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Un cadre qui s?assume pleinement
Autant certains continuent à se dire apolitiques malgré le fait qu?ils aient accepté un poste public, autant Anu-radha Appadoo, dite Vimi, très élégante dans un ensemble tunique et pantalon en lin bleu ciel, ne craint pas que l?étiquette rouge lui colle à la peau. «Je suis prête à accepter l?étiquette rouge.»
Tout comme elle n?hésite pas à faire état de sa proximité avec Rajesh Jeetah, ministre du Commerce. «Si j?ai accepté le poste, c?est certes par allégeance envers le Parti travailliste mais aussi parce que j?ai confiance en Rajesh Jeetah qui est un ami de la famille. J?ai travaillé avec lui sur certains dossiers bien avant qu?il n?ait été élu et nommé ministre. Nous partageons les mêmes valeurs et principes et je m?associe sans crainte à une personne comme ça.». Cette assurance qui s?exprime par des «j?adore» sonores quand elle apprécie quelque chose et des «j?ai horreur de» emphatiques quand quelque chose lui déplaît, est un trait de caractère prononcé chez elle.
Cette native de Quatre-Bornes, née Venkatasamy, a toujours eu pour modèle, son père Rajoo, qui gérait sa propre entreprise de construction. Celui-ci n?arrêtait pas de répéter à ses filles qu?elles devaient «foncer et se débrouiller dans la vie». Vimi a également toujours eu sous les yeux l?image d?une mère très indépendante car celle-ci tenait une quincaillerie.
C?est au Collège Lorette de Quatre-Bornes que Vimi complète sa scolarité secondaire. Voulant un jour être à son compte comme ses parents, elle quitte le pays et va étudier pour décrocher un Bachelor of Arts en Business Studies à la Ealing University de Londres en Grande-Bretagne. «C?était un sandwich course où j?étudiais six mois et je travaillais six mois», précise-t-elle. Son stage pratique en tant qu?attachée au directeur de production, elle l?accomplit dans une entreprise fabricant d?immenses sacs en jute destinés à contenir du sucre. Le principal client de l?entreprise est Tate and Lyle.
Vimi passe cinq ans en Grande-Bretagne. Si elle ne va pas jusqu?au Master in Business Administration qui l?intéresse pourtant, c?est par considération pour ses parents. «Mes deux s?urs étaient en Grande-Bretagne et je ne voulais pas que mes parents soient seuls à Maurice. Je me suis dit que le MBA pouvait attendre.»
<I>«La formation Dale Carnegie permet d?avoir la bonne approche, de respecter les opinions, de ne pas voir le côté négatif des choses.»</I>
Deux mois après son retour au pays, elle obtient un emploi en tant que shipping executive à la Mauritius Shipping Corporation qui vient juste d?acheter Le Mauritius Pride. Elle est responsable du service passagers, tout en faisant de l?administration et du marketing. Emploi qu?elle «a adoré notamment en raison du frottement avec l?équipage».
Au bout de trois ans, elle se voit offrir une meilleure opportunité par la National Housing Development Company qui la recrute comme marketing executive. Elle a la charge des projets de logement pour la classe moyenne. Sa promotion trois ans plus tard comme estate manager n?est pas de tout repos. Elle a notamment la charge d?instituer les syndics, de s?occuper de leur gestion pendant un an avant de passer la main à une équipe de résidents. C?est justement là où les choses se corsent. «Quand ça va mal, on met tout sur le dos la NHDC.» Vimi commence alors à recevoir des menaces par courriers anonymes.
Ce qui ne l?intimide pas du tout car elle demeure à son poste pendant quatre années supplémentaires. Sa nature est telle que, lorsqu?elle a le sentiment qu?elle stagne, elle s?en va. En octobre 2001, elle quitte la NHDC pour prendre le poste de sales and marketing manager à La Prudence. Le secteur des assurances lui étant inconnu, Vimi se familiarise à l?Insurance Act et à tout ce qui a trait à son emploi. «Je venais chapeauter une équipe de commerciaux dont certains étaient là depuis plus de 15 ans.»
Ce qui lui permet de man?uvrer plus facilement, ce sont les connaissances acquises l?année précédente concernant la gestion des ressources humaines selon Dale Carnegie. «La formation Dale Carnegie permet d?avoir la bonne approche, de respecter les opinions, de ne pas voir le côté négatif des choses. Le fait de posséder de tels outils m?a permis de mieux gérer la situation et de les win on board. Et puis, j?étais nouvelle. C?était à moi de faire mes preuves.» Elle est toujours employée chez La Prudence.
En 2006, cette femme mariée à Steve Appadoo, médecin généraliste, et mère d?une fille de 15 ans et d?un fils de sept ans, décide de lancer son entreprise qu?elle nomme The Competency Co. Ltd et dont l?objectif est de représenter localement Dale Carnegie. «Nous organisons des cours de formation de Dale Carnegie. Des fois, je les anime. À d?autres moments, je fais venir des formateurs d?Afrique du Sud.» Elle est toutefois consciente que sa compagnie ne tourne pas autant qu?elle le voudrait du fait qu?elle ne s?en occupe que partiellement. «J?adore tellement ce que je fais à La Prudence que je ne suis pas prête à lâcher ce que j?ai pour aller m?occuper de ma compagnie.»
Elle a vu en l?offre du poste de chairperson de la STC un défi à relever. «Je voulais avoir une influence sur l?administration d?un corps parapublic.» Au début, elle reconnaît avoir eu du mal à se faire au secteur public. «Je suis rentrée dans un bazar. Étant donné que j?ai toujours été dans le secteur privé, c?était difficile pour moi de comprendre comment les dossiers tardent à arriver, comment les gens ne sont pas proactifs dans leur approche ou encore la quantité de procédures en place.» Elle finit par s?y faire. Son rôle, souligne-t-elle, est de s?assurer que «toutes les décisions prises par le Board sont intègres et dans l?intérêt du public et du ministère de tutelle».
<I>«Son père n?arrêtait pas de répéter à ses filles qu?elles devaient foncer et se débrouiller dans la vie?.»</I>
Il y a eu de nombreuses critiques autour de la gestion de plusieurs dossiers par la STC. Vimi ne croit pas qu?elles soient fondées. «Ce n?est qu?une perception. Les gens ne se rendent pas compte comment la STC est gérée. Je ne dis pas que c?est parfait mais je dis qu?il faut voir l?effort que tout le monde y met. C?est tellement facile de critiquer.» Il se peut que la STC communique mal ? «Could be.»
Vimi ne se voit pas faire de la politique active. Du moins pas pour le moment. «Tout dépend de mes engagements. Il y a trois ans, le PTr m?avait proposé d?intégrer l?aile féminine. À ce moment-là, je faisais mon MBA. Aujourd?hui, j?ai mon emploi, mes enfants. Je vois comment Rajesh n?a pas le temps pour sa famille? Tout dépendra à quel moment l?offre vient. Je laisse les portes ouvertes.»
La jeune femme n?a pas que son métier, sa famille ou la présidence de la STC. Elle est aussi assistante secrétaire de l?Association des Femmes Chefs d?entreprises et project leader dans le core team de Women In Networking. Comment fait-elle pour jongler avec toutes ces responsabilités ? «Beaucoup d?échanges avec ces organisations se font par e-mail quand les réunions n?ont pas lieu en soirée. J?ai horreur des gens qui ne planifient pas leur emploi du temps. Je me lève tous les matins à 5 heures et je réponds à tous mes mails. Mes rendez-vous pour la semaine sont déjà notés. Il y a certes des imprévus mais trop d?imprévus déséquilibrent ma journée. Le tout est une question d?organisation, de planification?»
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