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Défi relevé pour Christophe Gérard

27 avril 2008, 00:00

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Jeudi 27 mars - Enregistrement

Nous prenons la route à vélo pour Knysna pour récuperer notre registration pack. Deux heures de route « aller », et deux heures « retour ». Nous rencontrons de grosses pointures du VTT mondial telles que Tom Rytchey et Bart Brentjens, nous sommes un peu impressionnés, mais n?hesitons pas à prendre quelques photos.

Vendredi 28 - Prologue

Apres deux heures de route, à nouveau, nous arrivons sur le waterfront de Knysna. En fait, le départ du prologue se trouve à 10 km de cet endroit, nous roulons en guise d?échauffement, nous avons un peu la pression, du fait que nous ne savons pas exactement où est le départ. Nous roulons à block, et finalement arrivons dans les temps pour prendre le départ de cette magnifique course.

Samedi 29 - 1re étape

Nous avons trouvé un bed & breakfast sur Knysna pour la nuit et donc sommes à l?heure pour le grand départ à sept heures du matin. Il fait frais (tant mieux), il y a beaucoup de monde sur le waterfront, nous sommes relativement impressionnés. Mais bon, ça va aller.

Nous sommes dans le groupe open, à l?arrière, mais pas de souci, nous sommes là pour participer. Les montées commencent à se pointer et nous dépassons pas mal de concurrents, sans nous presser toutefois. Nous roulons à notre rythme.

Apres une quarantaine de kilomètres, Mathieu montre des signes de faiblesses. Je me dis que c?est le stress et de ne pas me casser la tête. Je le pousse un peu et l?encourage. Puis il commence à vomir? je vous passe les details. Je me rends compte qu?il va mal. Nous rencontrons une moto médicale à 15 km du 2e ravito (80 km) qui nous conseille de rouler tranquillement jusqu?au point d?eau afin de voir les médecins? Bref Mathieu est complètement déshydraté, les médecins lui posent un drip et je continue seul et termine l?étape déçu, surtout pour Mathieu. Finalement mon coéquipier est en clinique. Je le retrouve en fin de journée, il n?est pas bien, le moral en prend un coup.

L?organisation est, en revanche, extraordinaire : des douches chaudes sur un camion, des toilettes, une super grande tente pour le dîner, clinique, atelier, stand de lavage de vélo? rien a dire, ce sont des pro !

Dimanche 30 - 2e étape

Roulant maintenant en individual rider, je prenais chaque départ dans la zone open (à l?arrière). Pas de problème pour moi, je veux juste terminer la course. Cette étape est redoutable, elle fait 137 km mais avec un mur au 102e km. Comme chaque matin à partir de là, je vais mettre 1h30 (sur le vélo) à me réveiller musculairement. J?ai mal aux genoux (tendon rotulien) mais après ce temps « d?echauffement », je commence à rouler correctement et progressivement, je remonte les participants. Arrivé au km 98, je crève la roue avant, ayant du produit dans mon tubeless Michelin, je reglonffle rapidement et continue, 2 km plus long, le pneu est de nouveau à plat et doit réparer? pas trop grave, je mets une chambre à air et arrive au pied du mur? une ascension terrible où beaucoup de vététistes marchent. Mes capacités techniques me permettent de rouler (doucement) sans poser le pied. Ce qui me fait doubler beaucoup de participants. La descente de l?autre côté du mur est aussi pentue et là encore, la technique est à mon avantage. Je me régale. En passant les concurrents, on peut sentir la forte odeur de plaquettes de frein qui « brûlent ». Moi, je « trace » !

Arrivé en bas de la descente, au dernier point d?eau, ma roue avant se redéglonfle et je dois encore une fois changer de chambre à air. Je repars, content de savoir qu?il ne reste que 15 km. Je finis mon étape fier de moi. C?est la 1re fois que je fais un aussi long et dur parcours. Mathieu et Roy (Roy Erasmus est notre team manager) m?attendent sur la ligne d?arrivée, ils sont tout heureux de me voir terminer l?étape en état. Roy s?occupe du lavage de mon vélo pendant ce temps, Mathieu me dirrige vers nos tentes. J?ai droit à un traitement de faveur de la part de mes deux partenaires.

Lundi 31 - 3e étape

Départ relativement plat sur 20 km, ça roule bien, mais dès la 1re dificulté, je vois que mon corps ne veut pas donner comme je le voudrais. Je ne panique pas et espère que ça passera. Arrivé en haut du col, je me repose 5 mn et repars tranquillement en attendant de meilleures sensations. Ensuite, le parcours est valonné, je vais de mieux en mieux. Une longue descente sur l?arrivée (sur la route) avec pas mal de vent de côte. Durant cette étape, je développe une tendinite du tendon d?Achile droit. Je suis parti à la clinique de la course et j?ai droit à trois comprimés pour calmer la douleur. Je ne suis pas trop inquiet vu que pas mal de personnes développent ce genre de chose. De voir des coureurs ayant le même genre de problème que moi me rassure.

Mardi 1er avril - 4e étape

Je me pointe à la clinique avant le départ pour me faire faire un strapping et je rencontre le futur vainqueur de la course, je profite de l?occasion pour me faire prendre en photo avec lui ( le Belge Roel Paulissen ).

Le fait d?avoir un strapping me fait prendre un départ tranquille, d?ailleurs, je ne peux pas faire autrement, je n?ai pas de position sur mon vélo, la selle me fait mal et je mets un certain temps à penser à autre chose. Mais bref, j?y arrive et roule comme il faut jusqu?a la fin de l?étape.

Mercredi 2 - 5e étape

C?est une des étapes que je redoutais le plus. 146 km de VTT ouah ça m?impressionne. Mes fesses vont mieux, et je prend cette course avec philosophie, il faut simplement passer par là pour accomplir le Cape Epic. Nous passons dans une portion de terrain sableux, où je tire mon épingle du jeu, je roule « pouce par pouce », ça me motive et je rattrape pas mal de concurents. Je termine en trombe.

Jeudi 3 - 6e étape

Je viens de parler au téléphone avec mes enfants (avant le départ), et l?émotion me monte à la gorge, en plus, ce jour-là, il y a pas mal d?enfants sur le début de course et là, je ressens un manque aigu de ma famille, après avoir lâché quelques larmes sur les terres sèches de mon parcours de combattant, je reprenais de plus belle pour terminer l?étape en forme. Finalement le fait de partir doucement le matin me permet de rester en accélération progressive pour les fins de course.

Vendredi 4 - 7e étape

Nous sommes plus qu?à deux jours de la fin de l?épreuve, les deux dernières étapes sont courtes et le paysage est plus sympa. Le moral est au top. Je fais une belle course, je passe dans des endroits magiques. Je vois les premières vignes, je roule bien et toujours en accélération progressive, malgré les difficultés du parcours. Je suis content et vois vraiment que je serai FINISHER. Je reste concentré sur mon objectif et donc ne prends aucun risque inutile. Je suis un homme heureux.

Samedi 5- 8e étape

Mathieu va mieux, il est parti de bonne heure pour participer à une course de 60 km près de notre prochaine arrivée, et pour moi, le départ est à 8 h 30 (au lieu de 7 heures) ce qui me permet de dormir un peu plus longtemps. Je suis motivé pour donner tout ce qu?il me reste dans le ventre.

Effectivement, dès le depart, je roule comme une bête, doublant les concurents à fond, je sens que j?ai du jus, et je ne me menage pas? Je ne pense qu?à la ligne d?arrivée et suis motivé à mort. Je reste encore une fois concentré afin de ne pas avoir de problèmes, tels que chute et autre crevaison. Je passe la ligne d?arrivée en vainqueur. Oui en vainqueur, j?ai vaincu le Cape Epic 2008 en 56h16?49??. Je suis super fier de moi, il y a beaucoup de monde, c?est un des moments les plus beaux de ma carrière sportive (qui est pas mal remplie)? Ouah, quelle émotion !

Je dédie cette « victoire » à ma famille, mes enfants, à Mathieu et Roy qui m?ont soutenu tout le long de cette épreuve, nos sponsors sans qui je n?aurais jamais pu vivre ces moments magiques, mes amis cyclistes, et tout autres amis qui m?ont encouragé en m?envoyant des sms.

Samedi soir : Soiree de gala

Ambiance très sympathique dans un endroit très beau, un wine estate.

Dimanche 6 - Retour à la case depart, mais en voiture cette fois

Neuf heures de voiture (presque) non stop? pas de commentaires, juste que c?est super long.

Conclusion :

Une formidable aventure humaine. Une épreuve difficile, où il faut toujours regarder devant. Le corps et l?esprit travaillent en relation permanente et où il ne faut pas avoir peur d?aller au bout de l?effort.

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