Publicité

L?inquiétude des opérateurs locaux grandit

27 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Depuis décembre, les opérateurs de l?industrie de la pêche au thon marchent sur des ?ufs. Et l?épée de Damoclès qui menaçait l?industrie après l?élimination des préférences tarifaires à l?entrée du marché européen en décembre 2007 lui est partiellement tombée dessus.

Princes Tuna Mauritius, usine de traitement et de transformation de la chair de thon, est le premier opérateur mauricien à en faire les frais. Cette compagnie ne peut exporter 150 conteneurs de produits finis parce qu?ils ont été manufacturés avec du thon acheté auprès des sources d?approvisionnement non reconnues par l?Union européenne (UE). Leur entrée sur le marché européen dépend obligatoirement d?une dérogation automatique qui n?est pas envisageable aussi longtemps qu?un accord économique en bonne et due forme n?aura pas été signé entre les deux parties.

Cette situation est tributaire de la zone de turbulences que traverse l?industrie de la pêche au thon depuis décembre 2007. C?est la date à laquelle les préférences tarifaires dont bénéficiaient les produits mauriciens à leur entrée sur le marché européen ont été totalement éliminées. « Pour éviter une rupture des échanges, Maurice a négocié et obtenu un accord intérimaire qui a pour objectif d?éviter une rupture des échanges entre Maurice et l?UE. Pour que les dispositions de cet accord puissent être mises en pratique, le document doit être traduit dans les 23 langues des pays membres de l?Union et signé », explique Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie.

« La lutte contre le pillage est nécessaire »

Mais le temps passe. Et on n?est pas plus avancé. Pour tenter de gagner du temps et protéger l?industrie locale, revoilà Maurice qui va à la recherche d?une dérogation intérimaire. Une dérogation qui devrait lui permettre d?exporter quelque 5 000 tonnes de conserves et 2 000 tonnes de longes. La démarche est initiée en janvier et ce n?est pas avant le 26 mai que l?on sera en mesure de prendre connaissance de la posture de l?UE.

Si la signature d?un accord de partenariat économique est indispensable, rien ne dit qu?il sera offert sur un plateau. L?une des difficultés que Maurice doit gérer concerne sa capacité à démontrer que Port-Louis n?est pas un port de déchargement de prises effectuées par des capitaines engagés dans la pêche illégale du thon (Illegal Unreported and Unregulated fishing (IUU).

« Les exigences de l?UE ne sont pas dénuées de sens. Un contrôle rigoureux de l?industrie est nécessaire. La lutte contre le pillage de nos stocks est indispensable. Il faut trouver un juste milieu entre les exigences de l?UE et nos propres intérêts. C?est autour d?une table que l?on parviendra à nous comprendre », explique Patrice Maurel, manager de Pelagic Process.

Pas sur la même longueur d?onde

Si Maurice et l?UE sont d?accord sur la nécessité de mener un combat contre la pêche illégale, ils ne sont pas sur la même longueur d?onde quant au statut des bateaux d?origine taïwanaise. Ce sont les principaux fournisseurs de Maurice en thon et ils constituent un maillon important dans l?économie du pays.

Et comme Taïwan n?a pas le statut d?État souverain, ses bateaux paraissent automatiquement sur la liste noire de la Commission des Thons de l?océan Indien, organisme intergouvernemental chargé de gérer les réserves de thons dans la région.

Si Maurice jouissait de l?image immaculée d?un pays qui respecte scrupuleusement la règle du jeu, la seule présence de bateaux taïwanais suffit pour le ranger de facto sur la liste de ports de complaisance.

Mais l?adhésion à la Commission des Thons de l?océan Indien et à la Commission on the Conservation of Antarctic Marine Living Resources, l?installation en 2005 d?un réseau de suivi des mouvements de bateaux de pêche, la promulgation imminente du Fisheries and Marine Resources Act n?ont, semble-t-il, pas suffi pour rassurer l?UE. C?est l?un des facteurs déterminants dans la conclusion d?un accord de partenariat économique. La diplomatie mauricienne a du pain sur la planche.

Publicité