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Denis Piat, pirates et corsaires droit devant

17 décembre 2007, 00:00

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Denis Piat, pirates et corsaires droit devant

«Mille milliards de mille sabords.» C?est sous le commandement de Denis Piat que nous découvrons Pirates & corsaires à l?île Maurice. Nouvelle publication éditée par Christian le Comte.

Cap sur les forbans qui écument les mers sous les couleurs du Jolly Roger, «terme utilisé pour désigner le fameux pavillon noir à tête de mort des pirates», de 1685 à 1730. Qu?ils s?appellent Henry Avery ou Olivier Le Vasseur dit La Buse, qu?ils aient été pendus haut et court ou connu une fin de paisible colon, Denis Piat nous livre avant tout un récit d?aventures fait de fabuleuses richesses, de morts violentes, de poudre à canon et d?eau salée.

On y rêve volontiers, à l?évocation des «rivières de diamant, cassettes de pierres précieuses, lingot d?or et d?argent, coffrets de perle, meubles bois précieux». On se prend à imaginer une chasse aux trésors.

Chasses aux trésors infructeuses

Denis Piat ne manque pas de citer les nombreuses fouilles infructueuses qui eurent lieu à Klondike en 1902 et 1912, à la pointe Vacoas en 1926, près de Poudre d?Or en 1927 ou encore à Bel -Ombre, La Cambuse Baie-du- Tombeau, Petite-Rivière ou Souillac. Avant de nous rappeler les noms des diverses épaves retrouvées dans nos eaux, dont la dernière en date ? retrouvée en 2004 ? pourrait être celle de Le Coureur.

Parcourir Pirates & corsaires à l?île Maurice c?est se frotter à la ruse humaine, sa férocité, sa cruauté. L?auteur restitue l?ordre social particulier des forbans, leurs codes, leur «système hiérarchique fondé sur certains principes de la démocratie». Où un quartier-maître est élu à la majorité des voix. Un système où chacun a son poste. Où «en l?absence du médecin, c?est le charpentier qui exécute l?acte chirurgical».

La piraterie, un art de vivre disparu

On y découvre aussi le quotidien de ces «frères de la côte» du nom de l?association des flibustiers des Antilles au 17e siècle. Leur vie gagnée ou perdue à coup de sabre.

L?ouvrage illustré avec à-propos par des gravures, des dessins et des tableaux indique notamment que «si le capitaine occupe à bord les appartements du commandant, utilise la porcelaine fine et l?argenterie pour ses repas, à tout moment, un membre de l?équipage peut faire irruption dans sa cabine pour converser». Denis Piat montre comment chaque membre d?équipage est tenu de signer un code de conduite.

Il n?oppose pas les bons corsaires aux méchants pirates mais les met en perspective, comme faisant partie de la société de l?époque. Ils symbolisent les risques financiers auxquels s?exposent les marchands et l?Etat, le péril de guerre, la terreur secrète de tout voyageur. Même les pèlerins en route pour La Mecque ne sont pas épargnés.

Ce sont des hommes vivant au jour le jour. Certains s?intégreront à une population locale sous un faux nom, vivant sous la menace d?être dénoncé. D?autres retourneront en Grande-Bretagne où ils seront arrêtés et pendus.

Tout aussi éloquente, l?histoire des pirates qui s?installent sur la côte nord-est de Madagascar en 1685. Ils prendront plusieurs épouses, «le nombre n?étant pas limité» et peupleront l?île au point où autour de 1720, ces métis «forment le deuxième groupe ethnique le plus important de la Grande Ile, les Zana Malata». Une de leur descendante sera la princesse Bety, reine du royaume de Betsimisaraka. Elle mourut à l?île de France en 1805.

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