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Démolition à haut risque

27 janvier 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La semaine prochaine, une aile du bâtiment du collège Maurice Curé, appelée l?ex-École Navy, sera démolie. La bâtisse est vétuste et usée et malgré certains de ses aspects historiques, c?est sans grand émoi que les autorités procéderont à sa destruction. Un nouveau bâtiment administratif y sera érigé.

Le seul hic demeure que les structures du bâtiment contiennent de l?amiante, un produit hautement cancérigène. Depuis que la nouvelle de la démolition du bâtiment à amiante a commencé à circuler, plusieurs questions ont fait surface : de quelle manière l?opération de démolition se déroulera-t-elle ? Et dans quelles conditions de sécurité ?

« Hier (NdlR : vendredi), il y a eu une réunion avec la direction du collège, le ministère des Infrastructures publiques, les représentants de la Parent-Teachers Association et le sous-traitant chargé de la démolition afin de discuter de la sécurité en général. Il y a eu une demande pour que l?école soit fermée la semaine prochaine et en principe, elle a été acceptée. Mais ce sera finalisé jusqu?à lundi. Toutes les précautions seront prises », a déclaré un préposé de l?école sous le couvert de l?anonymat.

Il a également souligné « qu?il avait été initialement décidé de mettre le bâtiment en pièces pendant les vacances scolaires. Mais ce ne fut pas le cas. Comme le 1er et le 7 février prochains seront des jours fériés, le sous-traitant profitera pour faire le maximum », affirme cette source. C?est A. J Maurel-Colas qui a obtenu le contrat de démolition et l?a sous-traité à la compagnie Square Deal dont le directeur est Coomaraswamy Moonosawmy.

Selon Reeaz Chuttoo, porte-parole du comité pour l?interdiction de l?amiante à Maurice, le sous-traitant recruté dans le cadre du projet de démolition doit offrir un certain nombre de gages aux employés et aux riverains afin qu?ils ne soient pas contaminés par l?amiante. « Le bâtiment concerné doit être contenu dans un filet, car il ne faut pas que l?amiante soit libérée dans l?environnement. Il faut que les employés mettent un vêtement de protection qui devra être jeté après chaque journée de travail. Il faudrait que l?opérateur installe une chambre d?aspiration pour que l?amiante qui aurait pu se poser sur les vêtements des employés puisse être aspirée. Même l?eau de la douche de ces employés doit passer par un filtre pour ensuite être disposée convenablement. Pour l?heure, aucune de ces structures n?a été mise en place à Maurice Curé », soutient Reeaz Chuttoo.

<B>« Les conditions de sécurité seront respectées »</B>

Cependant Coomaraswamy Moono-sawmy, le directeur de Square Deal, ne l?entend pas de cette oreille. « Nous travaillons en collaboration avec les ministères de la Santé et de l?Environnement. Nous respectons tous les guidelines que ce dernier nous a imposés. » Et d?assurer que « les douze employés qui travailleront vont faire une radiographie lundi, avant l?opération de démolition et après l?opération ».

Ce qui, selon Reeaz Chuttoo, n?est pas forcément une preuve de sécurité pour ces employés. « L?amiante est un produit dont les effets de contamination se font sentir sur le long terme, voire après une période de vingt ans », conteste Reeaz Chuttoo.

Cependant, le directeur de Square Deal se veut rassurant. « Les conditions de sécurité seront respectées. Nous allons porter des masques, des gants et la démolition sera faite à la main. Un téléporteur équipé d?une grue sera utilisé pour déplacer les pièces démolies. Elles seront ensuite mises dans des sacs en plastique à double fonds pour être ensuite enfouies à Mare-Chicose. »

Et comme pour prouver son engagement et son sérieux, le directeur de Square Deal affirme disposer de vingt ans d?expérience dans le domaine et être enregistré en tant que Grade B Contracteur auprès du ministère des Infrastructures publiques. Il assure agir en responsable.

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