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Anne a sa place
Elle l?a fait. Le tour de l?île. S?immerger dans les fêtes religieuses. Tremper ses pinceaux dans la palette du lagon. En deux ans, Anne Delplace a régulièrement posé ses valises chez nous. Au point d?avoir passé l?an dernier plus de temps à Maurice qu?à Aix en Provence.
La peintre en garde encore l?émerveillement des premiers matins. L?éveil aux couleurs. Des yeux éblouis par l?éclat de la lumière. Ce frisson qui court sur la peau quand le vent qui passe fait danser des noix de coco.
Alors son premier jet, Anne Delplace a eu envie de l?exposer. Son Maurice à elle transcrit dans une trentaine d?aquarelles et d?acryliques sur toile, qui seront visibles du 4 au 20 avril à la galerie municipale Malcolm de Chazal à Curepipe.
Un autre regard ? Anne Delplace n?affiche aucune prétention pour cette première exposition à Maurice. «Je ne cherche pas à montrer quelque chose de spécial. Je fais ce que je vois.» Oui, c?est un ?il d?Européenne. Oui c?est une sensibilité de touriste. Oui les sujets ont été souvent exploités : des hibiscus, le Morne, le lagon de Flic-en-Flac. Elle assume. Et se concentre plus sur l?émotion qui précède, qui déclenche même l?envie d?empoigner ses pinceaux.
Pour rendre un Morne «classique», de face en aquarelle, puis une vue à l?huile, prise d?un terrain de golf situé au pied de la montagne. L?ensemble respire ce côté intemporel des cartes postales. Des instantanés de bonheur, immortalisés par temps de grand soleil. Et si la fleur est éphémère, les tableaux d?Anne Delplace paradoxalement, portent peu de traces du présent. Des travers du quotidien. Il n?y a pas un cheveux qui dépasse des coiffures des pèlerins. Pas de pétales chiffonnés ou seulement touchés par la pluie. Dans cet univers là, tout est paisible. Tout semble facile. Tout va bien.
Le peintre explique que, «c?est un début de travail». Qu?au fil des mois, sa palette s?est intensifiée. De «calme et pâle», elle a foncé au contact du soleil tropical. Celui auquel «on est pas habitué» quand on vient d?Aix-en-Provence.
Au petit côté «tableaux pour touristes», Anne Delplace ? qui a ouvert son école de peinture depuis novembre à Flic-en-Flac répond, «cela m?est égal, le tout c?est d?interpréter, de rester authentique. Ces thèmes, peut-être que je ne les peindrai jamais plus après. De toute façon, je ne travaille pas pour la vente. Si on me demande de refaire un tableau, je refuse. Si on ne fait pas attention au métier d?artiste, on devient vite décorateur. J?évite ce choix là autant que possible».
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