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Arbitre : un métier à risques
«Maurice se retrouvera sans arbitre de première et deuxième divisions si rien n?est fait pour assurer la relève. Aujourd?hui, les arbitres doivent arbitrer au moins quatre matches par semaine. A ce rythme, ils ne pourront pas tenir longtemps.» Ce constat est fait par Hurry Dawoonarain, ex-arbitre de la FIFA.
La cinquantaine bien sonnée et habitant L?Avenir, il garde encore la forme. Il estime qu?aujourd?hui, le métier d?arbitre est devenu dangereux : «Le comportement des joueurs et la mentalité des spectateurs ont dangereusement changé. A n?importe quel moment, on risque de se faire agresser.»
L?affaire Amicale</B>
Hurry Dawoonarain accepte de revenir brièvement sur le match Fire-Scouts qu?il arbitrait en 1999 et qui était à l?origine de l?affaire Amicale, incendie dans lequel avaient péri six personnes. «J?avais refusé un but de la main du Scouts. Je maintiens encore cette décision. Mais j?ai beaucoup souffert après ce drame. Ma femme et mes trois enfants étaient aussi très affectés. Je m?inquiétais pour leur sécurité et je ne voulais pas qu?ils paient les pots cassés à cause de moi.»
Ancien joueur des Hindu Cadets, il a partagé des moments de gloire de cette équipe de 1977 à 1980. «J?évoluais comme demi-défensif ou arrière latéral. J?étais au sein de l?équipe lorsqu?elle avait remporté la Queen Elizabeth Cup et le championnat de première division en 1979.»
Comparant les matches de cette époque à ceux d?aujourd?hui, il note une nette dégradation du foot. «Le niveau de Maurice est le pire de l?Afrique. Des pays comme les Seychelles, ou ceux affectés par la famine font mieux que nous. A titre d?exemple, la sélection nationale a été battue par les Maldives et les Comores.»
De grands moments</B>
Hurry Dawoonarain estime que les joueurs souffrent de manque de formation et font preuve d?indiscipline sur le terrain. «Il faut s?attaquer au mal à partir de l?école de foot. Les jeunes footballeurs doivent être entre de bonnes mains. Les personnes à la tête de ces centres de formation doivent avant tout inspirer confiance aux parents.»
Il blâme également ceux à la tête de la Fédération de foot d?avoir laissé empirer la situation. «Ils empêchent aux autres de faire quelque chose pour le foot.»
Hurry Dawoonarain a raccroché comme footballeur en 1982 pour se joindre à la force policière. Actuellement sergent de police, il est affecté à la VIPSU («Very Important Personality Security Unit»).
Oubliant l?affaire Amicale, il a vécu de grands moments dans sa carrière d?arbitre. «Je suis devenu arbitre sur les conseils de mon ami Hervé Savrimootoo. J?ai exercé ce métier pendant 15 ans, soit jusqu?à l?âge limite de 45 ans. A l?époque, il fallait réussir à trois épreuves : les 200 mètres en 35 secondes, les 400 m en 55 secondes et les 2700 m en 12 minutes.»
Le renvoi à cinq reprises d?un match entre Cité-La-Cure et Puma faute d?arbitre lui a aussi poussé à choisir ce métier. Parmi les premiers matches arbitrés, il garde un très bon souvenir de la rencontre Scouts-Cadets qui s?est déroulée devant une immense foule. «Les joueurs étaient de vrais professionnels et le match était plus facile à arbitrer.»
Hurry Dawoonarain se souvient encore du match entre Hollando Pirates de l?Afrique et Saint-Dénis de La Réunion en marge de la Coupe d?Afrique. «Les joueurs m?ont remercié pour mon arbitrage.»
Aujourd?hui, Hurry Dawoonarain arbitre encore des matches régionaux et fait partie du Mauritius Referees Committee. Récemment, il a arbitré une vingtaine de matches du tournoi organisé par le Sunbeamers Club de L?Avenir.
Hurry Dawoonarain croit dans le potentiel des joueurs de la région. Il s?est donné pour objectif de redynamiser le régional de foot de Moka. «Actuellement, Moka est en baisse. L?Olympic de Moka, considéré comme la meilleure équipe de la région, est battu par 5 à 6-0.»
Ayant bénéficié d?une formation poussée, dont le Referees Instructors Course à Hararé au Zimbabwe et plusieurs cours de la FIFA, dont Futuro I et II, il donne souvent des conférences sur l?arbitrage.
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