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Gouvernement parallèle

17 décembre 2007, 00:00

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Un changement de système semble s?amorcer. Le mode d'organisation et de fonctionnement du pouvoir politique évolue significativement ces jours-ci, même s?il n?y a eu aucune révision constitutionnelle pour donner une caution légale à ce début de transformation. C?est dans la pratique que cette évolution s?observe. Il y a une évolution vers un renforcement du pouvoir du Premier ministre. Progressivement, les fonctions des ministres se rétrécissent. Ceux-ci se cantonnent de plus en plus à appliquer des politiques déjà élaborées par le vrai centre du pouvoir.

Le leader de l?opposition a dit, vendredi, sur un ton de plaisanterie au ministre des Finances et à son collègue de l?Agro-industrie qu?ils étaient des «redundant ministers». Malgré la moquerie du ton, cette remarque n?est pas aussi légère qu?elle n?en a l?air. Les deux ministres concernés siègent au cabinet mais leur opinion a compté pour du beurre sur des questions qui relèvent pourtant de leur compétence. Le Premier ministre a pris le contre-pied de ces deux ministres à plusieurs occasions.

Le dernier pied de nez fait par le chef du gouvernement à son ministre de l?Agro-industrie a trait au dossier sucre. Ce ministre avait défendu la MAAS avec enthousiasme à la fois devant les bailleurs de fonds étrangers et au niveau local. En septembre 2006, par exemple, lors de la réunion annuelle du Syndicat des sucres, le ministre exhortait les partenaires de l?industrie sucrière à «work in favour of the timely execution of the components of the MAAS» tout en ajoutant que «through the MAAS, Mauritius aims at promoting a fast-track modernization and diversification framework». Puis, sous les injonctions de Navin Ramgoolam, il a été forcé de se dédire. Aujourd?hui, il fait l?éloge d?un nouvel accord négocié avec les sucriers sans lui. Visiblement, les ministres n'oeuvrent plus au centre du pouvoir.

De son côté, Rama Sithanen est extrêmement déçu du peu de considération qui est accordée à sa fonction. Il exprime son exaspération dans l?interview qui est publiée plus loin dans cette page. «Certaines personnes ont pris la liberté de choisir les nouveaux membres et m?ont demandé de les approuver», dit-il en parlant de la recomposition du conseil d?administration de la SIL. Ces personnes «ne font pas partie du gouvernement. Mais elles prétendent exercer beaucoup d?influence?» s?insurge-t-il.

Du reste, ce n?est pas la seule fois où Rama Sithanen s?est retrouvé le dos au mur. A chaque fois qu?en politicien consciencieux, il a exigé des sacrifices équitablement répartis pour sortir le pays de l?ornière, il a eu à céder devant des forces qui constituent un pouvoir occulte, un super-gouvernement.

Il y a un individu qui incarne, plus que d?autres, la coterie qui dit détenir son pouvoir directement du Premier ministre. Il impose sa loi, terrorise les fonctionnaires et prend des décisions en bousculant la hiérarchie politique. Ce magouilleur hors pair symbolise parfaitement la faiblesse des gouvernements parallèles.

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