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Court toujours

17 mars 2008, 00:00

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L?image vaut son pesant d?or. «On est comme des gagnantes d?un concours de beauté mais on ne s?est jamais vu». Propos de Stéphane Bellerose, interrogé sur le palmarès du concours de court-métrages organisé par la Mauritius Film Development Corporation (MFDC).

Si le verdict est tombé vendredi, à part les membres du jury de ce concours, la qualité des films, leur poids en émotions, leur pertinence par rapport au thème choisi : Nou pays, nou fierté, restent abstraits pour le grand public. Une situation qui n?évoluera pas tant que ces court-métrages n?auront pas été diffusés sur les chaînes de la MBC.

C?est donc Wassim Sookia, avec Rouzblezonnver qui rafle la mise dans cinq catégories, dont celle de meilleur réalisateur (voir hors-texte).

Récompenses après un tournage difficile, pour ce réalisateur «très satisfait de cette grande réussite». un film qu?il a rendu à la onzième heure de la date limite de soumission des films, repoussée du 29 février initial jusqu?au 11 mars.

Vingt fois la même prise

Wassim Sookia exigeant. Il le reconnaît. «Je suis allé jusqu?à 20 prises pour la même scène». Recommencer jusqu?à «ce que j?obtienne ce que je veux. Après je m?en rends compte au montage, je le vois aussi dans les yeux des acteurs». Un perfectionniste qui parfois s?est retrouvé bien seul (en tout cas à quatre personnes) sur le plateau. «je ne regardais même pas dans la caméra, j?allais tenir le réflecteur à côté des acteurs et je revenais plus tard voir ce que cela donnait.»

Une passion de l?image soignée, en tout cas bien faite qui remonte à ses 11 ? 12 ans, «quand je filmais des mariages avec mon père. Il y avait toujours un moment où il me laissait tenir la caméra et où je faisais des plans, où j?essayais des choses. Réussir un plan, c?est ce qui me motive pour faire des films.»

Wassim Sookia est un habitué des concours de la MFDC. Il le dit tout net : il ne fait des films que pour les concours de la MFDC. Un choix qu?il explique par son envie d?être vu. «Cela ne sert à rien de faire des films en dehors des concours et puis cela reste là dans des tiroirs».

En 2002, il décrochait le prix du meilleur projet d?écriture, du meilleur scénario et du meilleur film dans la catégorie professionnelle avec Tanga. Le même film lui a valu la médaille de la Fédération française de cinéma et de vidéo du festival de Mesnil-le-Roy, en sus d?être présenté en sélection officielle à l?île de Groix au festival international du film insulaire. «La première fois que j?ai voyagé de ma vie, c?est grâce à mon film». le réalisateur a aussi tiré profit de l?aventure Eros en 2005, en bénéficiant du fonds d?aide à l?écriture et en obtenant une mention spéciale du jury du festival de Mesnil-le-Roy.

Autre participant récurrent : Stéphane Bellerose. Avec Gavin Coopoosamy et Emilien Jubeau, ils ont décroché le trophée de meilleur scénario pour La ronde du bonheur. «Cela récompense l?histoire la plus belle sur papier, on aurait aimé que ce soit la plus belle à l?écran», affirme-t-il. Invité à décrire la ronde du bonheur, il en parle comme d?un film «philosophique, profond, politiquement incorrect mais pas négatif.» un film à voir «pas sous l?angle patriotique mais qui raconte un pays de tous les possibles.» cette ronde donc prend la forme d?une roupie «avec un c?ur rouge sur la face pile». Une roupie qui passera de main en main jusqu?à ce que la boucle soit bouclée. «C?est surtout une ronde humaine. Les gens sont meilleurs après avoir manipulé la roupie, c?est pas la roupie qui les rend meilleurs».

EXIT LE DOCUMENTAIRE

■ Il n?y a pas eu de compétition dans la catégorie documentaire cette année. La cause : les réalisateurs n?ont pas eu l?autorisation de filmer au Château du réduit, «pour des raisons de sécurité». Il faut savoir que trois réalisateurs étaient en lice dans cette catégorie. Deux d?entre eux ? Leslie Athanas et Tawheed Ramjaun, ? avaient soumis des projets ayant trait au réduit. Des projets qui ont été retenus par la MFDC et qui ont bénéficié de son enveloppe d?aide, c?est-à-dire Rs 75 000. C?est aussi à la MFDC qu?il revenait d?obtenir les autorisations pour le tournage. Chose qu?elle n?a pu avoir. D?où la décision d?annuler purement et simplement cette catégorie.

LE PALMARES

● Meilleur réalisateur : Wassim Sookia ( Rouzblezonn ver)

● Meilleur scénario : Stéphane Bellerose, Emilien Jubeau et Gavin Coopoosamy ( La ronde du bonheur)

● Meilleur acteur : Marcio Isnard (Rouzblezonnver)

● Meilleure actrice : Marie Mylena Lufor (Le chant du dodo)

● Meilleur espoir masculin : Stafford Uppiah ( La ronde du bonheur)

● Meilleur espoir féminin : Vinaya Sungkur (La bourse ou la vie)

● Meilleure photographie : Rouzblezonnver

● Meilleur montage : Rouzblezonnver

● Meilleure bande son : In-Out Productions ( Rouzblezonnver)

● Wassim Sookia.

● Vinaya Sungkur.

● Stéphane Bellerose.

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