec les bonnes s?urs américaines et françaises qui étaient dans l?archipel.

C?est sur le Nautis que Benjamin allait en mer. Benjamin a navigué jusqu?à cinq mille nautiques à la rescousse de naufragés.

A la demande de leurs familles respectives, le jeune couple rentra pour se marier officiellement à Rodrigues. Ils n?y resteront pas beaucoup temps et retournèrent aux Chagos. Entre-temps naîtront les deux premiers enfants sur les six qu?auront les Spéville.

Idana a beaucoup de souvenirs des années passées aux Chagos. Elle raconte avec tristesse comment elle a perdu le livre dans lequel il y avait «un mandat» lorsque les soldats américains sont venus les chasser. Elle avait reçu le livre d?une religieuse américaine. Elle avait accompagné l?américaine et son fils sur l?île Sophie. «Zot ti envi ale boire ene jorgée de leau dans ene lasource labas, lerla mo ine accompage zot. Nu ine cotoie camarade depis. Ene jour madame méricaine la ine donne moi ene livre secret ek ene mandat. Kan tane dire Diego ine vandé, américain ine prend zot pé press nu prend bato, mo ine perdi livre là, mo bien chagrin mo livre secret,» raconte Idana.

Idana et Benjamin sont aujourd?hui bien installés dans le village de Oranges, mais Ils attendent toujours la compensation qui leur est due.

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