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Quel navet !

17 mars 2008, 00:00

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Quelle absurdité. Décerner des prix à des court-métrages que pas grand monde n?a vu. A part les membres d?un jury. Voilà le mauvais film que nous a montré la «Mauritius Film Development Corporation» (MFDC) vendredi.

«Ce n?est pas encore finalisé». La réponse est quasi systématique, pour ne pas dire mécanique. C?est en tout cas celle de Kamla Ramyead, directrice de la MFDC quand on l?interroge. Sur quelque sujet que ce soit. Dans ce cas particulier, sur la date de diffusion des courts-métrages que le jury de l?édition du concours 2008 a choisi d?encenser.

Que dire de la frustration des réalisateurs. Les mauvaises langues diront, bien sûr, ce sont des mécontents. Ils n?ont pas eu d?«award».

Mais prêtons un moment l?oreille. Et ils marqueront un point. Ce qu?ils demandent : «montrez nous l??uvre qui a été primée pour que nous puissions apprendre d?elle. Pour que nous puissions nous rendre compte par nous-mêmes de la valeur de film qui a raflé pratiquement tous les prix ? meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure bande son, meilleure photographie, meilleur acteur».

Le cinéma à Maurice est, nous ne le savons que trop, un milieu difficile. Dans beaucoup de cas, les réalisateurs produisent des films un peu comme des produits dérivés de leur activité professionnelle, que ce soit dans une agence de publicité, ou dans un studio où l?on fabrique des clips, notamment pour les artistes locaux. Motivés par l?unique passion, ces réalisateurs investissent dans un créneau qui, ils le savent d?avance, n?est pas porteur économiquement.

Motivés par l?unique passion, ils se présentent au concours de la MFDC. Il y a même ceux qui disent tout haut que sans concours de ce type ils n?auraient jamais fait de film. Car, les réalisateurs le reconnaissent aisément, ils sont dépendants du fonds d?aide à l?écriture : Rs 75 000 pour les documentaires et Rs 100 000 pour la fiction. Dépendant de la MFDC et de son influence pour que les films soient diffusés à la MBC. Et que livrés à eux-mêmes, aller démarcher la MBC et lui vendre un film, ressemble à un parcours du combattant qu?ils ne savent même pas par quel bout prendre.

Dans pareil contexte, on peut faire l?économie d?une polémique. L?économie d?une frustration de plus dans le milieu artistique. Car la non-diffusion des fictions retenues par le jury risque de prendre des proportions qui dépassent le cadre strictement artistique.

Car quel est le signal envoyé ? Quand on plante les germes de la suspicion. Il y a ceux qui se demandent si les films ont vraiment été soumis à temps. Est-ce que les critères de choix ont été transparents ? Ce secteur est plein de bonnes volontés. De créativité qui ne demande qu?à s?épanouir.

Quand on sait que tout cela ne tient qu?à une diffusion ? que ce soit lors d?un festival ou sur les chaînes de la MBC ? on se demande pourquoi tant tarder pour finaliser cela. Surtout pour un concours qui a été lancé en décembre dernier. Depuis, les organisateurs n?ont-ils pas pu discuter grille de programme ? Cases horaires ? Au mieux c?est de la négligence, au pire?de l?incompétence.

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