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«Vérité et réparation» pour guérir de l?esclavage
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«Vérité et réparation» pour guérir de l?esclavage
«Tou manze bon pou manze mai pa tou parol ki bon pou coze parski coze fer la bous amer. Mai bizin coze». Ainsi s?exprimait le Père Labour, prononçant l?homélie hier à l?église Notre Dame de l?Assomption à Roche-Bois. C?était lors de la messe du 1er Février, devant une foule fervente. Messe célébrée par monseigneur Piat, en compagnie de 17 prêtres pour commémorer l?abolition de l?esclavage. Le thème choisi : «La verite sa mem sa». «Ena bann blesir, ban tas penib, profond, bizin engaz nou oussi a repar zot», dit Mgr Piat. La vérité, cette étape essentielle vers la «réparation». «C?est la Parole qui peut guérir les cicatrices, la Parole qui arrache la vérité au mensonge, et qui fait tous ceux qui sont impliqués, victimes aussi bien que bourreaux, sortir la vérité de sous les tapis», insiste le Père Labour qui prêche la fin du silence.
Abordant un thème d?actualité, l?Eglise émet aussi quelques suggestions quant à la Commission Justice et Vérité. Parmi, figure la proposition que la commission ne tienne compte que de l?esclavage. «Nous ne sommes pas d?accord que le travail de la commission porte sur l?esclavage et l?engagisme», souligne le Père Labour. «Les travailleurs engagés avaient décidé de venir, ils s?enregistraient, et leur religion était reconnue. Les esclaves, eux, étaient traités comme des meubles. Ils sont venus contre leur volonté, on les a pris de force». C?est avec force que le Père Labour dénonce aussi ce qu?il appelle le «communalisme scientifique» qu?il décrit comme tant une utilisation politique de la Commission Justice et Vérité. «Le comunalism scientifik zoue, alor bizin fer plaizir tou ?bann?, met engazism osi ladan». Autre suggestion émise : que l?ordre des mots soit modifié pour que la commission se nomme «Commission Vérité et Justice», car, explique, le Père Labour, «premié dabor nou bizin get la verite».
Ce n?est pas par hasard que le diocèse de Port-Louis a choisi de célébrer la messe du 1er Février à Roche-Bois. «C?est un endroit symbolique. Il y a les éleveurs de cochons, des élèves de l?école ZEP (Zones d?éducation prioritaires), ça ressemble un peu à un ?township?» résume le Père Labour. Le livre de Jean-Clément Cangy, «Le Makambo du Morne» a été présenté à la fin de la célébration.
<B>Port-Louis commémore le 1er Février</B>
Pour commémorer le 173e anniversaire de l?abolition de l?esclavage, le conseil municipal de Port-Louis a organisé une cérémonie qui s?est tenue devant le théâtre de Port-Louis. Pour l?occasion, le monument de l?esclave inconnu qui s?y trouve, a été orné de fleurs. La première gerbe a été déposée devant le monument par le lord-maire de la capitale, Fritz Thomas. Il a ensuite été suivi par son adjoint, Sudhir Ramtohol. D?autres personnalités, dont le ministre des Administrations régionales, James Burty David, le ministre des Terres, Asraf Dullul, le premier conseiller de la République de Madagascar, Richard Via, la chargée d?affaires du haut-commissariat de l?Afrique du Sud, Béatrice Phama et un membre du conseil d?administration pour la culture africaine du centre Nelson Mandela, ont aussi déposé des gerbes.
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