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Les voitures neuves ont la cote
près quelques années de morosité, ça redémarre pour les concessionnaires de voitures neuves. De janvier à fin octobre, le marché automobile a enregistré une croissance de 10 %. Du jamais vu depuis des années, affirme-t-on à la Motor Vehicle Dealers Association (MVDA).
Dominic Dupont, président de cette association, confie : «Pour trouver une année similaire à celle-ci, en termes de croissance, il faut remonter à l?an 2000. Pour 2007, nous espérons finir l?année avec 6 600 véhicules vendus.» Un paradoxe semble s?installer : alors que le pouvoir d?achat s?effrite, les véhicules se vendent mieux.
Est-ce le résultat de la baisse des taxes, de 185 % à 100 % pour les grosses cylindrées en 2006 ? Un peu sans doute, mais pas totalement. En fait, la vente de toutes les catégories de voitures se porte bien. Petites cylindrées et grosses berlines trouvent preneurs.
Il est une catégorie qui tient la vedette, notent les concessionnaires. Les voitures tout terrain de loisirs et autres breaks surélevés, appelés SUV (Sport Utility Vehicles), du type Toyota Rav 4, Nissan Mirano, BMW X3? «Nous assistons à une progression spectaculaire de plus de 80 % pour ce type de véhicules. Les SUV sont à la mode à travers le monde et Maurice suit le pas. Le précédent gouvernement avait augmenté la taxe en 2003 sur les SUV et quand la taxe a été restructurée l?année dernière, les gens ont recommencé à les acheter», explique Mrinal Teelock, sales manager pour Jaguar et Land Rover chez Axess.
La catégorie qui se porte le mieux dans le marché est toutefois celle des voitures compactes, de 1 300 cc à 1 600 cc (Toyota Corolla, Mitsubishi Lancer, Honda Civic?). «C?est le segment dominant», confirme Dominic Dupont. Au niveau des voitures de luxe, coûtant plus de Rs 2 millions, c?est également le boom. «Pour les dix premiers mois de 2007, il y en a eu entre 275 et 300 qui ont été vendues de plus que l?année dernière. C?est-à-dire une hausse de 50 %», précise le président de la MVDA.
Boom des voitures de luxe
Chez Leal & Co, représentant de BMW et Renault, si l?on se montre assez content des réalisations pour l?année en cours, ce n?est pas l?optimisme débordant qui règne. «Nous sommes satisfaits par rapport à BMW. C?est une bonne année pour cette marque. Cela dit, nous ne sommes pas super satisfaits par rapport aux chiffres parce que nous avons quand même apporté beaucoup de nouveaux produits», affirme Virginie Quevauvilliers, sales manager. Jusqu?en septembre, 165 BMW sont sorties du show-room, contre 161 pour la période correspondante en 2006. «Beaucoup de véhicules sont destinés aux hôtels», précise-t-elle.
Alors que certains affirment que les projets Integrated Resorts Schemes (IRS) amèneront un boom au niveau des voitures de luxe, les concessionnaires sont loin d?être aussi catégoriques. «Nous en sommes encore aux premiers balbutiements. Cela va dépendre du type d?occupation des résidents. Si les gens ne restent que quelques semaines par an, il est peu probable qu?ils opteront pour des voitures de luxe», se dit Virginie Quevauvilliers.
Son confrère chez Axess abonde dans le même sens. «C?est une fausse perception que de dire que les IRS seront bénéfiques pour le secteur des voitures de luxe. Allez faire un tour dans les IRS déjà opérationnels et vous verrez surtout des voitures reconditionnées», soutient Mrinal Teelock.
Restructuration du régime fiscal
Côté marques, les Asiatiques ont le vent en poupe. Dans le classement des ventes, la première européenne arrive en effet à la 6e place (Renault). Et pour la 12e année consécutive, Nissan tient le haut du pavé. «Nous sommes heureux d?être le n° 1 dans le c?ur des Mauriciens», commente Michel Ng, sales manager chez ABC Motors, représentant de Nissan. Si Nissan March et Nissan Tiida se vendent bien, les véhicules les plus prisés sont surtout les pick-up. «Il faut faire le parallèle avec le boom dans le secteur de la construction», précise Michel Ng.
L?heure n?est cependant pas à la croissance pour tout le monde. Certaines marques européennes ou américaines sont en perte de vitesse. La dépréciation de la roupie par rapport à l?euro est mise en cause. Cette situation rend ces véhicules plus chers pour l?acheteur mauricien, exception faite pour les voitures de plus de 1 600 cc, qui bénéficient de la restructuration du régime fiscal de mi-2006. Cette restructuration a permis une montée en gamme des voitures vendues.
«Il y a certainement un mouvement vers le haut parce que les prix de ces voitures baissent, mais ce mouvement est raisonnable. Nous restons un des pays où les taux sont les plus forts au monde», déplore Dominic Dupont.
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