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Sombrer dans le noir ?

31 mars 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Délestage. C?est un terme dont beaucoup ignorent encore la signification mais qui pourrait bientôt rentrer dans le vocabulaire courant des Mauriciens. Il désigne des coupures volontaires d?électricité pour des périodes assez courtes affectant, tour à tour, toutes les régions. Ce procédé est utilisé quand la quantité d'énergie produite est inférieure à la consommation. Il existe des indications que Maurice serait confrontée à une telle situation à l?horizon 2010.

Il est assez facile de comprendre pourquoi la situation est devenue inquiétante. Avec une croissance économique de 6 % par an, il faut prévoir une augmentation de la demande en électricité de l?ordre de 15 à 20MW annuellement. Or, aucune nouvelle centrale ne sera créée avant plusieurs années. Le gouvernement n?est pas allé de l?avant, non plus, avec l?application du «Time of Use» qui aurait encouragé les usines à rouler le soir afin de faire baisser la demande nationale aux heures de pointe.

Le projet de «CT Power», destiné à ajouter 55MW au réseau, n?a toujours pas obtenu les autorisations officielles. A sa dernière réunion, vendredi dernier, le Conseil des ministres a décidé de solliciter «les services d?un consultant indépendant afin de revoir le rapport EIA?» Donc, les incertitudes demeurent concernant ce projet malaisien.

Les trois dernières centrales qui se sont connectées au réseau du CEB ont toutes été mises en chantier sous l?ancien gouvernement. Il s?agit de CTDS (30MW), CT Sav 1&2 (74MW) et St-Louis (40MW). Les dirigeants actuels ont non seulement bousculé le calendrier des sucreries qui voulaient construire des centrales, mais semblent maintenant refroidis par rapport à la centrale à charbon que les Malaisiens veulent construire à Pointe-aux-Caves. La solution ne serait-elle pas de lancer un appel à propositions («request for proposals») pour mettre en compétition plusieurs fournisseurs d?électricité, plutôt que de se fier au seul groupe malaisien qui s?est présenté, rappelons-le, sans être sollicité ?

Quant aux sucriers, ils avaient initialement prévu quatre unités de 45 MW. Ensuite, il y a eu les péripéties du mélodrame suscité autour de la «Multi Annual Adaptation Strategy» (MAAS). Le CEB et le ministère des Services publics avaient argué que si ce plan était appliqué, le secteur public allait avoir des capacités inutilisées qui lui coûteraient très cher. Les sucriers ont donc proposé de construire seulement deux centrales de 45 MW, l?une à Savannah et l?autre à Fuel. Mais, là aussi, les autorités attendent le verdict d?un arbitre indépendant avant de donner leur feu vert au projet. L?expert sera chargé d?évaluer les contrats signé par l?Etat et les producteurs privés dans le passé. Pour l?heure, cet arbitre n?a même pas été identifié.

Au plus fort de la crise Etat-sucriers, les responsables du CEB promettaient une baisse imminente des tarifs d?électricité. Aujourd?hui, la priorité n?est même pas le coût du KWh. Il s?agit tout simplement d?assurer la fourniture du courant.

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