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Le diocèse de Port Louis perd sa mémoire, Mgr J. Mamet
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Le diocèse de Port Louis perd sa mémoire, Mgr J. Mamet
Mgr Joseph Mamet nous quitte en ce dimanche 20 février 1983, à l?âge de 93 ans comme il le précise, quelques semaines seulement avant sa mort, à La Vie Catholique, en lui présentant, avec une courtoisie exemplaire, ses excuses de ne pouvoir participer à la fête annuelle de cet hebdomadaire. Doyen du clergé catholique (primogéniture revenant aujourd?hui à son neveu, l?abbé Guy Mamet), il collectionne les titres et les fonctions honorifiques : Membre du conseil diocésain à partir de 1934, vicaire général p.i. en 1951, chanoine (1933), prélat de la Maison du Pape (1935), protonotaire apostolique (1964), membre et président du Comité des Souvenirs historiques, membre de la Société Royale des Arts et des Sciences, archiviste du diocèse de Port-Louis et, à ce titre, compilateur des Annales et de l?Annuaire du diocèse de Port-Louis de 1927 à 1961, curé de la paroisse Saint-Léon de Quartier-Militaire du 10 mai 1922 au 30 septembre 1952, aumônier de la clinique du Bon Pasteur à Rose-Hill où il réside jusqu?à son décès, auteur de nombreux livres sur l?histoire du diocèse, représentant de son évêque au comité de censure.
On le revoit encore, comme participant et témoin privilégié, de pratiquement tous les événements majeurs de la vie du diocèse, pendant la première moitié du XXe siècle, y compris les consécrations, inaugurations, commémorations des anniversaires, jubilaires ou non, des lieux de culte catholique, événements lui fournissant l?occasion de rappeler utilement et fructueusement le glorieux passé du lieu de culte concerné et de remettre à jour la banque de données (sans l?aide de l?ordinateur) qu?il constitue, avec une rigueur, une exactitude, une précision inégalables, sur chacun des lieux de culte et des bâtiments historiques au service du diocèse. Les prêtres, religieux, religieuses, laïcs et laïques, pouvant se prévaloir du même titre, ont, bien sûr, droit au même traitement et au même dévouement. Mgr Mamet comprend, mieux que quiconque, que sa vocation spécifique est de magnifier la geste de Dieu au sein de sa catholicité mauricienne, grâce divine s?incarnant dans le travail exemplaire de ses serviteurs les plus méritants ici bas. Inutile de souligner toutes les vertus d?humilité et de gratitude qu?un tel exercice, porté à un tel degré d?excellence, requiert. Il veut nous faire croire que le biographe qu?il est n?est rien comparé aux vertus du pasteur ou de l?animateur dont il brosse le portrait. Je n?en crois pas un mot.
Il possédait également une collection inestimable de photographies des ecclésiastiques au service du diocèse, pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Il connaissait à fond les moindres détails de l?histoire du diocèse. Il se faisait un devoir sacré de rédiger, lors de tout décès d?un collaborateur émérite du diocèse, un obituaire des plus émouvants dans lequel il n?avait pas son pareil pour exprimer tout le bien qu?il pensait de ce serviteur de Dieu et la gratitude qu?il ressentait à son égard. En cela, les innombrables obituaires, rédigés par lui, constituent un irremplaçable dictionnaire de biographie diocésain, permettant à ceux qui vénèrent son ?uvre, de communier par la pensée et la prière à ceux et celles qu?il exalte et qui ont fécondé spirituellement notre terroir. Le diocèse gagnerait beaucoup à regrouper ces obituaires et à les publier à nouveau afin que ceux, qui le désirent, puissent plus facilement s?inspirer de la vie et de l??uvre de ces Mauriciens exemplaires.
Mgr Joseph Mamet voit le jour le 18 juillet 1889 au Port Louis. Il est un des 14 enfants du dentiste Gustave Elfège Mamet et de Léoncine Eulalie Enouf. Il fait ses études classiques chez les pères jésuites du collège Saint-Michel, à Tananarive. Il entre ensuite au séminaire pontifical de Kandy (Sri Lanka), dirigé par des Jésuites belges. Il y est ordonné prêtre le 19 décembre 1914 et revient à Maurice le 15 janvier suivant. Il est successivement vicaire à Saint-Pierre et à Curepipe (du 4 mai 1918 au 24 février 1920). Mgr Murphy le nomme économe et professeur du séminaire Père-Laval (aujourd?hui collège Saint-Esprit). Il occupe ce poste du 24 février 1920 au 5 avril 1921. Il en profite pour rédiger une Réforme du catéchisme. Il dirige ensuite les paroisses de Rivière du Rempart et de Pont Praslin, du 6 avril 1921 au 10 mai 1922. Il devient alors curé de Quartier-Militaire, poste qu?il occupe jusqu?au 30 septembre 1952. Il remplit ainsi et pendant une dizaine d?années les fonctions de notaire-greffier au tribunal canonique, nommé en vue de la béatification du Père Laval. Il rédige, à cet effet, un volumineux dossier de 650 pages.
Au crépuscule de sa vie et de sa carrière d?historien prolifique, il se glorifiait que sa plume n?avait jamais rien écrit d?hostile ni de préjudiciable à sa Sainte Mère l?Eglise catholique. Il est vrai que Mgr Mamet écrivait autant avec son c?ur qu?avec sa plume. Ce qui rend son ?uvre encore plus attachante.
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