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Gangrène politique

19 janvier 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

? Toutes les sociétés de droits d?auteur au monde sont complètement autonomes. Pourquoi la MASA serait-elle l?exception à la règle ? » déclare Gerard Louise, directeur de la Mauritius Society of Authors (MASA) et musicien de talent. En avril 1986 feu Sir Satcam Boolell évoquait, lors d?une session parlementaire, déjà l?idée d?une société de droits d?auteur sans ingérence politique. Une société autonome.

«Le conseil d?administration de la MASA doit être redéfini. Nous devons laisser le choix à la société d?élire son propre président et décider du nombre et de la composition de son comité», déclarait Sir Satcam Boolell.

22 ans après rien n?a changé et c?est toujours le ministre des Arts et de la Culture qui choisit le président, un «nominé politique» comme on l?appelle. Outre le président, huit autres personnes issues de différents ministères siègent au sein du comité de la MASA. Les artistes n?ont, eux, droit qu?à sept sièges. Les représentants des ministères sont en majorité. Cette situation n?est pas avantageuse pour les artistes.

Actuellement, Zul Ramiah, préside le conseil d?administration de la MASA. Toutes les décisions prises par le «board» sont transmises au directeur qui se charge de les appliquer. Ainsi, si le comité est lent à prendre des décisions, c?est toute la structure de la MASA qui est paralysée. Et selon plusieurs artistes, ce sont ces «nominés politiques» qui ralentissent, bien souvent les projets de la MASA.

<B>«Autonomie ne veut pas dire abandon»</B>

«Les artistes ne sont pas des imbéciles et nous pouvons gérer le board. Nous sommes des ambassadeurs de la culture mauricienne à l?étranger. Je ne comprends toujours pas pourquoi les personnes des ministères continuent à être majoritaires au sein du board. Ces derniers imposent souvent des veto bloquant ainsi plusieurs projets.

Il est temps que cela cesse et que les artistes prennent les choses en main. La MASA doit avoir son autonomie,» explique Bruno Raya d?OSB.

Même son de cloche du côté de Gerard Louis de Cassiya. «Il est vrai que la MASA a besoin d?être autonome. Mais autonomie ne veut pas dire abandon. Le gouvernement doit continuer à aider la société même si cette dernière obtient son autonomie,» confie le chanteur.

Cette ingérence politique au niveau du comité de la MASA n?est pas sans conséquence. En 2003, le professeur Michael Blakeney du Queen Mary Intellectual Property Research Institute de l?université de Londres avait été approché par la Commission européenne pour donner son expertise dans le domaine de la propriété intellectuelle à Maurice.

Ce rapport intitulé Mission To Republic of Mauritius to evaluate technical assistance in the field of intellectual property protection a été soumis à la Commission européenne et au ministère des Arts et de la Culture en 2003.

Dans son rapport le professeur Michael Blakeney estime que la composition du comité de la MASA, dominé par des «nominés politiques», compromet l?indépendance de cette organisation. Résultat : la MASA ne peut jouir des avantages qu?offre la Confédération internationale des sociétés d?auteurs et de compositeurs (CISAC). Ainsi, pour que la MASA puisse bénéficier de tous ces privilèges, le rapport recommande que cette dernière coupe les ponts avec les politiques.

Les artistes ont décidé d?agir et une conférence de presse serait prévue bientôt pour expliquer leur position. Ils espèrent pouvoir jouir d?une société de protection des droits d?auteur libre, autonome? comme le souhaitait feu Sir Satcam Boolell.

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