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Jean Renat Anamah : «River walk»

17 décembre 2007, 00:00

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Chez lui, c?est un mot qui revient. «Questionnement ». Comme un mouvement appris, devenu automatique. Jean Renat Anamah en est là de son travail chorégraphique. A transposer des pourquoi sur scène.

Flow the river, sa nouvelle création n?échappe pas à la règle. Cette pièce de 36 minutes est à l?affiche le 21 décembre et le 22 décembre au théâtre de Port-Louis. Pourquoi les dégâts causés à la nature ? Pourquoi les avancées de la civilisation mettent de la distance entre homme et environnement ?

«Blood can only circulate because the river flows.» Extrait de Synchronity/destiny, ouvrage de Deepak Chopra. Lecture d?autant plus marquante pour le chorégraphe, que ce livre lui a été offert par Eva Line Koenig, danseuse américaine installée à Maurice, inscrite à son cours de danse il y a cinq ans. Récemment décédée.

«Cette phrase nous rappelle notre relation avec l?univers», explique Jean Renat Anamah. Clé de cette nouvelle pièce d?écriture chorégraphique : le triangle corps-espace-temps. Alors, sur la bande son composée d?extraits signés Massive Attack, Future Sound of London, ou encore d?electro pop anglaise façon Left Field ou Underground, la répétition se fera sans interruption. Nouveau triangle. En pointe, Jean Renat Anamah. Sur les ailes, Steeve Rambhajun et Natasha Petit.

Flow the river, c?est aussi les sueurs qui mouillent les maillots couleur d?acier, perlent sur le front et le crâne rasé de Steeve Rambhujoo. Au fil des enchaînements, c?est la fluidité qui est explorée.

Et puis survient le silence. Au milieu coule la rivière. On n?entend plus que le flot intérieur. Doublé du souffle des danseurs. Le flot d?énergie dépensé dans ce studio de danse à la rue Dupont à Beau-Bassin, où Jean Renat Anamah a ses quartiers.

Le flot de la création. Où le chorégraphe privilégie les figures triangulaires, les mouvements alternés. Où les corps en mouvement dansent finalement assez peu ensemble. Où les regards se croisent rarement. Parce que les danseurs sont le plus souvent l?un à côté de l?autre.

Une création qui braque tous ses projecteurs sur des séquences individuelles. Les corps sont alors comme saisis de crises nerveuses, quasi épileptiques. Nourries par une foule de contingences, d?exigences, voire de démences. C?est aussi cela le flot. Quand le ruisseau devient tourbillon, la rivière cascade. Les mains frappent le sol à se faire mal. Les corps se secouent comme pour vomir ou accoucher. Sans que jamais ne cessent de battre les coeurs.

*Représentations le svendredi 21 et samedi 22 décembre à 20 heures.

Prix des places Rs 250, disponible au studio.

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