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Gordon Brown contesté à quelques jours des élections régionales
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Gordon Brown contesté à quelques jours des élections régionales
A moins de dix mois après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre britannique Gordon Brown est en grave difficulté, à quelques jours des élections régionales et locales, le 1er mai.
En très peu de temps, il a dû faire face à une salve de chiffres qui ont confirmé le brutal ralentissement de l?économie britannique, à une rébellion de dizaines de députés de son propre parti, le Labour, qui l?ont attaqué sur sa politique fiscale, puis à une grève historique des fonctionnaires.
Huit mille écoles ont été perturbées, jeudi dernier, soit un tiers des établissements secondaires d?Angleterre et du Pays de Galles, par le premier arrêt de travail des enseignants depuis vingt et un ans. Quelques jours auparavant, un autre pilier de la famille travailliste s?était révolté : les ménages les moins fortunés. L?abolition du taux plancher d?imposition de 10 % dont ils étaient les premiers bénéficiaires a été entérinée il y a de longs mois, dans le budget 2007, mais la perspective d?un vote au Parlement sur les détails de son application a ravivé le mécontentement.
En campagne dans leurs circonscriptions, les députés travaillistes se sont rendu compte que leurs électeurs leur reprochaient le relèvement de ce taux à 20 %. Les conservateurs y ont vu l?occasion de prendre leur revanche sur le Labour au pouvoir depuis 1997.
Quarante-six députés travaillistes, menés par Frank Field, un ancien ministre ennemi de Brown, ont alors mené une fronde en signant un amendement condamnant l?abolition du taux de 10 %.
«Rébellion au Labour»
Les journaux titraient sur la «rébellion» au Labour et pariaient sur les chances de Gordon Brown de rester à son poste au-delà de son premier anniversaire, en juin. «J?ai commencé un travail que j?entends mener à bien», a répondu le Premier ministre, espérant un répit grâce à une visite officielle aux Etats-Unis. A son retour, Brown n?a pu que constater qu?à la «mutinerie» commençaient à se joindre des ministres.
Il a fallu céder et le gouvernement a annoncé une série de mesures sociales pour compenser l?abolition du taux plancher sur les plus modestes. «Je n?ai pas agi contraint et forcé», a assuré le dirigeant britannique, tandis que les médias ironisaient sur ces «revirements».
Ses fidèles soulignent, au contraire, que Gordon Brown a eu la force de reconnaître son erreur et de rectifier le tir. Cela sera-t-il suffisant pour assurer son avenir à la tête du pays ?
La victoire des rebelles pourrait les inciter à recommencer contre un autre projet controversé : le passage de la durée maximale de la garde à vue pour les suspects de terrorisme de vingt-huit à quarante-deux jours. La proposition passera bientôt devant le Parlement et des dizaines de députés travaillistes se sont d?ores et déjà dits prêts à en découdre.
Pour mener cette bataille, Gordon Brown arrivera fragilisé. La dernière enquête d?opinion publiée récemment dans le Sunday Times crédite les conservateurs de 40 % des intentions de vote, une avance de dix points sur le Labour.
Pis, une majorité des personnes interrogées dit apporter sa confiance au chef de file conservateur David Cameron (31 %), plutôt qu?à Gordon Brown (29 %), pourtant ex-ministre des Finances, pour apaiser la crise financière.
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