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Berlusconi-Veltroni, le duel

8 février 2008, 00:00

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Avec trois ans d?avance, les Italiens désigneront les 13 et 14 avril leurs députés et sénateurs, après la chute de la coalition de centre gauche de Romano Prodi et l'échec d'une tentative de constitution d?un gouvernement de transition.

Le chef de l?opposition de centre droit, Silvio Berlusconi, qui a déjà dirigé deux fois le gouvernement et entend prendre sa revanche de 2006, trouvera cette fois sur sa route le maire de Rome, Walter Veltroni, Secrétaire général du tout nouveau Parti démocrate. Berlusconi a 71 ans. Prodi n?était son cadet que de deux ans. Veltroni, lui, n?a que 52 ans, ce qui n?est pas obligatoirement un avantage. Ainsi, en 2001, le «Cavaliere» avait battu son adversaire Francesco Rutelli, à peine âgé de 46 ans et prédécesseur de Veltroni à la mairie de Rome.

Berlusconi était déjà l?homme le plus riche d?Italie quand il est entré en politique en 1994, ayant bâti sa fortune sur son empire médiatique et ses investissements dans l?immobilier. Il avait alors créé son propre parti, Forza Italia, avec lequel il a dirigé le pays en 1994-1995 puis entre 2001 et 2006 ? un mandat de cinq ans qu?il a pu terminer, cas unique dans l?histoire politique italienne de l?après-guerre.

Veltroni, lui, a toujours été dans la politique, d?abord au niveau local, puis député à Rome et au Parlement européen. Il a été vice-président du Conseil dans le premier gouvernement Prodi entre 1996 et 1998. Maire de Rome en 2001, il a été réélu en 2006. Berlusconi a toujours tiré à boulets rouges sur les communistes et encore aujourd?hui ses détracteurs lui reprochent d?en être resté à la Guerre froide.

Veltroni, lui, a rejoint dans les années 1970 le Parti communiste italien, que la chute de l?Union soviétique a ensuite incité à un recentrage ? abandon du terme «communiste» et, l?an dernier, alliance avec les modérés de la «Marguerite» pour créer le Parti démocrate dont il a pris la tête. Aujourd?hui, Veltroni se présente comme un modéré et aime à comparer ses choix politiques à ceux d?un Tony Blair ou d?un Bill Clinton.

Sa famille possédant un empire médiatique, le club de football du Milan AC et ayant également investi dans les assurances, Berlusconi arrive au 51e rang dans le palmarès du magazine Forbes des plus grandes fortunes du monde, avec 12 milliards de dollars. Son image de self-made man séduit de nombreux Italiens qui rêvent eux aussi d?une fabuleuse réussite et aspirent à rejoindre la jet-set.

Veltroni apparaît, lui, comme un intellectuel. Il a été rédacteur en chef du journal du Parti communiste, L?Unita. Il écrit des romans, il est passionné de jazz et de cinéma. C?est lui qui a fondé le festival du film de Rome en 2006.

Les deux hommes se sont relativement épargnés, ne fermant pas la porte à la possibilité d?une «grande coalition» à l?allemande à l?issue des élections si aucun vainqueur ne se détache clairement. Avant la chute de Prodi, ils négociaient la réforme du système électoral, dans un esprit apparemment constructif. «S?il y a de l?autre côté des gens de bonne volonté, comme Walter Veltroni, décidés à faire ce que nous devons parvenir à faire ensemble, c?est exactement ce que les Italiens attendent de nous», a déclaré Berlusconi.

Veltroni, pour sa part, a annoncé qu?il ne fonderait pas sa campagne sur le «tout sauf Berlusconi». «Depuis 14 ans, tout est basé dans ce pays sur ?l?anti-quelque chose?. Anti-Berlusconi d?un côté, anti-gauche de l?autre. Le Parti démocrate veut tourner la page, positiver, afin de trouver des solutions aux problèmes du pays», a martelé le dirigeant de centre gauche.

Le Monde 2008 Distribué par The New York Times syndicate

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