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«Advance» juge le GM de 1982/83
La fête nationale 1983. Bonne occasion pour le journal Advance, que l?on sait, à présent financé, avant son crash, en avril 1984, par Air Mauritius, à la requête de son fondateur, via les commissions spéciales, accordées en principe à Rogers Aviation mais revenant mystérieusement dans ses caisses noires (à ne pas confondre avec les boîtes de même couleur mais en fait orange et plus voyante) de commenter les neuf premiers mois du gouvernement MMM-PSM. Un mystérieux Marc Emile se colle à cet exercice scrutateur sinon inquisiteur. D?emblée, il signale que les deux mots les plus utilisés par le nouveau gouvernement sont «héritage» et «changement». Comme quoi, rien ne change, à Maurice, même à un quart de siècle d?intervalle.
L?héritage laissé par le dernier gouvernement de Seewoosagur Ramgoolam est qualifié par son successeur MMM-PSM de «catastrophique», tout comme l?est celui du gouvernement MSM-MMM au 3 juillet 2005, au dire du gouvernement de Navin Ramgoolam et satellites. Ce catastrophisme trouble Marc Emile qui préfère parler de «lourd héritage». Pas de réserve, en revanche, pour le «changement» qui paraît incontestable même pour le pire.
Seewoosagur Ramgoolam, courtisant ouvertement Anerood Jugnauth, on voit mal son journal critiquant celui que son fondateur appelle au secours pour contribuer à la campagne de mobilisation de son PTr en pleine déconfiture, depuis le 11 juin 1982. Marc Emile, ne pouvant dire le mal qu?il pourrait penser de Jugnauth, s?interdit d?en dire du bien. Il passe directement, non pas au No 2, le vice-Premier ministre, Harish Boodhoo, si bien informé et si coopératif, mais au No 3 du régime, à savoir Paul Bérenger, Premier ministre suppléant inoubliable du 4 au 9 mars 1983, tandis que Boodhoo joue à la personne alitée mais tenant conférence de presse et dénonciation.
Bérenger, ministre des Finances, avant le 11 juin 1982, du gouvernement fantôme MMM-PSM, ne peut prétendre, commente Emile, ignorer l?héritage financier, catastrophique ou lourd, qu?il recevra de Ringadoo, père. Ce dernier répondait aux questions parlementaires à ce sujet (As far as I know, I don?t know) et avait même publié, avant de passer la main, un état des obligations de Maurice auprès du FMI et de la Banque Mondiale, sans doute pour faire savoir que seule une poigne d?acier (?) peut tenir un poêlon aussi chaud.
L?héritage n?est d?ailleurs pas si lourd ni catastrophique que cela puisque Bérenger conserve à leurs fonctions les plus proches collaborateurs de Ringadoo, père. Bérenger s?est montré inflexible sur la compensation salariale. Jugdish Joypaul, qualifiée de «tête fêlée» après une usurpation de micro, en sait quelque chose. Semblable à tant d?autres, Bérenger revient rarement sur une de ses décisions. Changement il y a, avec l?introduction de la Sales Tax et la réduction des subsides sacrés sur le riz de ration et sur la farine. Changement encore avec la remise de Rs 57 millions sucre exporté, taxe pourtant supprimée, après le départ de Bérenger du ministère des Finances. Marc Emile emprunte sa conclusion à Anerood Jugnauth qui vient d?avouer que son parti, le MMM, a embêté les ti-dimoune.
Harish Boodhoo, ministre de l?Information et des Coopératives. Deux ministères insignifiants mais que rehausse le titre étrenné de vice-Premier ministre (titre quadruplé depuis le 3 juillet 2005, au mépris de notre constitution). Changement ici au niveau des hauts cadres avec le limogeage immérité de Matou Delaître. Boodhoo dit le plus grand bien, au départ, de Gaëtan Essoo, au dire de Marc Emile. Depuis, il en dit le plus grand mal, cause d?un remue-ménage, nuisible à la direction de la MBC. Marc Emile essaye mais vainement de dire du bien du ministère des Coopératives. Il avoue éprouver de la sympathie pour Boodhoo que lèse le comité central du MMM au profit de l?incontournable Bérenger.
Kader Bhayat, ministre du Commerce, des Prix, des Consommateurs mais pas de l?Industrie. C?est tout dire alors que la priorité des priorités est la relance de la ZF. Gaëtan Duval et Kadress Pillay le prouveront et dès septembre 1983. Il (Bhayat) crée la State Trading Corporation. Le projet figure toutefois parmi les promesses travaillistes. Il y a loin de la promesse à la réalité. Marc Emile les prend pourtant à contre-pied en trouvant la ZF «bien planifiée». La hausse des prix de 1982-83 ressemble à s?y méprendre à celle de 2008 mais dans une moindre mesure. C?est tout dire. Au moins le prix des lentilles diminue en 1982-83, Marc Emile dixit. Bhayat semble en désaccord avec Bérenger au sujet de la vérité des prix. Mais que peut quelqu?un en désaccord avec Bérenger ? Des ministres MMM-PSM continuent, comme ceux du PTR, à aller négocier l?achat du riz de ration et de la farine. N?est pas Cuttaree qui veut. Au dire de Bhayat, le GM économise, en 1982-83, Rs 70 millions sur ces achats. Vive la litigieuse farine chinoise anti-tibétaine, se serait exclamé Jeetah. Le Ti-dimoune continue toutefois à payer la livre de riz et de farine là-haut Re 1.25. (A suivre)
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