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? La technique ne suffit pas ?
Six mois se sont écoulés depuis votre dernier atelier de danse hip-hop à Maurice. Est-ce qu?on peut dire que ces jeunes ont évolué depuis ?</B>
On ne peut pas mettre tous ces danseurs dans le même panier. Ils ne sont pas tous danseurs de hip-hop. Certains pratiquent le modern jazz et d?autres styles. C?est pour cette raison qu?ils n?évoluent pas de la même façon et à la même vitesse. J?apprécie leur volonté de toujours vouloir apprendre et bien faire. C?est ça le but du jeu : aller le plus loin physiquement et mentalement.
<B> Y a-t-il des danseurs que vous trouvez intéressants dans ce groupe ?</B>
Il y a des gens très intéressants d?un point de vue technique, mais cela ne fait pas d?eux forcément des danseurs. La technique ne suffit pas, il faut savoir s?adapter à toutes les situations.
<B>Quel est le but de la «battle» que vous organisez aujourd?hui ?</B>
La «battle» est une compétition et en même temps un show. C?est une étape dans la formation d?un danseur de hip-hop. C?est aussi le meilleur moyen de motiver ces jeunes, les mettre l?eau à la bouche. Pour nous, c?est très facile d?organiser des «battle», car nous sommes des professionnels et j?espère que les jeunes seront à la hauteur.
<B>Qu?avez-vous fait ces six derniers mois?</B>
Plein de choses. J?ai monté des spectacles en Afrique et j?ai aussi organisé des auditions pour le Cirque du Soleil avec lequel je travaille aussi. J?ai passé plus de temps sur les routes qu?à la maison.
<B> Pensez-vous revenir à Maurice ?</B>
J?aimerais bien revenir pour poursuivre le travail et créer quelque chose de bien avec tous ces jeunes qui ont la soif d?apprendre. Un projet de cette envergure nécessite deux à trois années de travail.
<B>La battle</B>
La pression monte, les corps s?échauffent et tous les participants de l?atelier de danse d?Eric Mezino se préparent pour la grande «battle» d?aujourd?hui à 16 h au Mahatma Gandhi Institute à Moka. Les billets sont à Rs 250 et Rs 50 pour les moins de 25 ans et sont en vente aux endroits suivants : Centre Charles Baudelaire à Rose-Hill, Centre Culturel d?Expression Française à Curepipe, Campus France (ex-CIFOD) à Port-Louis, et à travers le Rézo Ôtayô (466 9999).
<B>Mathieu Joseph
Le hip-hop dans le sang</B>
Mathieu Joseph n?a que 16 ans, mais fait déjà figure d?ancien au sein de la communauté hip-hop locale. C?est sa deuxième participation à l?atelier de danse d?Eric Mezino et il compte en profiter au maximum. Mathieu Joseph, originaire de Curepipe est un mordu de danse et en a fait son métier. Inspiré par le hip-hop depuis son enfance, Mathieu Joseph a exploré différentes danses pour créer un style à la fois fluide et félin. Il mélange créativité, beauté et diversité des mouvements.
Membre fondateur du groupe de danse Cyberstep Breakers, Mathieu Joseph a débuté le hip-hop à l?âge de 11 ans. Sa première rencontre avec cet univers s?est faite à travers les clips à la télévision. Il s?est ensuite mis à danser. Encouragé par son grand frère, il s?entraîne tous les jours. «La danse, c?est toute ma vie. J?aime le hip-hop mais j?ai dû apprendre d?autres styles pour travailler comme danseur à Maurice. On ne peut pas vivre du hip-hop ici. Cette culture est toujours associée au gangsta rap. Mais ce sont deux mondes complètement différents. Les danseurs de hip-hop ne sont pas tous des gangsters. Le hip-hop est sain,» confie un jeune qui en a marre de tous ces stéréotypes associés au hip-hop.
<B>Valérie Viile
La persévérance </B>
Dans un univers majoritairement constitué d?hommes, Valérie Viile, 28 ans, vit sa passion pour le hip-hop. «Je suis aussi à ma deuxième participation au stage d?Eric Mezino. On dit souvent que le hip-hop n?est fait que pour les hommes mais je ne suis pas de cet avis. Les femmes peuvent être aussi bons que les hommes et c?est pour cette raison que je m?entraîne. Je trouve que le hip-hop est un style qui me va bien,» confie Valérie Viile. Cette jeune femme, originaire de Rose-Hill, au caractère bien trempé est danseuse à l?hôtel. Elle suit les instructions des moniteurs du stage à la lettre. Malgré de nombreux ratages et des mouvements inexacts, la jeune fille ne désespère pas et recommence à chaque fois. Elle est motivée à bloc et «c?est de cette façon qu?on devient un bon danseur. Il suffit de s?entraîner beaucoup», explique Valérie Ville.
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