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Le déclic inhibé

6 février 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Un pays qui a un potentiel formidable mais qui ne veut pas l?exploiter, préférant croire qu?il pourra compter indéfiniment sur les préférences et autres soutiens. L?observateur Percy Mistry cerne sans équivoque «l?handicap mauricien» dans une entrevue qu?il a accordé à «l?express», samedi dernier.

«Maurice a un potentiel illimité mais une très faible propension de le réaliser», disait-il. Les préférences commerciales ont fait leur temps. L?économie mauricienne doit compter sur ses capacités entrepreneuriales pour réaliser son ambition de se hisser au niveau des «high income nations» dans le moyen terme.

Au fait, il y a tellement de nouvelles opportunités qui se présentent qu?un pays comme le nôtre ne devrait pas s?inquiéter de la perte des filets de protection. Il s?agit de réinventer le modèle de croissance.

Il faut d?abord avoir le courage de sortir de sa zone de confort. Réaliser un taux de croissance de 6 % dans un contexte de ralentissement de l?économie mondiale serait, certes, une performance honorable. Mais Maurice se doit être beaucoup plus ambitieuse si elle veut se démarquer en tant que «hub» de business de classe mondiale.

Les investisseurs étrangers s?intéressent aux centres d?affaires qui engendrent beaucoup d?effervescence. Pour l?instant, le modèle de développement mauricien reste essentiellement «inward-looking». De manière générale, l?implantation d?une entreprise étrangère à Maurice est encore perçue comme une exception à la règle. Un investissement est un investissement. Son origine géographique ne devrait pas nous intéresser outre mesure. Ce qui compte c?est le business que cette entreprise apporte ainsi que la richesse et le nombre d?emplois qu?elle peut créer.

Pourtant, l?on s?inquiète davantage des conséquences supposément néfastes d?une hypothétique redistribution de l?espace d?affaires, alors qu?il existe une opportunité de l?élargir.

Le déclic viendra sûrement des étrangers. Le projet de zone économique de Tianli promet beaucoup en termes d?animation. Le pays s?attend à un nouveau pôle d?activité de grande envergure et qui peut faire la différence.

Le groupe chinois Tianli entend implanter toute une nouvelle ville d?affaires dans le nord de l?île. D?autres nouvelles zones urbaines pourraient voir le jour à Pailles et à Highlands notamment.

Des zones urbaines bien pensées deviennent de véritables «drivers» de la créativité et de l?innovation. De nouvelles activités vont émerger en dehors des créneaux préconçus. Il faut favoriser l?interaction entre opérateurs étrangers et locaux au moyen de clusters et des chaînes logistiques («supply chains»).

Singapour a ouvert ses portes aux jeunes entrepreneurs chinois et indiens. La venue de ces derniers dans l?île-Etat a eu des effets très bénéfiques sur les locaux. Les Singapouriens sont aujourd?hui reconnus pour leur sens de créativité et d?innovation.

La compétitivité d?une économie sans ressources naturelles et sans protections commerciales repose sur sa capacité à identifier les opportunités et à concevoir des produits et des services pour répondre à ces besoins.

L?innovation devient alors une question de survie économique.

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