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Le duel Clinton-Obama continue, McCain désormais favori

7 février 2008, 00:00

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Le duel se poursuit dans le camp démocrate au terme du «Super Mardi», Hillary Clinton et Barack Obama marquant l?un et l?autre des points essentiels. Chez les républicains en revanche, la situation se précise, John McCain se détachant de ses poursuivants sans toutefois triompher.

Les deux Etats représentant le plus grand nombre de délégués, la Californie et New York, reviennent à John McCain et à Hillary Clinton, laquelle résiste ainsi à la poussée d?Obama annoncée par les plus récents sondages.

Ainsi, côté démocrate, dans les semaines ou les mois à venir, si Hillary Clinton est consacrée candidate du Parti démocrate à la Maison- Blanche, les politologues estimeront sans doute que sa victoire à la primaire de Californie avait marqué un tournant.

La raison, au-delà de la complexité du mode d?attribution des délégués, viendrait de la vocation du «Golden State», l?Etat le plus peuplé des Etats-Unis, à dessiner «LA» tendance au cours des primaires. Le fait que dans les 21 autres Etats où se prononçaient les électeurs démocrates, Clinton et Obama étaient globalement au coude à coude, a accru l?attention portée au vote de la Californie.

«La Californie a été très, très cruciale», a estimé le sondeur Mervin Field, qui suit les élections présidentielles américaines depuis un bon demi-siècle. «Le fait qu?il (Obama) ne l?a pas emporté pourrait marquer une victoire-tournant pour Hillary Clinton, ainsi qu?un coup d?arrêt à la progression d?Obama.»

Hillary Clinton, qui pourrait devenir la première femme à accéder à la Maison-Blanche, s?est employée à tirer parti des puissants soutiens dont bénéficie son mari, Bill, en Californie, et elle s?est acquis l?amitié de certaines personnalités à Hollywood comme dans la Silicon Valley.

Ainsi a-t-elle obtenu le soutien de hauts responsables de Californie ? la huitième économie au monde ? comme la sénatrice Dianne Feinstein, ou encore les maires de Los Angeles et de San Francisco. Les femmes et les hispaniques ont majoritairement soutenu, comme prévu, l?ex-première dame des Etats-Unis, qui, fréquemment accompagnée de son époux, a tenu rassemblement après rassemblement à travers la Californie.

<B>«Mac is back»</B>

Obama, de son côté, s?est rendu dans d?autres Etats, comme l?Idaho, où l?on devait voter lors du «Super Mardi». Le sénateur de l?Illinois s?est montré au côté de ses soutiens les plus médiatiques : le sénateur Ted Kennedy, frère de l?ancien président John F. Kennedy, la présentatrice vedette Oprah Winfrey, Caroline Kennedy, fille de l?ancien président. Ou encore Maria Shriver, nièce de l?ancien président Kennedy et épouse du gouverneur de Californie, le républicain modéré Arnold Schwarzenegger.

De l?autre côté, le retour de John McCain sur le devant de la scène restera dans les annales. Donné politiquement mort il y a à peine six mois, le sénateur républicain de 71 ans est revenu de très loin pour se hisser au rang de favori dans la course à l?investiture républicaine.

Conforté par ses bons résultats lors du «Super Mardi», McCain a revendiqué le statut de favori et est en bonne position pour ravir le précieux sésame à ses deux poursuivants, Mitt Romney et Mike Huckabee.

Le sénateur, qui pourrait devenir l?élu le plus âgé à la Maison- Blanche, a dû parcourir un long chemin pour sortir de l?oubli. «Le statut d?outsider ne m?a jamais dérangé et je savoure comme tout le monde les victoires improbables mais ce soir je pense que nous devons nous faire à l?idée que nous sommes les favoris pour l?investiture du Parti républicain», a déclaré McCain devant ses partisans en liesse réunis dans la salle de réception d?un hôtel.

La victoire de cet ancien prisonnier de guerre au Viêtnam n?est pas encore acquise. Romney et Huckabee ont également marqué des points et ont promis de continuer à se battre. McCain a félicité ses deux adversaires, mettant de côté l?âpreté des débats qui l?ont opposé à Romney pour savoir lequel des deux était le candidat le plus conservateur. «J?ai du respect pour les gens qui sont prêts à accepter les exigences extraordinaires, tous les hauts et les bas, d?une course aussi dure et aussi longue. Et le gouverneur Romney a le mien», a-t-il dit.

L?été dernier, McCain avait fait les frais de ses prises de position: il soutenait la très impopulaire guerre en Irak, et, à la consternation de ses collègues républicains, il soutenait un projet devant permettre à 12 millions de clandestins d?obtenir la citoyenneté américaine.

Le résultat ne s?est pas fait attendre. Sa cote de popularité a plongé, les dons pour le financement de sa campagne se sont taris et McCain semblait alors le seul à ne pas voir qu?il était fini.

PERFORMANCES

Décompte du nombre de délégués acquis à chaque candidat</B>

Voici un décompte (provisoire) du nombre de délégués acquis à chaque candidat encore en lice dans les primaires américaines. Les délégués siègent aux conventions nationales des deux grands partis. Celle des démocrates se tiendra fin août à Denver et celle des républicains début septembre à Minneapolis/St Paul. Les caucus et primaires du «Super Mardi» devaient permettre d?élire plus de la moitié des délégués chez les démocrates et plus de 40 % des délégués chez les républicains.

■ DÉLÉGUÉS DÉMOCRATES acquis (nombre minimum nécessaire pour emporter la candidature, 2 025)

? Hillary Clinton 845

? Barack Obama 765

■ DÉLÉGUÉS RÉPUBLICAINS acquis (nombre minimum pour emporter la candidature, 1 191)

? John McCain 613

? Mitt Romney 269

? Mike Huckabee 190

Chez les démocrates, les délégués sont alloués d?une part en vertu d?un principe de proportionnelle appliquée au niveau de chaque Etat, et aussi au niveau de circonscriptions électorales. Ce système permet à chaque candidat d?obtenir des délégués même dans un Etat où il n?est pas en tête. En revanche, chez les républicains, c?est le prétendant arrivé en tête qui rafle les délégués d?un Etat; aussi, la bonne performance de McCain mardi lui donne un avantage décisif sur ses rivaux.

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