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«Il faut s?attendre à des dommages collatéraux»
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«Il faut s?attendre à des dommages collatéraux»
● Qu?est-ce qui a changé depuis que vous êtes devenu ministre ?
Je néglige beaucoup mon jardin même si je le développe avec des arbres fruitiers. Au niveau de la famille, le prix à payer a été élevé durant ces deux ans et demi. Je noterai aussi qu?à Maurice, beaucoup de gens prennent la politesse pour de la faiblesse.
● Vous avez été dans l?enseignement et les affaires. Qu?est-ce qui change lorsqu?on devient ministre ?
La méthode que j?utilisais n?aurait pas nécessairement rapporté les résultats escomptés en politique. J?ai été effectivement un universitaire doté d?une capacité à créer des entreprises. Comme ministre, je gère avec un esprit d?entrepreneur. C?est ce dynamisme qui a permis à une entreprise d?Etat comme la State Trading Corporation d?engranger des profits de l?ordre de Rs 26 milliards. Malgré cela, on subit les pires insultes.
Je suis quand même heureux d?avoir atteint certains objectifs.
● Vous avez la réputation d?avoir un relationnel difficile. Entre le faire et le dire, y a-t-il décalage chez vous ?
J?ai un bon relationnel mais je suis exigeant. Que ce soit avec moi ou avec les autres, il faut qu?on atteigne nos objectifs. Je procède de la manière suivante : je fixe mes objectifs pour chaque année. Je note dans un carnet tout ce qui essentiel de mes rencontres et de mes engagements. Et chaque semaine, je fais un suivi. Je suis là pour exécuter la vision d?une personne, le Premier ministre : soit donner une chance à tous les Mauriciens, qu?ils puissent indistinctement jouir de leurs droits. Entre autres choses, on a ainsi pu ramener à quelques jours le délai pour que les gens obtiennent leur permis pour lancer leur entreprise. Nous sommes aujourd?hui le numéro 1 en Afrique en termes de facilités offertes pour déclencher des business.
● Cela ne vous empêche pas d?être la cible de nombreuses critiques. Comment vivez-vous cela ?
Lorsque je discute avec des gens qui sont rationnels, il n?y a pas de problème. Sauf lorsque vos enfants viennent vous raconter ce qu?ils ont entendu? Certes en politique, il faut s?attendre à des dommages collatéraux. C?est aussi dans le folklore mauricien de trouver un bouc émissaire à nos maux. On va ainsi cibler quelqu?un lorsque le prix du baril du pétrole dépasse les 100 US dollars. Mais je comprends aussi que les médias, c?est aussi un business. Fondamentalement, je suis donc d?accord avec le système. On doit être libre dans ce qu?on dit mais on doit être conscient de ses responsabilités. Pour moi, les choses sont claires. Je n?accepterai jamais qu?une personne ne puisse pas manger à sa faim et qu?un enfant échoue au CPE.
● C?est un discours misérabiliste, populiste et d?arrière-garde marxiste?
En tant que ministre de l?Industrie, je gère un ministère qui jongle avec des milliards de roupies. Un ministère qui va permettre à la zone franche de réaliser d?énormes profits et qui fait tout pour que les petites et moyennes entreprises puissent décoller. Je serais donc un drôle de marxiste ! Idéologiquement, je crois d?abord être un travailleur qui croit en la philosophie travailliste. Une philosophie qui a permis l?indépendance du pays, l?indépendance économique, d?esprit et qui ?uvre à l?ouverture du monde des affaires. Je suis un fervent travailliste qui contribue au développement du pays en prenant des mesures courageuses.
● M. Jeetah, êtes-vous un anti blancs ?
Je crois que vous ne me connaissez pas. Je suis membre fondateur de la Table Ronde n° 5. Je suis aussi membre de la Table 41. Peut-être que le fait d?avoir pris les décisions que nous avons prises a poussé certains à croire cela. Pourtant lorsque Veerapen (NdlR importateur de grains secs) a des problèmes, on ne dit pas que je suis un anti Veerapen. L?important pour moi est de combattre les injustices. Les Etats-Unis, dès 1890, ont passé une loi anti monopole. A Maurice, on en est encore à s?indigner lorsqu?on veut agir en ce sens.
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