Publicité

Suicide : du soutien au bout du fil 24 heures sur 24

12 février 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une voix compréhensive au bout du fil, à l?écoute. Il arrive parfois que l?on ait besoin de parler, d?être compris et même aiguillé. La Suicide Prevention Unit a été mise sur pied depuis 1990 afin d?apporter du soutien et un service conseil à ceux qui envisagent l?irréparable. Depuis lundi, cette unité du ministère de la Sécurité sociale, située au NPF Building à Rose-Hill, a étendu le service de sa hotline afin d?être accessible à toute heure. Cette ligne n?est désormais plus sujette à des contraintes horaires et reste disponible 24 heures sur 24. Dans le passé, elle n?était ouverte que durant les heures de bureau.

A la base, sa vocation est de répondre aux appels de détresse de ceux qui pensent à commettre l?irréparable. «Comme le nom de l?unité le suggère, nous travaillons beaucoup sur la prévention» explique Anoopa Luckeenarain, assistant commissaire du Probation & After Care Service, et responsable de la SPU.

Echanges gardés secrets

Elle souligne cependant que l?unité assume aussi un rôle plus vaste de conseil et répond à des maux variés. «Les cas de gens qui pensent au suicide ne représentent qu?une partie des appels que nous recevons. Nous avons aussi des problèmes sociaux, psychologiques, familiaux et même des problèmes mentaux.»

Confidentialité oblige, les échanges effectués au niveau de la SPU sont gardés secrets. La formation est mise en avant comme le plus grand outil que possède le personnel de la SPU, afin de gérer les différentes situations auxquelles il est confronté. «Nous faisons du counselling (assistance) pour toutes sortes de problèmes, incluant des problèmes matrimoniaux ou familiaux. Les officiers sont déjà formés pour faire du soutien psychologique», insiste Anoopa Luckeenarain. Aucun détail sur le contenu des conversations entre counsellor et membre du public. Seule une assurance que tout cas est évalué et qu?un suivi est effectué en conséquence.

«Il y a maintenant toujours un officier disponible. Et les appels sont redirigés, même le week-end, vers un portable.» Première étape : l?écoute. Deuxième : la rencontre. Troisième : le conseil. «Nous demandons à chaque personne de venir nous rencontrer à notre bureau à Rose-Hill. Si la personne ne peut vraiment pas se déplacer, nous allons à sa rencontre.»

Anoopa Luckeenarain assure aussi que dans des cas urgents, un officier est dépêché le jour même afin de rencontrer la personne en détresse. Selon les cas, un suivi est alors organisé avec des rencontres régulières.

«Toutes les strates de la société»

La durée du suivi dépend elle aussi de la gravité des cas, telle qu?elle aura été évaluée par la SPU. Si les identités sont préservées, la responsable de la SPU indique cependant que les problèmes liés au suicide touchent toutes les «strates de la société et tous les âges».

En 2007, la SPU a traité 147 cas. Ce chiffre inclut ceux qui ont été répartis à travers la hotline, aussi bien qu?à travers des visites faites directement au bureau de l?unité.

Depuis 1995, l?association Befrienders offre, elle aussi, un service d?écoute gratuit. Animé exclusivement par des volontaires, les horaires auxquels il est disponible sont de 15 heures à 21 heures en semaine, de midi à 21 heures le samedi, et de 9 heures à midi et 18 heures à 21 heures les dimanches. Dans ce service, on insiste sur l?anonymat, aussi bien de ceux qui appellent que de ceux qui écoutent.

En 2005, une étude commanditée par le Mauritius Institute of Health établit un constat alarmant. Intitulée «A study of risk factors associated with suicide among suicide attempters in Mauritius», elle indique que 25 % des jeunes pensent au suicide. Cette étude a été menée auprès de 1 200 personnes âgées de 10 à 40 ans, ayant tenté de se suicider entre juin 2001 et juin 2004. Ce sondage a révélé une prévalence des tentatives de suicide chez les jeunes, les femmes et dans les régions rurales.

Publicité