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L?endettement des ménages : un fléau national
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L?endettement des ménages : un fléau national
Certains l?imputent à la détérioration du pouvoir d?achat, d?autres à la recherche démesurée de la facilité, du luxe ou du superflu. Mais une chose est certaine, en 2005, 75 % des ménages mauriciens ? contre 33 % en 2001 et 37 % en 2002 ? se sont retrouvés engloutis par la spirale infernale de l?endettement.
Selon le bulletin statistique de novembre 2007 publié par la Banque de Maurice, la dette des ménages vis-à-vis des banques seules s?élevait en octobre 2007 à? Rs 32 milliards ! Ce chiffre exclut les crédits à la consommation accordés par les grandes sociétés de distribution aux ménages.
Précisément, en matière de crédits à la consommation, l?absence de législation adéquate visant à protéger le consommateur des abus, serait à la base de la spoliation dont ces derniers sont de plus en plus victimes. L?article 10 du Borrower Protection Act 2007 définit les responsabilités de l?emprunteur vis-à-vis du prêteur (responsabilités relatives au devoir de la personne sollicitant une facilité de crédit, de divulguer par écrit au prêteur toute information de nature à permettre à ce dernier d?évaluer sa solvabilité). L?article 9 définit, lui, les responsabilités du prêteur mais est indifférent à la requête principale formulée à plusieurs reprises par les consommateurs.
En effet, ces derniers, à travers l?Association pour la protection des emprunteurs abusés (APEA) et l?Institut pour la protection du consommateur (ICP) entre autres, ont maintes fois demandé, en vain, la mise en place de la Centrale de contrôle de crédit à la consommation. Cela afin de limiter les abus commis par des commerçants et des grands distributeurs à l?encontre des consommateurs.
Pour Gérard Malliaté, responsable de l?APEA, «ce refus catégorique du gouvernement de mettre en place cette centrale de contrôle de crédit à la consommation est le résultat du lobbying exercé par des commerçants et des grandes entreprises en vue d?empêcher l?aboutissement de ce projet». Selon lui, en 2005, la mise en place du Mauritius Credit Information Bureau ? qui est l?équivalent, pour les institutions bancaires, de la Centrale de contrôle de crédits à la consommation ? a mis fin aux multiples scandales qui ont ébranlé le système bancaire dans ce pays à une certaine époque.
L?absence d?une volonté politique d?ériger une législation appropriée semble être à la base de l?exploitation éhontée dont pâtissent des consommateurs, notamment ceux que l?on considère comme étant des compulsifs. Ces derniers, en raison de leur ignorance des notions élémentaires de la finance, leur manque de discernement ou leurs faiblesses, se sont jetés eux-mêmes en pâture à la voracité de certaines puissances financières.
<B>«Les lois contournées»</B>
Pourtant, le Hire Purchase Act qui régit la vente à crédit définit dans quelles mesures les facilités de crédit à la consommation devraient être octroyées. Sous cette loi, on distingue deux agréments qui sont le Hire Purchase Agreement prévoyant zéro dépôt et 30 mois de crédit maximums, et le Credit Sale Agreement qui, lui, prévoit 50 % de la valeur de la marchandise comme dépôt et 12 mois de crédit maximums.
Malheureusement, le commerçant a concocté des plans de crédit alternatifs, uniquement dans l?intention de contourner impunément les lois en vigueur, selon le coordonnateur de l?Institut pour la protection du consommateur, Mosadecq Sahebdin. «Dans le but de flouer les consommateurs qui, pour certains, signent sans réfléchir, le commerçant applique des techniques peu orthodoxes. L?une d?elles est l?option plan de 40 mois de crédit où le taux d?intérêt est à sa discrétion. Ce taux est supérieur à la moyenne de 24,8 % recommandée par le législateur dans le Hire Purchase Agreement», explique Mosadecq Sahebdin.
Et d?ajouter que l?opérateur s?arroge, dans le cas de l?option sale, le droit de saisir les produits en question en cas de non-paiement. Il pousse l?abus jusqu?au point d?avoir recours aux services de sociétés de recouvrement (debt collectors) qui, de façon impitoyable, traquent le débiteur jusque dans ses derniers retranchements, poussant certains désespérés à considérer le suicide comme étant la seule issue qui leur est laissée.
D?autres techniques sont aussi utilisées par ces commerçants, selon le coordonnateur de l?ICP, les unes plus abusives que les autres. On pourrait citer le ready finance, le magic home plan et bien d?autres.
En attendant une législation appropriée qui protégera les consommateurs de la rapacité de certains commerçants, l?APEA, l?ICP et des ONG se sont impliqués dans une campagne de sensibilisation dans le but de susciter auprès des consommateurs un comportement beaucoup plus responsable. Cette sensibilisation, recommande Gérard Malliaté, «devrait commencer d?abord par les enfants au niveau de la cellule familiale ainsi qu?à l?école. Les entreprises, elles aussi, devront s?impliquer par l?éducation de leurs employés à plus de retenue face aux leurres de certains commerçants».
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