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Le Kenya pourrait sombrer de nouveau dans la violence
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Le Kenya pourrait sombrer de nouveau dans la violence
«Les groupes armés sont toujours en train de recruter dans les deux camps. » L?International Crisis Group (ICG) a dressé ce constat de la situation au Kenya.
Depuis l?élection présidentielle du 27 décembre 2007, le pays est plongé dans une crise majeure. Les pourparlers entre le président élu Mwai Kibaki et l?opposition de Raila Odinga débutés le 29 janvier sous la médiation de Kofi Annan n?ont toujours pas trouvé de solution politique à cette crise ayant fait plus de 1 000 morts et environ 300 000 déplacés.
Dans son premier rapport sur le pays, le groupe de réflexion pour la prévention des conflits prévient que « les extrémistes et les milices dans chaque camp se préparent pour une nouvelle confrontation ». Ses inquiétudes concernent particulièrement le Mouve-ment démocratique orange de Raila Odinga (ODM). Selon l?ICG, le parti « juge qu?en cas d?échec des pourparlers, son seul bouclier contre la répression et son seul espoir pour un règlement résideront dans sa capacité à faire monter les enchères à travers la violence ».
Mais l?ICG n?épargne pas le camp présidentiel. « Jusqu?à présent, ni les pertes en vies humaines, ni les dégâts économiques, pas plus que la pression internationale n?ont eu de prise significative sur les ?faucons? entourant le président [Kibaki] », estime ICG. « Le calme relatif actuel au Kenya ne devrait pas être interprété comme un retour à la normale.
La crise politique qui perdure a des racines profondes et pourrait de nouveau et facilement conduire à des violences extrêmes », selon l?ICG.
Le groupe de réflexion pointe également la réactivation des Mungiki (« multitude » en kikuyu), une secte interdite en 2002, et qui s?est muée ces dernières années en un gang mafieux pratiquant l?extorsion de fonds et des meurtres par décapitation.
Des affrontements ont opposé en janvier des groupes armés kalenjin et kikuyu, entre autres, dans la province de la Vallée du Rift (ouest) : ces violences, attisées par le contexte électoral (les Kalenjin ayant majoritairement soutenu M. Odinga), plongent leurs racines dans des conflits fonciers anciens et récurrents.
@ 2 008 Le Monde ? (Distribué par The New York Times Syndicate)
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