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La maison du bonheur

8 février 2008, 00:00

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La maison du bonheur

Il fait bon vivre dans une maison bâtie avec beaucoup d?amour, même si elle est en feuilles de tôle. Annick Diannat est fière de la maison, construite en majeure partie, seule. Elle invite ceux qui sont dans la même situation qu?elle à l?imiter. «Il n?est pas nécessaire d?avoir une maison en dur pour être heureux.»

Sa demeure, dans la cité de Tamarin, rappelle celle de ces petits créatures bleues qui marquent l?enfance de beaucoup de personnes : une maison bleue comme celle des schtroumpfs. Elle est bâtie avec des feuilles de tôle et des rondins d?eucalyptus, mais joliment décorée. Et le sol est enduit de cire marron qui lui donne une brillance exceptionnelle. Le secret : elle se sert toujours d?une brosse coco pour nettoyer le sol.

La maison a deux grandes chambres à coucher bien aérées, un salon et une cuisine. Il n?y a que les toilettes qui sont à l?extérieur.

La maîtresse de maison est fière de raconter son histoire à ceux qui passent dans le coin. Elle se souvient encore du temps où elle habitait chez son père, Ignace Marianne, dans une petite maison. C?est à la suite de ses démarches qu?elle a obtenu un lopin de terre à Carlos. C?était juste un terrain en friche, tout en broussaille, rocheux. Elle se réveille à 3 heures du matin pour nettoyer le terrain jusqu?au 7 heures, car elle doit alors prendre de l?emploi comme cleaner.

Et quand elle termine son service à midi, elle se met toute de suite à défricher son terrain et ce, jusqu?à 16 heures pour se rendre de nouveau à son travail. «Ce n?est pas facile de construire une maison seule. J?ai sué.» Annick a eu le soutien de son gendre, Jérôme Laridin, charpentier et maçon et de son fils, Ricardo, et bien sûr, de Louis Joseph son mari. Mais elle précise quand même qu?elle a beaucoup fait pour une femme. «Mo papa dir ki mo kouma enn zom.»

Et quand il a fallu battre le béton, elle a voulu participer aux travaux. Le ciment ne lui a pas fait peur et encore moins la peinture. C?est elle qui a choisi le bleu pour que sa maison soit plus attrayante. Elle s?est mise alors sur un escabeau pour faire de la peinture.

C?est toujours elle qui a s?occupera du jardin de fleurs et d?un potager. Elle ne vend pas le produit de sa cour : c?est juste pour le plaisir et pour partager quand elle en a trop. Dans un coin, Annick a aménagé un lieu de culte, en pierre. «Si j?ai tout fait moi-même, c?est parce que je ne peux pas rester en place. Je sens qu?il y a une force à l?intérieur de moi que je dois faire sortir. Sinon je tombe malade.»

Vivre dans une maison en tôle n?est pas une calamité. Il faut savoir l?entretenir avec beaucoup d?amour et de volonté. Il y a beaucoup de familles qui habitent dans des maisons en tôle dans cette partie de l?île. Elle leur dit de ne pas se décourager ou d?en avoir honte. Elle leur demande seulement de respecter à cet abri qui les protège contre le soleil, le vent et la pluie.

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