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Le cas de Tisha, orpheline à neuf mois, référé à la justice

3 décembre 2007, 00:00

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En l?espace de deux mois, la petite Tisha Krishnee Lalloo, neuf mois, est devenue orpheline. Sa mère, Sida Lutchmee, a été étranglée à la résidence de ses parents à Vacoas le 22 septembre. Son père, Subas Chandra Lalloo, connu comme Prakash, soupçonné du meurtre, a été arrêté par la police. Il a été retrouvé mort le 22 novembre, pendu à l?aide d?un horni.

Un suicide commis, selon toute vraisemblance, pour «prouver son innocence». Il explique, dans une note dans un journal intime, qu?il a été battu par des policiers pour faire des aveux. Il aurait ainsi déclaré avoir tué sa femme qui voulait se rendre en France en dépit de ses objections.

Dix jours avant sa mort, la belle-mère de Prakash Lalloo (la grand-mère maternelle de la petite Tisha), Dharmawtee Patchaye, née Dewkarrun, avait entré une action contre le défunt pour avoir la garde de l?enfant. Elle avait juré un affidavit le 12 novembre. L?affaire a été appelée vendredi en Cour suprême devant le senior puisne judge, Keshoe Parsad Matadeen. La grand-mère maternelle a, sur conseil de Mes Kishore Pertab, avocat, et Ammanah Ragavoodoo, avouée, retiré sa demande vu que l?action était dirigée contre Prakash Lalloo, décédé aujourd?hui.

Un nouvel affidavit a été juré le même jour pour que la sexagénaire soit la tutrice légale de l?enfant. Le décès du défendeur n?implique, en effet, pas que l?enfant aille automatiquement à la grand-mère maternelle. Il faut convaincre le juge eu égard à certains critères. Ce dernier peut s?en remettre au ministère public pour le conforter dans sa décision. La nouvelle demande sera bientôt présentée devant un juge en chambre.

Violent et agressif

Dans son affidavit, Dharmawtee Patchaye relate que de son mariage avec Coopoosamy Patchaye sont nés trois enfants, dont Sida Lutchmee. Celle-ci avait épousé civilement Prakash Lalloo le 5 juillet 2006. De ce mariage est née la petite Tisha, le 9 février 2007. Sa fille, dit-elle, a étudié jusqu?en Form V et travaillait comme secrétaire. Après le mariage, le couple est allé vivre sous le toit de la mère de Prakash, à Mon-Désir.

Toutefois, dira Dharmawtee, son gendre s?est avéré violent et agressif. Si bien qu?il frappait régulièrement sa défunte fille et abusait d?elle dans des endroits publics, allègue la grand-mère. Cette dernière ajoute que Prakash était un flambeur et réclamait le salaire de son épouse pour s?adonner aux jeux. Sida Lutchmee, poursuit-elle, fut ainsi contrainte de prendre des emprunts de son employeur. La jeune femme, poursuit la demanderesse, était régulièrement battue et aurait même dû être hospitalisée à Candos. Cela alors qu?elle était enceinte.

La grand-mère dira donc avoir insisté pour que Sida Lutchmee vienne chez elle. Mais de peur d?être frappée, celle-ci aurait accepté de retourner sous le toit conjugal. Toutefois, dès son arrivée à la maison, son mari l?aurait enfermée et battue si violemment qu?elle se serait mise à vomir avant de perdre connaissance. «Il m?a dit de reprendre ma fille et de l?enterrer? Il menaçait souvent de la tuer.»

Sida Lutchmee est à nouveau conduite à l?hôpital. Elle y est admise durant cinq jours. Son mari ne lui aurait pas rendu visite. «Alors que j?étais en France, le défendeur (NdlR : Prakash Lalloo) s?est querellé avec ma fille et cela devant le bébé. Il était agressif et les voisins pouvaient entendre des cris et des pleurs mais craignaient d?intervenir. Quelques instants après, des voisins l?ont vu quitter la maison. Ma nièce et son époux sont entrés dans la maison et ont été choqués de voir ma fille allongée sur le sol. Ils ont immédiatement appelé la police et se sont chargés de l?enfant. Le rapport d?autopsie a révélé qu?elle a été étranglée jusqu?à ce que mort s?ensuive», relate la sexagénaire dans son affidavit. Elle explique avoir subséquemment pris l?avion pour retourner à Maurice.

Prakash Lalloo a, lui, été arrêté et libéré sous caution. Depuis, dira Dharmawtee Patchaye, elle faisait de son mieux pour protéger l?enfant et la garder loin des dérives de son père. Elle précise avoir les moyens d?élever l?enfant et de s?occuper de son éducation. Elle demande ainsi à la Cour suprême un ordre de «déchéance de l?autorité parentale» et de lui accorder la garde de l?enfant.

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