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Ramgoolam : «Nous devons nous réconcilier avec notre passé»
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Ramgoolam : «Nous devons nous réconcilier avec notre passé»
Pour certains, comme Sylvio Michel, leader des Verts, l?abolition de l?esclavage est une question de jour férié. Pour d?autres, à l?instar du Premier ministre, Navin Ramgoolam, c?est une occasion de se rappeler qu?il nous faut nous réconcilier avec notre passé. Et pour le grand public, c?était une journée à la plage du Morne avec un spectacle culturel organisé par le ministère des Arts et de la Culture.
Le pays a célébré hier les 173 ans de l?abolition de l?esclavage, à la plage publique du Morne, lieu symbolique qui représente la résistance des esclaves et qui aurait de bonnes chances d?obtenir le statut de patrimoine mondial en juillet prochain. L?invité d?honneur de la cérémonie était Olabiyi Babalola Yai, président du comité exécutif de l?UNESCO, qui a souligné que Maurice était le seul pays africain dont le dossier a été retenu. Au grand bonheur de Mahen Gowressoo, ministre des Arts et de la culture.
Le Premier ministre avait, lui, un message important à faire passer : il est important d?assumer le passé pour pouvoir faire face aux séquelles de l?esclavage. Ce qui, selon lui, n?a pas été fait à Maurice. «Je pense sincèrement que le combat de Wilberforce doit nous guider dans notre effort de changer les mentalités et notre réconciliation avec le passé. J?ai eu l?occasion de visiter le musée de l?Esclavage à Hull. J?étais étonné qu?un tel musée ait été construit par les descendants des esclavagistes. Cela démontre qu?il n?ont aucune inhibition par rapport à leur passé et qu?ils assument leur part de responsabilité devant l?histoire. C?est un exemple d?ouverture d?esprit, d?honnêteté intellectuelle qui doit nous interpeller et nous inspirer à la fois», a-t-il expliqué à un public attentif.
Il estime que malgré le fait que «les chaînes ont été brisées, nous sommes toujours émotionnellement enchaînés et ces chaînes sont encore tenaces. Il nous faut cependant les briser.»
Modernisme et ouverture</B>
Cela passe nécessairement, selon le PM, par la construction d?une nation basée sur l?égalité des chances pour tous les Mauriciens. Mais pour que cela puisse se faire, il faut régler les «sentiments d?humiliation et de ranc?ur» que peuvent avoir les descendants d?esclaves. Il «faudrait que les descendants d?esclavagistes fassent preuve de modernisme et d?ouverture dans leurs actions de tous les jours.»
Et la Commission Justice et Vérité aidera Maurice à aller vers cet idéal, dit Navin Ramgoolam. En même temps, ajoute-t-il, son gouvernement a engendré des réformes, essentiellement économiques «pour rétablir l?équilibre entre les Mauriciens pour une plus grande justice dans la création et la distribution de la richesse à Maurice».
Le ministre Mahen Gowressoo ? que certains appellent «Mario Gowressoo» pour le rôle actif qu?il aurait joué dans la préparation du dossier du Morne pour sa nomination au patrimoine mondiale, estime, lui, que «du combat de nos esclaves, nous devons retenir l?essentiel : l?abolition de l?esclavage a entraîné l?émancipation et a permis de poser les jalons d?une nation mauricienne unie dans sa diversité».
Sylvio Michel a aussi décidé d?adopter un ton positif. Le «combat» long de 32 ans est en train d?être couronné de succès, dit-il. Michel fait le bilan de ce combat ; «deux jours fériés ? le 1er février et le 2 novembre ? l?inscription de l?Aapravasi Ghat au patrimoine mondial et bientôt celle de la montagne du Morne.» Vêtu de son t-shirt «les verts» sur lequel est aussi inscrit «proze IRS nou pa le», Sylvio Michel tient à féliciter le gouvernement et le Premier ministre, l?ancien Premier ministre et actuel président de la République, sir Anerood Jugnauth, aussi présent à la cérémonie et même Paul Bérenger leader de l?opposition pour leur contribution à ce «bilan».
Paul Bérenger s?est, lui, éclipsé sans que personne ne s?en aperçoive (Voir la réaction de Bérenger plus loin). C?est lorsque le ministre Mahen Gowressoo prend la parole, une vingtaine de minutes après le début de la cérémonie officielle et qu?il énumère les noms des personnalités présentes qu?il se rend compte ? ainsi que tous ceux présents ? que Paul Bérenger n?est plus là.
Sollicité pour une réaction à ce sujet, le Premier ministre a affirmé ne pas savoir pourquoi Paul Bérenger a quitté la cérémonie mais pense que «c?est peut-être parce que Sylvio Michel a pris la parole. Mais ce qu?il ne réalise pas c?est que nous sommes venus là où Sylvio Michel commémore à chaque fois l?abolition de l?esclavage.»
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