Publicité

Les motifs d?une dissidence

18 mars 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

La révocation du ministre des Affaires étrangères est un événement qui s?inscrit dans le cours normal des choses. Ce qui est moins prévisible, c?est la configuration future de l?opposition. L?arrivée de Madan Dulloo dans ce camp ne fait que compliquer une situation déjà assez embrouillée pour elle.

Le départ de Madan Dulloo de l?Alliance sociale était programmé. Il était évident que le Premier ministre, s?il voulait continuer à asseoir son autorité, n?avait d?autres choix que de congédier le ministre dissident. D?ailleurs, celui-ci a tout fait pour ne pas laisser de marge de man?uvre au leader de la majorité. Provocant, il déclarait publiquement, dimanche, que «tout est possible ces jours-ci» et que son comité national lui a donné «carte blanche pour établir des contacts avec d?autres partis». En 1994, il avait été révoqué par Anerood Jugnauth pour un comportement similaire. Il le sait bien : aucun Premier ministre ne peut tolérer qu?un de ses ministres annonce des contacts avec des partis du camp adverse.

Il n?empêche que les raisons qui ont conduit Madan Dulloo à s?aventurer dans l?inconnu demeurent obscures. Une première explication tient au fait qu?il ressentait comme une profonde humiliation dans la manière de faire du Premier ministre. Celui-ci opposait une fin de non-recevoir à chacune de ses demandes pour un rendez-vous. Il est vrai que le chef de gouvernement voit ses ministres chaque vendredi, mais son autoritarisme, paraît-il, les force à être le moins loquace possible au cabinet.

Sur plusieurs dossiers, Madan Dulloo n?a pas pu faire prévaloir ses points de vue. Il a vécu, plus mal que d?autres, ce mode de fonctionnement du pouvoir dans lequel les ministres se voient réduits au rôle d?exécutant d?une politique élaborée par l?entourage du Premier ministre. Par exemple, l?accord entre les sucriers et l?Etat avait été négocié sans la participation du ministre des Finances ni celle de son collègue de l?Agro-industrie. Le leader de l?opposition les avait qualifiés, à cette occasion, de «redundant ministers».

Une deuxième hypothèse pourrait expliquer le coup d?éclat de Madan Dulloo. Elle repose sur les ambitions que l?on attribue au député. Aurait-il été tenté de faire le saut parce qu?il estime qu?il a une chance d?occuper le poste suprême en cas d?alternance?

On verra un peu plus clair dans la pensée de Madan Dulloo après sa conférence de presse de ce matin. Mais les plans de l?opposition, resteront, eux, brumeux. Tout ce qu?on sait, c?est que le projet d?alliance entre le MMM et le MSM est désormais une éventualité très improbable. Le MMM ira vraisemblablement aux élections en tant que «very senior partner» d?une alliance qui réserverait dix tickets à de petits partis. Mais là où les choses se compliquent, c?est dans la désignation du Premier ministre de cette alliance. Aucun pronostic ne peut être effectué, à ce stade. A moins que Madan Dulloo ne nous donne une piste ce matin.

Publicité