Publicité
Plaidoyer pour une véritable intégration
Par
Partager cet article
Plaidoyer pour une véritable intégration
En 2006, ils formaient une population de 26 146 âmes. L?année dernière, leur nombre est passé à 32 973 sur notre sol. Leurs compétences, leur savoir-faire et leur volonté à sacrifier leur vie de famille et leur temps de loisir au profit du travail leur ont valu d?être des partenaires incontournables des opérateurs mauriciens, surtout dans le secteur manufacturier.
Eux, ce sont les travailleurs étrangers qui, avec le temps, se sont graduellement transformés en une composante indispensable à la réalisation de la croissance économique de Maurice. Et c?est pour leur faire justice que le Conseil économique et social leur a consacré son neuvième et premier rapport pour l?an 2008. Celui-ci a voulu accorder une attention particulière à l?implication sociologique de la présence des travailleurs étrangers à Maurice. Une présence susceptible d?être mal comprise et d?être sujette à des perceptions pas toujours rationnelles.
La démarche du Conseil économique et social, dont la principale mission est de promouvoir la recherche de consensus dans le dialogue, est on ne peut plus claire : les travailleurs étrangers, comme l?a d?ailleurs indiqué Mohamad A. Vayid, président du conseil d?administration de cet organisme, sont désormais « nos alliés et nos partenaires ».
« Jouir des mêmes droits que les Mauriciens »
Parmi les recommandations que fait le Conseil, il y en a une qui mérite d?être prise en compte. « En tant que pays conscient de ses responsabilités, il est de notre devoir de faire la démonstration de notre volonté à faire respecter les droits et les privilèges des étrangers qui ont été autorisés à travailler dans notre pays. Nos lois sur le travail et les structures administratives doivent être revues afin que les étrangers jouissent des mêmes droits que leurs homologues mauriciens », est-il indiqué dans la page consacrée à la conclusion du rapport.
C?est tout un programme lorsqu?on sait que le pays, en dépit de plusieurs années de proximité avec les travailleurs étrangers, ne dispose pas d?une structure chargée d?une politique sociale concernant les travailleurs étrangers et n?a pas jugé utile de se doter d?une véritable politique d?intégration le temps de la durée de leur contrat de travail.
Reaz Chuttoo, négociateur à la Federation of Progressive Unions, insiste pour l?établissement d?un cadre légal régissant le travail des étrangers, car de nombreux facteurs justifient le recours à ce mécanisme légal.
Il cite, entre autres, les possibilités d?exploitation auxquelles les travailleurs étrangers sont exposés, ou encore le risque d?expulsion en cas de protestation contre les conditions de travail jugées déplorables.
Publicité
Publicité
Les plus récents