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Elle meurt en attendant sa pension d?invalidité
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Elle meurt en attendant sa pension d?invalidité
Jean-Jacques Sanstoupe est anéanti depuis la mort de sa mère, Marie-Augusta, 89 ans, atteinte de la maladie d?Alzheimer. Une affection qui est restée mystérieuse pour lui et son entourage. Mais l?effet que ce mal a eu sur lui-même et sa petite famille ne fait aucun doute. « Cela a été une année terrible, très dure pour ma mère et nous tous. Nous avons eu à jongler entre le travail et la maison pour pouvoir nous occuper d?elle », raconte-t-il. C?est sur eux que reposait la lourde charge humaine, affective et financière, indissociable de l?accompagnement de la malade.
Pour alléger le fardeau financier, Jean-Jacques approche les services de la Sécurité sociale pour demander une pension d?invalidité. Depuis que sa mère est tombée malade en 2007, il n?arrive plus à subvenir correctement à ses besoins. Certes elle perçoit bien une pension de vieillesse, mais aussitôt touchée, elle fond comme neige au soleil.
Et pour cause. « Les médicaments que lui prescrivait le médecin n?étaient pas disponibles à l?hôpital et donc il fallait compter Rs 1 000 par mois pour ses pilules. Sans parler des couches pour adulte, et des Rs 400 pour payer, à chaque fois, le taxi pour l?emmener à l?hôpital Brown- Séquard », soupire-t-il. La pension d?invalidité aurait servi à payer une aide- soignante pour s?occuper de la malade.
<B>Des sanglots à n?en plus finir</B>
Mais la Sécurité sociale lui rend une réponse négative, un médecin attaché à ses services ayant décrété que la malade n?avait pas besoin de cette pension d?invalidité. Quelques mois plus tard, Jean-Jacques soumet de nouveau une demande d?aide. Entre-temps Marie-Augusta doit suivre un traitement à l?hôpital psychiatrique Brown- Séquard. Un médecin qui l?a auscultée confirme sa maladie et certifie que la vieille dame a besoin d?aide. Le document est donc apporté au bureau de la Sécurité sociale pour être joint au dossier de Marie-Augusta.
Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. L?état de Marie Augusta continue de se détériorer. Entre des oublis passagers, qui s?allongent de plus en plus, elle a des moments de lucidité, où elle réalise qu?elle est malade. Et à ce moment-là, ce sont des sanglots à n?en plus finir. « Je ne sais combien de fois je suis allé à la Sécurité sociale pour m?enquérir du dossier de ma mère. On m?assurait toujours qu?un médecin allait passer la voir à domicile pour constater son état de santé », poursuit Jean-Jacques.
« Elle était complètement paralysée »</B>
L?épreuve est de plus en plus pénible pour la famille. Jean-Jacques et son épouse doivent se démener pour apporter les soins à la vieille dame qui est maintenant paralysée après avoir eu une convulsion. « Un jour, comme d?habitude, je lui avais apporté son déjeuner et je l?ai posé sur sa table de chevet. Lorsque je suis rentré du travail le soir, j?étais triste de voir qu?elle n?y avait pas touché. Elle était complètement paralysée. »
Le c?ur ravagé, son épouse se rend une énième fois au siège de la Sécurité sociale. Là, on lui apprend, à sa grande surprise, qu?un médecin est déjà passé voir la vieille dame le 4 décembre, ce qui est faux, maintient Jean-Jacques. Le 20 décembre, Marie-Augusta pousse son dernier soupir dans les bras de son fils. Après l?enterrement, il apprend par courrier, non sans rage, qu?un médecin viendra le 24 janvier à son domicile pour évaluer le degré d?invalidité de sa mère. « Letan linn fini mor ki zot desid pou vini. Si vremem zot ti anvi fer kitsoz, zot ti pou kapav fer li », lâche-t-il, amer.
Aux services de la Sécurité sociale, on admet que parfois les demandeurs de pension d?invalidité doivent attendre plusieurs mois avant d?avoir la visite d?un médecin à domicile. « C?est un fait que nous sommes à court de personnel et qu?il faut parfois attendre un mois ou deux avant la visite médicale. Mais dans le cas de Mme Sanstoupe, je peux dire que la demande a été faite le 16 novembre 2007 par son fils. Un rendez-vous a été fixé pour le 4 décembre pour passer sur le Board médical, mais vu qu?elle ne pouvait pas se déplacer, nous avons décidé d?envoyer un médecin à son domicile le 24 janvier. C?est malheureux qu?elle soit décédée, mais je vous assure que nous ne sommes pas fautifs », affirme un préposé de la Sécurité sociale.
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