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Rama Sithanen pour l?amélioration des conditions de vie des pauvres

28 janvier 2008, 00:00

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«L?aide destinée aux pauvres ne devra pas aller dans d?autres poches que celles des personnes sans ressources.» C?est par cette citation d?économistes contemporains, tels l?Américain Joseph Eugene Stiglitz ou l?Indien Amartya Kumar Sen que Rama Sithanen, ministre des Finances, résout la question des subsides relatifs aux frais d?examens. Il donnait samedi une conférence de presse à Port-Louis.

A ceux qui estiment que les subventions ? celles destinées à couvrir une partie des frais d?examens des candidats au School Certificate et au Higher School Certificate ? devraient être versées à tous les élèves sans exception, la réponse du ministre est sans appel : jamais. Pour lui, 9 000 élèves ont été ciblés dans le cadre de cette aide pour un montant total de Rs 80 millions. Les hypocrites, dit-il, devraient cesser d?utiliser les pauvres pour arriver à leurs propres fins.

La question des subsides en général fait l?objet de sérieuses controverses dans l?opinion publique. En effet, l?octroi de ces subventions sur une base sélective, afin d?empêcher les classes sociales qui n?ont pas le droit d?en bénéficier, est devenu un casse-tête pour le gouvernement.

Pour l?exercice financier actuel, Rs 1,3 milliard ont été déboursées, au titre des subventions universelles pour le gaz et la farine de blé, soit une augmentation de 86 %. Le cas du gaz ménager explique toute la complexité du problème. Les chiffres du ministre des Finances indiquent que pendant que les ménages pauvres utilisent une demi-bonbonne de gaz par mois, les ménages riches consomment, quant à eux, trois bonbonnes tous les mois. A ce rythme, estime Rama Sithanen, 80 % des subventions sur le gaz ménager vont en réalité dans les poches des ménages riches.

8 % sous le seuil de pauvreté

En ce qui concerne l?appréciation de la roupie par rapport aux devises tels le dollar, l?euro et la livre sterling, Rama Sithanen estime que la population profitera bientôt des bénéfices de change sur les prix des produits importés. Cela se fera dès l?arrivée des cargaisons des produits favorablement influencés par l?appréciation de la monnaie locale, dit-il.

Les résultats en matière de lutte contre la pauvreté sont encourageants, dit aussi le ministre des Finances. Il estime que 60% des dépenses du gouvernement sont orientées vers ces services communautaires et sociaux que sont le bien-être et la sécurité sociale (social security and welfare), l?éducation, la santé et le logement.

«En utilisant les critères utilisés par les pays très riches en matière d?évaluation de la pauvreté, nous avons 8 % de notre population qui vit en dessous du seuil de pauvreté. Mais si nous nous basons sur des critères utilisés généralement par les pays pauvres, alors personne à Maurice ne vit en dessous de ce seuil. En nous basant sur les critères utilisés par les pays à revenus intermédiaires, comme Maurice, 1 % de notre population vit en dessous du seuil de pauvreté. En nous basant sur les critères utilisés par les pays comme la France, l?Angleterre et l?Australie selon lesquels est déclarée pauvre, toute personne dont le revenu est en dessous de 50 % du revenu moyen, alors 8 % de Mauriciens se trouvent dans cette situation. Seulement pour nous, une personne pauvre est un pauvre de trop et nous avons par conséquent des devoirs et des responsabilités vis-à-vis de ces personnes-là. La croissance et le développement inclusifs sont d?une importance capitale pour nous», a précisé Rama Sithanen.

Encourager l?autoemploi

Il estime à 10 000 en moyenne, le nombre d?emplois créés chaque année pour soulager la pauvreté alors qu?entre 2000 et 2005, seulement 4 000 emplois avaient été créés annuellement. «Nous atteindrons dans trois ans le plein-emploi si nous arrivons à résoudre le problème de mismatch.»

Une seconde façon pour le ministre des Finances de lutter contre la pauvreté est d?encourager l?autoemploi. La législation (le Business Facilitation Act notamment) apporte bien plus de facilités aux personnes désireuses de s?installer à leur propre compte, dit-il. Plus de 100 millions de roupies ont été investies cette année pour apporter un soutien aux petites et moyennes entreprises, à travers l?Empowerment programme, la Small Enterprises and Handicraft Development Authority, Enterprise Mauritius de même que d?autres guichets.

Le ministre a également souligné les actions entreprises dans le cadre de l?Empowerment Programme, notamment dans le cadre de la création d?emplois durables. Ainsi, Rs 5 milliards, étalées sur cinq années, ont été mobilisées à cet effet et plus de trois mille individus en ont, d?une façon ou d?une autre, déjà bénéficié. Les femmes n?ont pas été oubliées. Des programmes taillés sur mesure pour les encourager à se prendre en charge ont été initiés.

La baisse sensible du taux de chômage observée ces dernières années est la conséquence directe de la potentialité de la croissance économique à générer de l?emploi, dira le ministre. Le taux de chômage est en continuel déclin depuis, passant de 9,6 % à 9,1 % et finalement à 8,8 % l?année dernière. «Nous avons, contrairement à ce qui se passe ailleurs, une rare combinaison de forte croissance, des potentialités de création d?emploi et de baisse du taux de chômage», dit-il.

Pour Rama Sithanen, la hausse sur le marché international du cours du pétrole s?est fait ressentir sur la balance des paiements. Les importations de pétrole sont passées de 9 % à 17 % du total des importations. Cela a surtout été à l?origine de la hausse généralisée des prix des produits importés.

Nico PANOU

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