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« Comment j?ai acheté une arme sur Internet »
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« Comment j?ai acheté une arme sur Internet »
Il fallait le faire. Ryan, la trentaine, est un amateur d?armes. « Mais pas d?armes à feu, rien que des armes blan-ches », précise-t-il tout de suite. Depuis des années, ce jeune habitant d?un village du Sud du pays collectionne des lames. « Dans les quincailleries à Rose-Hill et à Curepipe, on en trouve de toutes les formes. Je n?achète que celles que je trouve belles. » Mais récemment, il a osé essayer de se procurer une arme sur Internet, et s?est retrouvé avec un paquet sur le seuil de sa porte en rentrant chez lui, deux semaines après.
Ryan est conscient de détenir sur lui une arme offensive, et qui est illégale.
« Mais les agressions font désormais partie de notre quotidien. Malgré les lois, je pense que tous les citoyens réagissent ou pensent de la même manière. Je n?ai pas envie de me retrouver désarmé un jour face à quelqu?un qui a une machette », explique-t-il. Se rendant compte que des petits couteaux suisses ne feraient pas le poids contre une machette, Ryan s?aventure un jour sur des sites d?autodéfense sur Internet.
Un « outil » pour le plâtre
« La plupart sont basés aux États-Unis. Et il n?y a qu?à voir les armes qu?ils vendent. Il y a des coups de poing américains, des tazers de poche ou encore des aérosols de poivre rouge. Mais sur la majeure partie des sites, ces produits ne sont disponibles que dans certains États », raconte-t-il. Et voilà que la chance lui sourit : il tombe sur un site qui compte Maurice comme destination pour des produits achetés. Commence alors une quête de renseignements sur les dispositions légales des douanes mauriciennes.
« J?ai appelé là-bas, et ils m?ont expliqué que si l?usage primaire de l?item est offensif, j?aurais à m?expliquer face aux douaniers, mais également aux policiers. Toutefois, si j?arrive à prouver que l?item a en fait une autre utilité, je ne risque rien. » C?est ainsi que Ryan commence à chercher une arme qui aurait pu servir à un autre usage que celui de la défense. Il tombe alors sur une lame avec un manche en forme de « T ». « C?est une version plus dévastatrice du coup de poing américain. Si quelqu?un voulait l?utiliser, cela ferait très mal. » Creusant son imagination, il décide de le faire passer pour un outil servant à travailler? le plâtre !
Il complète l?achat et commence à patienter. Et un jour, en rentrant du bureau, il trouve un paquet sur le seuil de sa porte : l?« outil » était arrivé?
« Je ne comprends toujours pas comment cette arme a pu passer à travers les autorités douanières. Il est vrai que ce n?est pas du métal, mais un produit synthétique aussi dur que l?acier. » Ryan espère toutefois ne jamais avoir à s?en servir et rajoute que si jamais il devait sortir l?arme, ce serait seulement pour la dissuasion.
« Mais la facilité avec laquelle j?ai pu me procurer cet objet fait peur. Il y a des gens qui se fabriquent des sabres de samouraï avec des amortisseurs de camions. D?autres bricolent des coups de poings américains avec des pièces de vélos. Mais si les contrôles sur Internet sont aussi flexibles, c?est encore plus effrayant que ce que je pensais », conclut-il.
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