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Kate et Virginie, homosexuelles : Des victimes traitées en coupables

7 février 2008, 00:00

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«Elles se sont connues par l?intermédiaire d?une amie commune.» En contact depuis un an, Kate, une Mauricienne d?une vingtaine d?années, et Virginie, une Française, la trentaine, décident de se rencontrer à Maurice, le mois dernier.

Mais la famille de Kate, ne voyant pas cette relation d?un bon oeil, sollicite l?intervention de la police. L?histoire est racontée par Nathalie Ahnee, porte-parole du collectif Arc-en-Ciel. Cette organisation, créée il y a quatre ans, milite pour la cause des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels (LGBT) à Maurice.

Les membres de ce collectif prennent connaissance des faits au lendemain d?un incident survenu sur la plage publique de Grand-Baie. Le 18 janvier, les deux jeunes femmes se rendent à Port-Louis pour faire du shopping avant de retourner à Grand-Baie, où loge Virginie. Elles s?arrêtent sur la plage publique pour admirer le coucher du soleil.

«Elles ne faisaient rien de mal», affirme Nathalie Ahnee. Les deux jeunes femmes, assises sur la plage, voient soudain débarquer plusieurs membres de la famille de Kate. Dans son récit, Virginie dit que six hommes, dont le père de Kate, sont descendus d?un van.

Enlevée de force</B>

Les six enlèvent Kate de force. La jeune femme tente de résister, mais elle est maîtrisée, sans toutefois être battue. Mais, dit Virginie, les six hommes les ont insultées, elle-même a été bousculée, mais sans gravité.

Son amie emmenée, Virginie se rend au poste de police de la localité pour relater les événements. Là, dit-elle, les policiers auraient adopté une attitude tantôt moqueuse, tantôt condescendante. Virginie dit qu?ils ont refusé de consigner sa déposition, se contentant d?annoter le registre à l?accueil (occurrence book). Le lendemain, elle se rend au siège du collectif Arc-en-Ciel pour expliquer la situation.

«Nous l?avons accompagnée au poste de police pour qu?elle fasse sa déposition», nous explique Nathalie Ahnee. Accompagnée de deux membres du collectif, Virginie consigne sa déposition. Mais une fois de plus, elle se heurte à l?attitude des policiers, dont un des services de l?immigration qui aurait expliqué sa présence en raison d?une plainte logée contre la Française pour «relations inadaptées», un «délit» qui n?existe pas au code pénal.

Après la déposition de Virginie, les membres du collectif ont voulu avoir des nouvelles de Kate. «Ils nous ont dit qu?elle allait bien», relate Nathalie Ahnee, toutefois choquée d?apprendre des policiers que Kate a consigné sa déposition en présence de sa mère, celle-là même qui la retiendrait de force. Kate aurait été séquestrée chez ses parents après qu?elle eut été emmenée de force de la plage de Grand-Baie.

Elle n?a pu quitté leur maison que le 27 janvier. Depuis, elle a trouvé à se loger, aidée par le collectif. Nathalie Ahnee nous apprend que, depuis qu?elle a quitté leur domicile, Kate n?a plus de contact avec ses parents. Mais elle serait fragilisée et ne souhaite pas porter plainte contre eux.

Virginie et Kate, elles, sont toutefois restées en contact mais n?ont pu se revoir avant le départ de Virginie, malgré les efforts de bon nombre de personnes. Kate, une jeune femme discrète, tente de se «reconstruire», nous explique la porte-parole du collectif Arc-en-Ciel. Kate a raconté aux membres de ce groupement que pendant sa séquestration, elle a été emmenée au poste de police de sa localité où elle a été interrogée par un officier de l?immigration. Elle l?aurait informé qu?elle était retenue contre son gré, mais il aurait simplement répondu que les parents ont tous les droits.

Le mouvement Arc-en-Ciel, se dit prêt, s?il lui était demandé, à former les policiers et autres officiels pour leur apprendre à gérer les victimes LGBT, nous dit Nathalie Ahnee. Le collectif souhaite rencontrer, dans un avenir proche, l?Attorney General et la ministre de la Femme. L?incident vécu par Kate et Virginie n?est qu?un parmi tant d?autres dont personne ne parle, dit la porte-parole du collectif.

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