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Robert Rivalland : «Gérard Tyack est un fabulateur»

13 mars 2008, 20:00

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Robert Rivalland, ancien cadre de Rogers accusé de complot pour détourner Rs 85 millions au préjudice d?Air Mauritius, nie s?être entretenu avec Gérard Tyack au sujet du financement du journal de Sir Seewoosagur Ramgoolam, Advance. «Je vous confirme que Gérard Tyack ne s?est jamais entretenu avec moi ni à ce sujet ni pour top up le salaire de certains employés? Je ne peux en déduire qu?il n?est qu?un fabulateur.»

L?ancien directeur commercial de Rogers Aviation va même jusqu?à associer son implication par Gérard Tyack, ex-directeur financier et administratif d?Air Mauritius, à son refus de payer une facture de Rs 1,8 million en 2000. «En 2000, j?ai reçu une facture d?un montant de Rs 1,8 million de Gérard Tyack que j?avais refusé de payer malgré son insistance. J?ai donc exécuté à la lettre les instructions reçues de mon Chief Executive Officer, Tim Taylor. Je présume que Tyack était furieux contre moi. Aujourd?hui, avec du recul, je présume que c?est la raison pour laquelle il m?a impliqué dans cette affaire.»

Pour Rivalland, l?argent qui aurait été détourné de la caisse d?Air Mauritius vers Rogers était en fait des commissions dues à cette dernière par la compagnie d?aviation nationale. Il affirme que ces commissions mensuelles de 3 % remonteraient à 1979 et non à 1981, comme évoqué par Gérard Tyack. Selon lui, ces commissions mensuelles devaient servir à promouvoir le trajet Maurice-Londres car la compétition était féroce.

«Air Mauritius avait introduit un Boeing 707 vieux de 18 ans sur le parcours Maurice-Londres alors que la British Overseas Airways Company (BOAC) opérait deux vols hebdomadaires avec des avions flambant neufs du type Tristar. Il n?y avait pas d?autres options que de donner une commission spéciale de 3 % aux agents généraux pour promouvoir une ligne.» Selon Robert Rivalland, Air Mauritius accorde jusqu?à 5 % de commission spéciale à certaines agences de voyages telles Océania et Atom Travel sur la route Maurice-Singapour-Hong-Kong.

«Ces transactions étaient traitées confidentiellement. Concernant Rogers, nous étions agents généraux de BOAC et de South African Airways (SAA). Si ces derniers étaient au courant de ces transactions, nous aurions été dans de sales draps», poursuit l?ancien numéro 4 de Rogers. Il affirme, en outre, qu?en 1984, le directeur général d?Air Mauritius a fait parvenir une lettre à sa compagnie pour mettre fin à l?accord (General Sales Agreement) qui les liait pour des raisons politiques.

«Une telle action était impensable tant Rogers Aviation contrôlait tout. Vouloir est une chose et pouvoir en est une autre. Air Mauritius, en la personne de Sir Harry Tirvengadum, et Jean Ribet, directeur général de Rogers Aviation se sont rencontrés et prirent la décision que tous les accords pris antérieurement chez Rogers continuent à exister.»

Robert Rivalland d?ajouter que le terme «commission spéciale» était utilisé pour décrire tout paiement fait par-dessus la commission normale aux agents. Les autres termes utilisés, selon lui, étaient over-riding commission, incentives, service fee, ou super commission. Il précise qu?il a endossé le premier chèque d?Air Mauritius en 1990, à la demande de Jean Ribet. Cette pratique aurait perduré jusqu?en 1999 quand Tim Taylor, le Chief Executive Officer d?alors, lui aurait confirmé que l?accord entre la compagnie d?aviation nationale et Rogers n?existait plus.

Par ailleurs, le Route Manager d?Air Mauritius, Ramchandarsing Jaddoo, a affirmé, hier, qu?il communiquait le chiffre d?affaires sur le trajet Maurice-Londres et Maurice-Afrique du Sud à Gérard Tyack sur une base mensuelle. Ce dernier lui aurait déclaré qu?il avait besoin de ces chiffres pour calculer une commission payable à Rogers. Selon lui, le paiement de cette commission était une pratique courante. «Elle était payée à des General Sales Agents (GSA). Ces derniers représentent la compagnie d?aviation et promeuvent les destinations qu?elle dessert. Le GSA pouvait obtenir des commissions spéciales aussi bien que des overriding commissions?, appelées commissions spéciales, ou incentive commission.»

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