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Le diesel impropre à certains véhicules
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Le diesel impropre à certains véhicules
Pour les concessionnaires de voitures, l?heure d?améliorer la qualité du diesel importé est arrivée. C?est d?ailleurs une des priorités de la Motor Vehicle Dealers? Association (MVDA) pour 2008. Le taux de soufre contenu dans notre diesel les empêcherait d?importer un nombre grandissant de nouveaux modèles de voitures.
Certes, par rapport aux pays africains les moins développés, la qualité du diesel mauricien passe les tests, mais lorsqu?il s?agit de comparer avec les pays développés, il y a encore une bonne marge de progression à parcourir. Le diesel utilisé à Maurice n?est pas aux normes européennes.
«La qualité du carburant peut être meilleure. L?essence, ça va, mais le diesel ça ne va pas. Et s?il n?est pas assez propre, il risque d?endommager le moteur», a déclaré Dominic Dupont, président de la MVDA, à l?express récemment.
Pour les concessionnaires, le problème est simple. «Avant que le concessionnaire local n?introduise un nouveau modèle sur le marché, il doit avoir le feu vert du constructeur. Celui-ci nous demande toujours quelle est la qualité du carburant sur place et notamment le taux de soufre contenu dans le diesel lorsqu?il s?agit de véhicules carburant avec ce combustible. A partir de là, le constructeur juge si le modèle peut être vendu ici », explique un autre membre de la MVDA.
Il ajoute : « Avec les nouvelles technologies, les moteurs des modèles de dernière génération sont très sensibles. Si le diesel n?est pas assez pur, des problèmes mécaniques ou la diminution de la puissance du moteur peuvent en résulter.» Comme de plus en plus de modèles comportent une importante composante technologique au niveau moteur, cela pose davantage de problèmes aux concessionnaires et prive Maurice de certains modèles qui se vendent bien ailleurs.
Le taux de soufre contenu dans le diesel que nous importons en serait donc la cause directe. Alors que la norme européenne, depuis 2005, est de moins de 50 ppm (particules par million), le taux à Maurice est de 2 300 ppm (0,23 %), comme l?atteste le «quality certificate» de Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd pour la dernière cargaison. C?est auprès d?elle que la State Trading Corporation (STC) s?approvisionne.
Mangalore ne fait toutefois que livrer selon les spécifications demandées par la STC. « L?on ne peut pas vraiment dire que le diesel s?est dégradé ces dernières années. Mais avec des moteurs plus sensibles, ce qui était valable il y a quelques années l?est moins aujourd?hui et le sera encore plus dans l?avenir», confie-t-on dans le milieu des multinationales pétrolières opérant à Maurice.
Les moteurs les plus modernes et donc plus sensibles tolèrent un taux de 400 ppm dans le gasoil. Impossible donc de les importer, sous peine de rencontrer des problèmes graves après la mise sur route.
Questions environnementales
Dans le secteur automobile, la norme ppm est utilisée comme un indicateur du niveau de la qualité. Le taux de soufre contenu dans le diesel utilisé à Maurice est donc largement supérieur à la norme européenne, laquelle sera encore une fois revue à la baisse. Dès 2009, le taux européen sera cinq fois moins élevé que maintenant et les substances toxiques du diesel jugées cancérigènes devront aussi être réduites d?un tiers.
Dans les pays les plus avancés, le diesel devient en effet de plus en plus propre, notamment grâce aux nouvelles technologies qui permettent de filtrer ou de capturer les particules néfastes. Plusieurs pays font donc des efforts conséquents pour diminuer le taux de soufre dans le carburant qu?ils utilisent et cela également pour des questions environnementales.
C?est ce que fait la Nouvelle-Calédonie par exemple. A la fin de 2006, la teneur en soufre du gazole importé par ce territoire pouvait atteindre 5 000 ppm. En mai 2007, il était décidé que ce taux ne dépasserait pas la limite maximale de 350 ppm. Une nouvelle baisse est intervenue le mois suivant et la teneur en soufre est alors passée de 350 à 50 ppm.
Auprès des concessionnaires locaux, l?on souhaite que le gouvernement adopte des mesures allant dans ce sens au plus tôt. Il faut toutefois préciser que si le diesel utilisé sur nos routes est loin d?être aux normes des pays industrialisés, il respecte celles de la région.
Le problème majeur se situe toutefois au niveau des coûts. Pour importer du carburant plus pur, il faut débourser davantage, et cela risque de se répercuter sur le portefeuille des usagers de la route.
Si du diesel au taux de soufre peu élevé est bénéfique à l?environnement et aux moteurs nouvelle génération, il coûte en effet plus cher. Au gouvernement, l?on hésite donc à franchir ce pas.
Contrairement à la croyance populaire, il n?existe pas un gazole type utilisé dans le monde entier. En fait, il y a autant de types de carburants qu?il y a de raffineries, plusieurs centaines. Et chaque raffinerie produit plusieurs types de combustibles, allant du moins pur au plus pur.
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