Publicité

Courts métrages :Pas de cinéma au Réduit

4 mars 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Attention secret défense. Pas de caméra au Réduit. Résultat, il n?y aura pas de documentaires au concours de courts-métrages de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC).

Leslie Athanas, réalisateur, ne comprend toujours pas. Ne comprend pas comment son projet de film, intitulé Le Réduit, une ?uvre immortelle a d?abord été retenu parmi les dix synopsis bénéficiant du financement de la MFDC pour la réalisation des films. Soit Rs 75 000 pour la catégorie documentaire et Rs 100 000 pour la catégorie fiction.

Il ne comprend pas comment il a effectivement reçu le chèque du fonds d?aide à l?écriture de la MFDC, tout en obtenant l?assurance que cet organisme entamerait toutes les démarches pour avoir les autorisations nécessaires pour filmer au Réduit. «Cela a été quinze jours de stress, pour ensuite apprendre que je n?étais plus de la course », raconte-t-il.

Le couperet est tombé. Pas d?autorisation. «Pour des raisons de sécurité», comme le confirme Kamla Ramyead, directrice de la MFDC. «Normalement, c?est nous qui demandons l?autorisation. Nous ne l?avons pas eue». Déçu, Leslie dit ne pas comprendre comment la MFDC a pu accepter un script sur pareil sujet, pour finalement le mettre dans un tiroir. Très remonté, le réalisateur va jusqu?à affirmer qu?il n?a pas l?intention de rembourser la somme avancée par la MFDC. Alors même que le contrat qui le lie à la MFDC fait mention du remboursement de la somme, si pour une raison ou une autre, le film proposé ne se faisait pas. «C?est la MFDC qui n?a pas respecté le contrat. Cela dit, c?est vrai qu?elle a joué son rôle. C?est chagrinant que tout cela arrive alors que ce concours coïncide avec les célébrations des 40 ans de l?indépendance. Moi, je voulais mettre en valeur le patrimoine, on ne m?en a pas laissé l?occasion». Comble de l?ironie pour Leslie Athanas, il a eu l?autorisation de procéder aux repérages ? et de faire des images ? mais pas celle de filmer par la suite.

Même déception pour Tawheed Ramjaun. Il se souviendra de sa première participation au concours de la MFDC. Il avait lui aussi été retenu parmi les dix réalisateurs, avec un projet de documentaire sur le Réduit intitulé Le château du coin du monde. Projet tué dans l??uf pour ce chargé de cours au Charles Telfair Institute.

Du coup, alors qu?il ne restait plus que Laval Plaiche avec Rodrigues et l?île Maurice, dans la catégorie documentaire, cette partie de la compétition a été renvoyée. Par ailleurs, la date de soumission des films, qui avait initialement été fixée au 29 février, a été étendue au 11 mars. Décision prise, « à la demande des réalisateurs, qui ont accusé des retards dans le tournage à cause du mauvais temps», explique Kamla Ramyead.

Une extension qui ne fait pas que des heureux. Sachin Jootun, réalisateur de l?unique film en hindi retenu par la MFDC ne comprend pas ces raisons-là. Lui, qui était prêt à temps avec Desh ki shaan (littéralement, La fierté du pays) est catégorique : «Si les autres ne s?arrangent pas pour finir dans les délais, ce n?est pas mon problème. Ce n?est pas juste pour ceux qui font des efforts». Du coup, il a repris son film pour le peaufiner.

La majorité des réalisateurs de fiction que nous avons contactés affirment tous être actuellement en phase de montage. C?est le cas par exemple de Wassim Sookiah. Son Rouzblezonnver a été tourné seulement les week-ends. Six jours au total : «Je n?ai pas eu une seule journée ensoleillée en entier », se plaint-il. « Pour finir, nous allons finir, mais cela ne ressemble pas à ce que je voulais faire. » Et Rs 100 000 suffisent-elles pour boucler une fiction d?une demi-heure maxi ? Réponse unanime : «Non». Si la plupart des réalisateurs sont réticents à avancer un chiffre, Satish Khorugdharry, réalisateur de Le chant du dodo estime qu?il a déboursé autour de Rs 50 000.

En attendant le 11 mars, la date de remise de prix n?a pas encore été finalisée. Ni celle de la diffusion des films.

Publicité