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Le ciblage de Rama Sithanen
Finies les tribulations et autres explications sur les acrobaties financières de la réforme. L?éco-nomie est de nouveau sur les rails. Et à mi-mandat, le ministre des Finances, Rama Sithanen, a énoncé sa détermination de faire profiter aux plus démunis les fruits de ce nouveau souffle. Pas de mention d?« early harvest », cette fois-ci, on parle d?« inclusive growth ». Mais Rama Sithanen demeure quand même prudent dans son approche. Pour ce faire, le ministre des Finances préconise un système de ciblage.
Paraphrasant Jeffrey Sachs et Joseph Stiglitz, Rama Sithanen s?est lancé dans un exercice d?explication sur la nécessité de cette politique de ciblage : « Si vous voulez aider les pauvres, aidez les pauvres.
Ne tentez pas d?aider tout le monde. » Car se-lon le Grand argentier, donner à tous les mêmes capacités n?est jamais bénéfique aux pauvres. « Les riches bénéficient le plus des avantages, ils connaissent leurs droits. »
L?exemple des subsides sur le gaz</B>
Et pour illustrer ses propos, le ministre des Finances a profité d?une question sur les frais d?examens du SC et du HSC. « Avec l?ancien système, seuls 1 600 étudiants bénéficiaient d?une aide complète. Aujourd?hui, nous avons un fonds de Rs 80 millions. Nous avions le choix entre donner 25 % de cette somme à tout le monde, ou 100 % aux plus démunis. C?est un choix politique. Et aujourd?hui, 9 000 étudiants auront une aide complète », a expliqué Rama Sithanen.
Poussant l?illustration plus loin, il a aussi pris l?exemple des subsides sur le gaz ménager, qu?il trouve injuste. « 80 % des subsides sur le gaz ménager n?arrivent pas aux plus démunis, mais aux riches. Car ces derniers consomment trois bonbonnes par mois, alors que les pauvres utilisent la moitié d?une bonbonne par mois. C?est triste, mais je ne peux pas changer cela tout seul. Donner à tous les mêmes aides est la meilleure façon de ne pas les aider. »
Au cours de cette conférence de presse, Rama Sithanen a aussi fait part des chiffres et autres estimations pour 2008. À mi-mandat, il a annoncé une croissance d?environ 6 % pour cette année, tout en rappelant que cela dépendra aussi des facteurs externes.
Le taux de chômage accuse une baisse, passant de 9,1 % à 8,8 %. Sur cet item, le ministre des Finances s?est félicité des 10 000 emplois créés par an, contre une moyenne de 4 000 auparavant. « La meilleure façon de combattre la pauvreté est de créer du travail », a-t-il déclaré.
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