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Répression au Myanmar : une association fait état d?au moins 70 morts

15 décembre 2007, 00:00

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Le bilan des décès dus à la répression du mouvement démocratique de septembre par la junte militaire birmane est bien plus élevé que l?estimation fournie par l?ONU et de nombreuses personnes sont toujours portées disparues, ont affirmé vendredi des militants d?une association bouddhiste à leur retour du Myanmar.

Une délégation de quatre personnes, qui se sont fait passer pour des touristes, s?est rendue au Myanmar pour rendre compte de la situation dans l?ex-Birmanie après la violente répression du mouvement de contestation.

Les quatre délégués ont pu s?entretenir avec des militants birmans qui ont fait état d?au moins 70 morts, un chiffre bien plus élevé que le bilan établi par l?ONU à 31 morts. «Le régime a beaucoup de difficultés à présenter la situation comme de nouveau normale, et elle est tout sauf normale, car il y a tellement de pression et de mesures sécuritaires», a déclaré à Reuters l?Australienne Jill Jameson, membre de l?association Buddhist Peace Partnership (Association buddhiste de la paix).

La répression des manifestations pacifiques, les plus importantes depuis 1988, a provoqué un tollé international et donné lieu à des appels à un durcissement des sanctions contre le régime birman.

Le rapporteur de l?Onu, Paulo Sergio Pinheiro, a déclaré cette semaine qu?au moins 31 personnes avaient été tuées lors de la répression. Les médias officiels parlent de 10 morts. Jameson s?est rendue au Myanmar avec deux Thaïlandais et un prêtre américain. Ils ont pu parler à des militants des droits de l?homme, des moines, des organisations humanitaires et des travailleurs sociaux à Rangoun et à la frontière entre la Thaïlande et l?ex-Birmanie.

«On nous a dit que les crématoriums fonctionnaient aux premières heures de la journée entre une heures et quatre heure du matin», dit Jameson.

Cela confirme les informations rapportées par Pinheiro qui a dit que des corps, apparemment ceux de moines, avaient été brûlés dans des conditions suspectes dans un crématorium de Rangoun, dans le but de cacher la vérité sur le nombre de personnes tuées.

«Un moine professeur d?anglais dans une école monastique et un orphelinat (...) nous a dit qu?il n?y avait plus aujourd?hui que 15 moines, 35 novices, 12 professeurs et 80 élèves en pension», a indiqué Jameson. «Avant septembre, il y avait 200 moines et novices dont on n?a plus entendu parler.»

Avant les manifestations et la répression qui a suivi, le Myanmar comptait environ 500 000 moines et novices. Beaucoup ont disparu, selon des associations de défense des droits de l?homme.

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